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temple de Raon-l'Etape

Dossier IA88031857 réalisé en 2018

Fiche

Genre de protestants
Parties constituantes non étudiées presbytère, foyer, jardin
Dénominations temple
Adresse Commune : Raon-l'Étape
Lieu-dit : Adresse : 23 avenue du Général de Gaulle

La présence protestante est attestée à Raon-l’Etape au 17e siècle (3 familles) puis au 19e siècle. Après 1871 et l’annexion de l’Alsace et de la Moselle, des optants principalement de la Confession d’Augsbourg vinrent s’établir et demandèrent dès 1871 l’autorisation d’utiliser une salle de la mairie pour tenir des assemblées. En 1884, la Société centrale d’Evangélisation du Nord créa un poste pastoral qui fut pourvu par Genthon (ou Genton), pasteur réformé de nationalité suisse. Dès lors la paroisse fut rattaché à celle de Saint-Dié et quoique de culte réformé, elle conserva certains usages luthériens. En 1888, le conseil presbytéral de Saint-Dié acquiert un terrain propriété de la ville de Raon-l’Etape et lança une collecte auprès un notairede Saint-Dié.La communauté fit appel en 1888 à Félix Paumier. Les devis et plans du temple de Raon furent rendus en mai 1888. Les travaux furent exécutés par l’entrepreneur Heili la même année et s’élevèrent à 15 590 francs.La peinture fut confiée à J. Schnell et la menuiserie à Jean Redelberg,tous deux de Raon-l’Etape. Dans la maçonnerie auraient été repris les moellons issus de la démolition de la maison Prud’homme, ancien oratoire de la communauté juive de la ville (trad. orale). L’inauguration eut lieu le 7 avril 1889. La réalisation était conforme aux projets à l’exception des remplages des baies simplifiés et des fonts baptismaux qui ne furent jamais posés.

En 1901 ; grâce aux collectes faites dans les Vosges, en France (Paris, Lyon) et en Alsace (Rothau, Wasselonne, Strasbourg) et aux dons du Gustav Adolf Werk, le presbytère fut construit à gauche à côté du temple. Il fut orné d’une inscription latine aujourd’hui disparue : Soli Deo gloria (Gloire à Dieu seul).

En 1952, 1958, puis en 1964-1966, des travaux de restauration du temple et du presbytère sont conduits avec une aide financière du Gustav-Adolf- Werk puis de la paroisse de Güttingen (Sarre) qui offrit l’aide de son architecte, l’orgue et les bancs. Une salle paroissiale dite « foyer paroissial » est construite derrière le chevet. L’aménagement du chœur est alors profondément modifié : la chaire centrale est supprimée, l’organisation spatiale se fait autour de la table de communion à droite de laquelle est dressée une petite chaire et à gauche de laquelle est installé l’orgue selon une disposition qui correspond à la réforme liturgique ouverte dans les églises protestantes depuis les années 1950 et déjà manifestée localement par la réorganisation intérieure du temple de Saint-Dié (1956) ou d’Epinal (1958).

Après 2000, le presbytère est vendu. Lors de l'enquête, la communauté protestante s’étend de Senones à Raon-L’Etape et à Baccarat (Meurthe-et-Moselle) et comprend une centaine de familles.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle , daté par source
Secondaire : 1er quart 20e siècle , daté par source
Secondaire : 3e quart 20e siècle , daté par source
Secondaire : 3e quart 20e siècle , daté par source
Dates 1888, daté par source
1901, daté par source
1958, daté par source
1973, daté par source
Auteur(s) Auteur : Paumier Félix,
Félix Paumier (1884 - )

Cet architecte parisien dont les agences sont sises dans le 17e arrondissement (34, av. de Villiers) et à Passy (4, rue de la Pompe) est peu connu sinon par la construction d’autres temples, tous postérieurs à celui de Raon-l’Etape : La Bourboule en 1895 (Puy-de-Dôme), Les Batignolles en 1895-1898 à Paris puis Dijon en 1896 (Côte d’Or). Le modèle servit à l’architecte de Mirecourt, Clasquin, pour édifier la chapelle anglicane de Contrexéville.


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architecte, attribution par source
Auteur : Heili,
Heili

entrepreneur dans la seconde moitié du XIXe siècle à Raon-l'Etape


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entrepreneur de maçonnerie, attribution par source
Auteur : Redelberg Jean,
Jean Redelberg

Menuisier actif à Raon-l'Etape dans la seconde moitié du XIXe siècle.


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menuisier, attribution par source
Auteur : Schnell J,
J Schnell

Peintre en bâtiment actif à Raon-l'Etape dans la seconde moitié du XIXe siècle et au début du XXe siècle


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peintre, attribution par source

Situé à l’entrée ouest de la ville, entre l’avenue du Général de Gaulle et l’impasse du temple (ancien chemin des frênes), l’ensemble comprend le temple, une cour à l’arrière occupée depuis 1973 par le foyer paroissial et une maison à fonction de presbytère le long de l’avenue. Presbytère et temple sont précédés d’un jardinet séparé de la rue par une grille de fer.

Le temple de plan rectangulaire à chevet plat est couvert d’un toit à longs pans et pignon découvert. Il est construit en moellon de grès enduit sur un soubassement de granite local en opus incertum. Les encadrements des baies, les chaînes d’angle harpées et les rampants sont en grès rose d’extraction locale. Un petit porche hors-œuvre à la façade amortie par un pignon offre une façade en pierre de taille (grès rose) orné d’un tympan en tiers-point. Pour tout décor : une croix grecque est sculptée sur le linteau et une croix latine amortit le pignon. La façade du temple est dépourvue d’ornement à l’exception d’une baie trilobée éclairant les combles (pas accessible lors de l’enquête) et d’une arcade supportant la cloche, elle aussi amortie d’une croix latine. La charpente à fermes de sapin est couverte d’ardoise (à l’origine ardoise du Moulin Sainte-Anne de Fumay, Ardennes)

Le volume intérieur est un rectangle éclairé par trois baies en lancette percées dans chacun des murs gouttereaux. Dépourvues de vitraux, leur fenestrage évoque sobrement l’art gothique par le dessin des remplages métallique. La nef est pourvue de lambris d’appui et d’un plafond lambrissé reposant sur des consoles moulurées. Une porte percée au fond du chœur permet l’accès au foyer de plan rectangulaire servant d’oratoire durant la saison froide.

Murs grès pierre de taille
grès moellon enduit
granite pierre de taille
Toit ardoise
Plans plan allongé
Étages 1 vaisseau
Couvrements lambris de couvrement
Couvertures toit à longs pans
Techniques sculpture
Représentations croix latine, sujet chrétien croix grecque, sujet chrétien

Ce temple est le premier d'une série due à l'architecte Félix Paumier : La Bourboule en 1895 (Puy-de-Dôme), Les Batignolles en 1895-1898 à Paris, puis Dijon en 1896 (Côte d’Or). Le modèle servit à l’architecte de Mirecourt, Clasquin, pour édifier la chapelle anglicane de Contrexéville.

C’est aussi un des derniers temples à se référer à un style néo-gothique simplifié qui eut son heure de gloire dans l’architecture protestante des pays francophones de 1840 aux années 1890.

Statut de la propriété propriété d'une association cultuelle

Annexes

  • Historique

    La présence protestante est attestée à Raon-l’Etape au 17e siècle (3 familles) puis au 19e siècle. Après 1871 et l’annexion de l’Alsace et de la Moselle, des optants principalement de la Confession d’Augsbourgvinrent s’établir et demandèrent dès 1871 l’autorisation d’utiliser une salle de la mairie pour tenir des assemblées (cf. arch. paroissiales). En 1873, ils obtinrent par arrêté préfectoral (29 octobre, cf. ADV 7 V 15) l’autorisation de se servir de deux salles de classe pour la célébration de cultes assurés par les pasteurs de Rothau ou de Fouday (Bas-Rhin) puis par celui de Saint-Dié. En 1884, la Société centrale d’Evangélisation du Nord créa à l’instigation du pasteur Diertelen de Saint-Dié un poste pastoral qui fut pourvu par Genthon (ou Genton), pasteur réformé de nationalité suisse. Un culte bi-hebdomadaire est alors célébré (ADV 7 V3). Dès lors la paroisse fut rattaché à celle de Saint-Dié et quoique de culte réformé, elle conserva certains usages luthériens. A partir de 1887, un pasteur auxiliaire de Saint-Dié est en résidence à Raon-l’Etape (ADV 7 V4). En 1888, le conseil presbytéral de Saint-Dié acquiert un terrain propriété de la ville de Raon-l’Etape et lança une collecte auprès un notaire de Saint-Dié.

    La communauté fit appel en 1888 à Félix Paumier (Paris, 1854 - ?). Les devis et plans du temple de Raon furent rendus en mai 1888. Le projet est sobrement néo-gothique alors que les réalisations plus tardives du même architecte sont plutôt néo-romans.Selon une habitude bien établie, l’organisation intérieure était axiale, avec deux rangées de 12 bancs (en sapin ciré) face à une estrade regroupant la table de communion, les fonts baptismaux et la chaire en position axiale rappelant la primauté de la parole. L’ameublement –à l’exception des bancs – ne faisait pas partie du lot de l’architecte Paumier.

    Les travaux furent exécutés par l’entrepreneur Heili la même année et s’élevèrent à 15 590 francs. La peinture fut confiée à J. Schnell et la menuiserie à Jean Redelberg, tous deux de Raon-l’Etape. Dans la maçonnerie auraient été repris les moellons issus de la démolition de la maison Prud’homme, ancien oratoire de la communauté juive de la ville (trad. orale). L’inauguration eut lieu le 7 avril 1889 en présence des pasteurs de Saint-Dié, Rothau, Epinal, Raon et du rabbin. La réalisation était conforme aux projets à l’exception des remplages des baies simplifiés et des fonts baptismaux qui ne furent jamais posés.

    En 1901 ; grâce aux collectes faites dans les Vosges, en France (Paris, Lyon) et en Alsace (Rothau, Wasselonne, Strasbourg) et aux dons du Gustav Adolf Werk, le presbytère fut construit à gauche à côté du temple. Il fut orné d’une inscription latine aujourd’hui disparue : Soli Deo gloria (Gloire à Dieu seul). La même année, le chœur du temple est repeint par J. Schnell, ces travaux donnèrent lieu à un contentieux. Une cloche fut livrée par Jules Robert fondeur à Nancy (12, rue Pichon) en 1903. A cette époque, la paroisse comptait 63 membres (cf. AD 88 7 V3 statistique de 1902) et l’autorisation d’exercer le culte dans le nouvel édifice en fut accordé qu’en 1903 (cf AD 88 7 15). Les frais inhérents à la construction ont mis la paroisse en difficulté d’autant plus que la Société centrale d’Evangélisation du Nord n’était plus en situation d’intervenir et les paroisses de Nancy, Epinal, Saint-Dié, Thaon et Remiremont apportèrent leur aide un certain temps (cf.arch. Paroissiale de Thaon-les-Vosges).

    A partir de 1906,outre Senones, le pasteur dessert aussi le canton de Baccarat (Meurthe-et-Moselle). La même année, la propriété du temple qui jusque là était à l’association cultuelle de Saint-Dié, passa à celle de Raon-l’Etape. Durant la première guerre mondiale, le temple fut provisoirement occupé par les troupes allemandes.

    A la fin de la première guerre mondiale le temple fut occupé d’abord par l’armée allemande (du 26 août au 6 septembre) puis française (du 12 au 24 septembre). L’entreprise J. Schnell effectua de nouveaux travaux de peinture (dont des faux marbres)

    En 1952, 1958, puis en 1964-1966, des travaux de restauration du temple et du presbytère sont conduits avec une aide financière du Gustav-Adolf- Werk puis de la paroisse de Güttingen (Sarre) qui offrit l’aide de son architecte, l’orgue et les bancs. Une salle paroissiale dite « foyer paroissial » est construite derrière le chevet. L’aménagement du chœur est alors profondément modifié : la chaire centrale est supprimée, l’organisation spatiale se fait autour de la table de communion à droite de laquelle est dressée une petite chaire et à gauche de laquelle est installé l’orgue selon une disposition qui correspond à la réforme liturgique ouverte dans les églises protestantes depuis les années 1950 et déjà manifestée localement par la réorganisation intérieure du temple de Saint-Dié (1956) ou d’Epinal (1958).

    Après 2000, le presbytère est vendu et le temple de Raon est restauré en même temps qu celui de Senones. La salle paroissiale est sécurisée par la pose de grille suite à un cambriolage qui a causé la disparition de certains objets cultuels. Lors de l'enquête, la communauté protestante s’étendait de Senones à Raon-L’Etape et à Baccarat (Meurthe-et-Moselle) et comprenait une centaine de familles.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales des Vosges, Épinal : 7 V 3
  • Archives départementales des Vosges, Épinal : 7 V 4
  • Archives départementales des Vosges, Épinal : 7 V 15
  • Archives départementales des Vosges, Épinal : 7 V 15
  • archives de la communauté protestante de Raon-l'Etape
Bibliographie
  • Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • CHIPON Léone,Communautés juive et protestante de Senones, 1996, dactylographié

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Construire et aménager un temple en Lorraine aux XIXe et XXe siècle. Actes du colloque « les Protestantismes en Lorraine (XVIe-XXIe siècle). Nancy, 2-4 novembre 2015. Lille, ed. Septentrion, 2018, 718 p.

    p. 451-478 Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • L’architecture protestante dans le pays de Saint-Dié. In : Journées d'études vosgiennes (23-25 octobre 2015 ; Saint-Dié). 2016, 231-240

    p. 231-240 Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
(c) Région Lorraine - Inventaire général - Bouvet Mireille-Bénédicte
Mireille-Bénédicte Bouvet

Conservateur régional à l'Inventaire général Lorraine depuis 1995, Grand Est depuis 2018


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