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temple de protestants de Lunéville

Dossier IA00121594 réalisé en 1992

Fiche

Œuvres contenues

  • Le mobilier du temple de Lunéville
Genre de protestants
Parties constituantes non étudiées presbytère
Dénominations temple
Adresse Commune : Lunéville
Adresse : rue Charles Vue , rue du Chauffour
Cadastre : 1988 AH 7

La population protestante de Lunéville comptait 63 habitants en 1819. A partir de 1831, elle réclama par l'intermédiaire du pasteur de Nancy un lieu de culte et demanda à ce que la chapelle du château lui soit attribuée. Mais elle ne put obtenir que l'usage d'une salle dans la Justice de paix puis après 1847 d'une pièce spécifique au collège. En 1868, la communauté s'adressa à Henri Melin (1798-1875) le plan d'un temple qui fut achevé à la veille de la guerre de 1870. L'arrivée des optants d'Alsace-Moselle contraignit à la construction de tribunes destinées à accuillir les fidèles dont le nombre s'était accru. En 1896, un presbytère fut construit à proximité. Pour réparer les dégâts causés par une bombe durant la première guerre mondiale, des travaux s'echelonnèrent de 1920 à 1923 et des vitraux furent posés par l'atelier William Geisler de Nancy. Après 1955, plusieurs projets de réorganisation intérieure furent proposés par Henri Macoin (1928-2003) et conduisirent à réorganiser l'intérieur et à supprimer en 1978 la chaire pastorale en position centrale, le poële. De nouveaux vitraux furent alors posés par l'atelier Benoit entre 1961 et 1970 pour le centenaire de la création du temple. Des travaux de restauration ont été réalisés en 2004.

L'étude faite en 1992 a été complétée en 2015 avec un dépouillement systématique des archives et la découverte des dessins d'Henri Macoin.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle , daté par source, daté par travaux historiques
Secondaire : 1er quart 20e siècle , daté par source
Secondaire : 4e quart 20e siècle , daté par source
Dates 1869, daté par source
1922, daté par source
1978, daté par source
Auteur(s) Auteur : Melin Henri, architecte, attribution par source
Auteur : Geisler William,
William Geisler

peintre-verrier,

installé à Nancy (13, rue Fabert) il réalisait (selon une publicité), des vitraux en plomb classique, des vitraux d'art moderne "pour double effet apparent et transparent" et des mosaïques de verre pour décorations murales. Il reçut la médaille de vermeil lors de l'exposition d'Epinal en 1924.


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peintre-verrier, attribution par source
Auteur : Macoin Henri,
Henri Macoin (1928 - 2003)

Professeur d’art décoratif à l’Ecole des Beaux-Arts de Nancy, inspecteur général des Ecoles d’art. Membre de l’Eglise réformée de France, il fut aussi un membre actif de la Commission diocésaine d’art sacré. Membre de l’Académie Stanislas,membre fondateur de l’association des Amis du château de Lunéville.

Source : Eloge funèbre d’Henri Macoin par le professeur Henri Claude le 4 avril 2003 dans Mémoire de l’Académie Stanislas,2002-2003, 8e série, t. XVII, 2005, p19-0


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dessinateur, attribution par source, attribution par tradition orale

Situé dans le quartier de l'extension de la ville au 19e siècle, à proximité de la gare, le temple s'élève dans un quartier en plein essor depuis l'arrivée du train en 1852. Il occupe le centre d'une place triangulaire (place du Chauffour). L'édifice est construit en moellon de calcaire enduit avec chaîne d'angle en pierre de taille (les encadrements des baies jumelles sont en grès rose) et couvert d'un toit à longs pans en tuile mécanique. Une croupe ronde couvre l'abside. Le décor est absent à l'exception d'une croix. Le volume intérieur est composé d'un vaisseau unique couvert d'une fausse voûte sauf le choeur, surélevé par un léger emmarchement, couvert en cul de four. Le sol est dallé mais pourvu d'un plancher sous les bancs. La lumière du jour pénètre par des baies percées dans les murs gouttereaux (2 de chaque côté) et la rosace. Une tribune de menuiserie, portée par quatre colonnes de fonte et des consoles fait le tour de la nef et forme une avancée au dessus de la porte sans doute pour accueillir un choeur de chanteur ou un harmonium.

Murs calcaire
enduit
moellon
Toit tuile mécanique
Plans plan allongé
Étages 1 vaisseau
Couvrements fausse voûte en cul-de-four
Couvertures toit à longs pans
croupe ronde
Typologies abside semi-circulaire
Techniques vitrail
Représentations ornement géométrique
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Chronologie

    1819 : 63 protestants à Lunéville (7 V 5)

    1831 9 nov : Le ministère de l’Instruction publique et des cultes informe le préfet de la demande du pasteur de Nancy de son souhait de voir « affecté à l’usage des protestants de Lunéville une chapelle du château de Hohenlohe qui appartient au génie militaire mais dont il ne fait aucun usage actuellement. Le pasteur fait remarquer que l’on ne demanderait qu’une concession provisoire et à la charge de remettre cette chapelle à la disposition du département de la guerre dès qu’elle lui deviendrait nécessaire » La population protestante est estimée alors entre 90 et 120 personnes.

    1832 mars : Le ministre de la guerre refuse d’accorder la chapelle du château de Hohenlohe pour les protestants de Lunéville

    1832 3 mai : Le ministre de l‘instruction publique et des cultes signale au préfet que la chapelle serait une cause de risque d’intrusion dans la caserne et que c’était déjà le cas lorsque M. de Hohenlohe y était « malgré la surveillance exercée les jours où le public avait l’usage de la chapelle on s’empressa d’en détruire la cause à sa mort en prévenant la demande du culte catholique qui manifestait le désir de former de cette chapelle une annexe à l’église paroissiale en l’affectant spécialement au service de la garnison pour y célébrer la messe militaire »

    1833 main anonyme mais fonctionnaire de la préfecture dans une marge : « je pense que les considérations qui ont motivé le rejet de Me le ministre de guerre n’existent pas ou du moins lui ont été fort exagéré »

    1833 7 mai : Le préfet écrit au ministère de l’intérieur et des cultes : « j’ajouterais avec M. Schmidt [pasteur à Nancy] que la chapelle dont il s’agit étant considéré commune un monument d’art très (rajouté) remarquable il serait fâcheux qu’on lui donna une destination qui l’exposerait à quelques dégradations. J’estime donc de nouveau que l’on pourrait concéder aux protestants de Lunéville pour l’exercice de leur culte la chapelle du château de cette ville aux conditions suivantes :

    - que cette chapelle sera rendue au Ministère de la Guerre à la première réquisition

    - qu’il sera dressé un inventaire de ce lieu dans lequel elle sera remise aux protestants qui devront la restituer telles qu’ils la recevront

    - qu’ils n’en pourront la fréquenter qu’en faisant usage de la porte donnant sur la rue

    - que s’il y a possibilité d’isoler la chapelle du reste du bâtiment au moyen d’une claire voie cette séparation sera établie aux frais des protestant qui en conserveront la propriété

    1833 octobre : le ministre de la guerre fait savoir que ce n’est pas possible … parce qu’elle sert de magasin aux farines nécessaires aux troupes et qu’il y a impossibilité de se procurer un local plus convenable) cet effet

    1839 : le pasteur de Nancy demande que la chapelle du château de Lunéville (déjà demandée en 1831 sous le nom de chapelle du château de Hohenlohe) puisse servir au culte protestant, refus du ministre (la position de la chapelle dans une des ailes du château ainsi que ses communications tant avec l’intérieur des bâtiments qu’avec la cour des cazernes qui s‘y trouvent contigues ne permettent pas de l’affecter même temporairement à un service étranger au département de la guerre attendu que la fréquentation publique de cette chapelle en donnant à la fois accès dans l’une et l’autre partie de l’établissement serait une source d’inconvénient pour l’ordre intérieur et la police de la garnison … /…l’accès à la chapelle pourrait avoir lieu par une entrée qui donne directement sur la rue sans qu’il fut nécessaire de traverser les cours et les bâtiments du château » (argument rejeté)

    [projet de travaux pour isoler la chapelle : impossible techniquement … examiner à nouveau si positivement il ne serait pas possible de consentir à la cession demandée sans inconvénient majeur moyennant certains conditions, en établissant une barrière dans le corridor dont l’entrée donne sur la rue pour séparer la chapelle des autres locaux occupée pour le casernement … [impossible] parce que cette chapelle contient des galeries et des tribunes au-dessus de l’enceinte ordinaire et que lors même qu’on parviendrait à séparer entièrement l’enceinte de toute communication avec le logement de troupe, il resterait encore la galerie et la tribune auxquelles on arrive par des passages communs aux autres parties servant au cazernement et dont l’isolement ne pourrait se faire par conséquent de manière bien complète. … par ailleurs la chapelle du château de Lunéville sert depuis le mois de mai 1832 à l’usage de magasin du dépôt des farines d’approvisionnement

    1847 : une salle exclusivement réservé au culte protestant dans les anciens bâtiments du collège (en remplacement d’une pièce vétuste située dans l’ancien prétoire de justice de paix

    Travaux fait : 100 francs communauté ; 500 francs aide du ministère

    1850 : Lunéville (maison de prière dans un bâtiment communal (25 J 16)

    1851 : Lunéville et Foug : 400 protestant, 3 baptêmes, 12 catéchumènes et 3 décès (25 J 16)

    1856 : Toul et Lunéville : établissement d’une bibliothèque religieuse. Les objets appartenant à l’église sont déposés chez l’un des deux diacres, Il serait à désirer à Toul comme à Lunéville, ils puissent être enfermés dans une caisse

    1856 : 1 baptême, 6 catéchumènes, 4 décès (25 J 16)

    1869 17 avril : le ministère de la justice et des cultes attribue un secours de 5 000 francs et « vous voudrez bien en remettant à l’architecte les plans et devis du projet lui faire remarquer que la saillie formée par la partie centrale de la façade est une complication qui n’a pas d’utilité et qui donnerait lieu à une dépense dont il sera à propos de faire l’économie » (arch. dépar et arch. Paroissiales)

    1870 9 juin : Inauguration (sermon AD 54 25J 10) : Que cette chaire soir consacrée à la prédication de la bonne nouvelle, qu’il n’en descendre jamais que des paroles de paix et de charité et foi et d’édification

    1873 : création d’une place de pasteur à Lunéville « en vue de satisfaire aux besoins religieux des nombreuses familles protestantes d’Alsace et de Lorraine qui sont venues demander à Lunéville un refuge et un asile » (7 V 5)

    La cérémonie commence par l’harmonium. Discours « le temple où nous sommes avait remplacé, grâce à la munificence de la ville, du gouvernement et des fidèles, la salle que l’administration municipale nous avait généreusement octroyée. …/…. Cet état de chose [l’absence de pasteur titulaire] aurait pu durer longtemps encore si les malheurs de la Patrie n’avaient amené dans cette ville un grand nombre d’exilés volontaires de l’Alsace et de la Lorraine. Il fallait bien offrir à ces pauvres frères une faible compensation à tout ce qu’ils avaient perdu. Il fallait au moins leur donner un conducteur spirituel … » (AD 54 25 J 10)

    1889 : Le pasteur de Lunéville dessert aussi Igney-Avricourt

    1915, 1918-1919 : réparation au presbytère touché par le bombardement (arch. Parois)

    1920 sept : déblaiement des ruines de la couverture bombardée, premières réparations, pose de tuiles mécaniques sur la nef et d’ardoise (d’Angers) sur le chœur par Ferdinand Vernier fils de Lunéville

    1920 octobre : les réparations des dégâts causés par la guerre sont estimés à 5600 fr pour les vitraux (devis maison Gruber), 500 fr pour les réparations de la base des murs, 3 900 pour a 1ère intervention sur la toiture (facture Vernier), 700 fr pour la porte d’entrée et 1150 pour les plâtres et peinture, le tout pour un total de 11 850 fr (arch. Parois)

    1922 août-sept : démontage et remontage du mobilier, travaux en charpente (arch. Paroissiales)

    1922 août-sept : travaux de peinture (blanc, brun, terre de Sienne) par l’entreprise Paul Keller de Lunéville

    1922 août : réparation de plâtrerie du plafond par l’entreprise Aimé Caussain (arch. Paroissiales)

    1922 septembre : fourniture et pose de vitraux grisaille (par l’entreprise William Geissler de Nancy (2 panneaux neufs, 3 en partie remontés) arch. Paroissiales

    1922 septembre : réparation de la charpente par l’entreprise Ferdinand Vernier fils de Lunéville

    1922 déc.: fabrication et pose de la plaque en mémoire des morts de la grande Guerre par la marbrerie E. Wucher de Lunéville (arch. Paroissiales)

    1923 : travaux de scellement des barres des vitraux fait par l’entreprise Victor Louis de Lunéville (arch. Paroissiales)

    1924 : projet de chauffage à air pulsé par la Cie des forges d’Audincourt et dépendances (Doubs) (arch. Paroissiales)

    s.d [1958 et sq] : ensemble de projets aquarellés non datés d’Henri Macoin portant sur les vitraux, le réaménagement du chœur et la peinture de l’intérieur)

    [1970] : projet de vitrail de la rosace pour le centenaire du temple par Henri Macoin

    1978 nov. : dessin par Henri Macoin du projet de transformation de la chaire, 2 calques et 1 papier, dessins à la mine de plomb (arch. Paroissiales)

    s. d [1978 ?] : étude pour le lutrin, 4 modèles dont un régionaliste avec piétement en bois tourné (modèle réalisé), mine de plomb attribuable à Henri Macoin

Références documentaires

Documents d'archives
  • archives de la communauté protestante de Lunéville
  • Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy : 7 V 5
  • Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy
Bibliographie
  • Construire et aménager un temple en Lorraine aux XIXe et XXe siècle. Actes du colloque « les Protestantismes en Lorraine (XVIe-XXIe siècle). Nancy, 2-4 novembre 2015. Lille, ed. Septentrion, 2018, 718 p.

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
(c) Région Lorraine - Inventaire général - Tronquart Martine
Martine Tronquart

Chercheur au Service Régional de l'Inventaire du Patrimoine Culturel, site de Nancy.


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- Bouvet Mireille-Bénédicte
Mireille-Bénédicte Bouvet

Conservateur régional à l'Inventaire général Lorraine depuis 1995, Grand Est depuis 2018


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