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Temple de calvinistes n°2 de Verdun

Dossier IA55030197 réalisé en 2018

Fiche

Genre de calvinistes
Précision dénomination 2e temple
Parties constituantes non étudiées presbytère, jardin
Dénominations temple
Adresse Commune : Verdun
Lieu-dit : Adresse : 19 rue Victor Schleiter

Avant 1888,est prise la décision de construire un nouvel édifice confié à l’architecte verdunois Paul-Nicolas Chenevier (auteur également de la chapelle de l’institution Saint-Joseph, du Théâtre en 1883 et des bâtiments du collège Buvignier à Verdun). En novembre 1888, furent ajoutés quelques éléments sont ajoutés à la commande « simples et caractéristique du culte réformé : croix de pierre en haut de l’édifice, une Bible ouverte au-dessus de la porte d’entrée et comme inscription au-dessus ce verset « Jésus-Christ, le chemin, la vérité, la vie ». L'inauguration eut lieu le 27 juin 1889. Il avait été envisagé en mai 1889 d’acquérir une cloche fondue par Paintandre (Vitry-le-François-Marne) pour une église de Saint-Mihiel mais le projet fut ajourné. Le nouvel édifice fut auguré le 27 juin 1889 en présence des pasteurs de Sedan, Châlons-en-Champagne, et Charleville-Mézières (AD 55 146 J 23). L’ensemble des travaux avait coûté 16 000 francs dont 6 000 furent payés grâce à la subvention de la ville de Verdun (AD 55 146 J 23). Un vitrail provenant de l’ancien oratoire est réintégré au-dessus de la tribune.Le 21 février 1916, l’édifice souffrit des bombardements qui touchèrent les portes, les verrières et la bible posée sur la table de sainte Cène. Le temple est restauré en 1920, des lambris de demi-revêtement en sapin furent posés en 1921 (AD 55 146 J 23). Une nouvelle verrière représentant une Croix à motif de pierre précieuse, un fleuron et des motifs eucharistiques (blé, raisin) fut posée par Graff maitre verrier en 1921. La communauté s'amenuisant, la paroisse est fusionnée avec celle de Nancy pour former la paroisse du plateau lorrain. Le temple est vendu en 2012 à un particulier qui le revent assez rapidement. Depuis 2016, il a été transformé en gîte. La chaire est déplacée au temple Saint-Jean à Nancy et les bancs vendus à la paroisse catholique voisine du temple.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle , daté par source
Secondaire : 1er quart 20e siècle , daté par source
Dates 1888, daté par source
1920, daté par source
Auteur(s) Auteur : Chenevier Paul-Nicolas
Paul-Nicolas Chenevier (1848 - 1923)

Architecte actif dans le département de la Meuse, notamment à Verdun (kiosque de la promenade de la digue en 1882, théâtre en 1883, 2e temple en 1888, institution Saint-Joseph en 1888, collège Buvignier en 1888, Caisse d'Epargne en 1890, banque de France en 1905), à Montmédy (sous-préfecture) et à Commercy (Caisse d'Epargne en 1902-1903). il oeuvre aussi pour des propriétaires privés : Il dessine les plans du château de la Lance à Ancemont (Meuse) (1879) et ceux de l’hôtel du Coq Hardi (1903) à Verdun.


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Auteur : Berthemy Alfred-Louis,
Alfred-Louis Berthemy (1884 - 1959)

Louis Berthemy est formé à l'école spéciale d'architecture où il obtient son diplôme en 1908. Il est mobilisé dès le début de la Première Guerre mondiale . En juin 1919, il entre dans le cabinet de l'architecte départemental Paul Martin à Verdun (74 puis 62 rue Saint-Sauveur). A partir de 1921, il n'est plus associé à P. Martin et s'installe 13 rue de la digue. Il se présente aux élections sur la liste de Victor Schleiter dont il devient l'adjoint à la mairie de Verdun. Il est décoré de la Légion d'honneur le 23 juillet 1932. Auteur de nombreuses reconstructions à Verdun (rue Mazel, rue Saint-Pierre ...), il dirige les travaux de ceux de Vilosne, participe à la construction du Monument de la Victoire et réalise la chapelle Saint-Nicolas de Fleury-devant-Douaumont en 1934.

sources : LURCON Pauline, les églises d ela Première reconstruction dans le département de la Meuse, 2013-2014, p. 32


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architecte
Auteur : Valade L. et Meyer,
Valade L. et Meyer

société d'entrepreneurs de maçonnerie actif à Verdun après Première Guerre mondiale


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entrepreneur, signature

Le temple est un édifice intégré dans l’alignement avec une façade ne dépassant guère le faîtage des maisons voisines. Le pignon s’ouvrant sur la rue est amorti par une croix latine. La façade est percée en creux d’une vaste baie en plein cintre dans laquelle s’intègre une rosace polylobée au-dessus du portail supporté par deux colonnes. Le décor ornemental s’inspire librement de l’architecture romane avec des motifs de denticules et de bandes lombardes. La composition de la façade reprend avec plus de vigueur le schéma de celle de Toul (1865). Outre le décor religieux (croix et Bible), la façade est ornée d'un motif en losange dans l'appareillage de la pierre de taille. Les colonnes du portail sont amorties par des chapiteaux composites.

Le volume intérieur est largement éclairé par une verrière zénithal supportée la charpente en bois portée par des colonnes engagées à mi-hauteur des murs de la nef. Ce dispositif d’éclairage permettant d’avoir la lumière du jour alors que l’édifice est complètement enclavé, est proche de celui retenu aussi pour la synagogue de Verdun (1873 et 1875, par l'architecte Henri Mazilier) et la chapelle de l’institution Saint-Joseph édifiée en 1888 par le même architecte Chenevier. Le choeur est séparé de la nef par un emmarchement de deux degrés en pierre. La chaire axiale et la table de Sainte-Cène reprennent un vocabulaire néo-roman proche de celui de l’architecture. le sol est couvert d'un parquet à point de Hongrie sauf au niveau du tambour en bois où le granito, plus résistant, accueille les fidèles. Une tribune ajoutée après 1888 était accessible par un escalier en vis en métal. Elle a été démontée dès la vente du temple.

Le presbytère situé à gauche est une demeure également construite en pierre de taille sur deux niveaux d'élévation au-dessus d'une cave voûtée en berceau prenant jour sur la rue. La façade est ordonnancée autour d'un axe de symétrie marqué par la porte en plein cintre (décor de cercles concentriques) et le balcon du premier étage. Le fronton de la lucarne est marquée d'une croix grecque rappelant la fonction ecclésiale de l'édifice. Le débord de la toiture à long pans brisés est simulé par la présence de corbeaux sous la corniche moulurée. A l'intérieur, le rez-de-chaussée abritait des salles à usage paroissiale desservies par un couloir dont le sol en granité est orné d'une croix. A l'étage, desservi par un escalier supendu à jour, en charpente, se situait l'appartement du pasteur. A droite du temple, un garage était surmonté du logement du gardien. En fonds de parcelle : un cabane de jardin en pans de bois et brique.

Murs calcaire pierre de taille
brique pan de bois
Toit tuile mécanique, ardoise
Plans plan allongé
Étages 1 vaisseau
Couvrements charpente en bois apparente
Couvertures verrière toit à longs pans
toit à longs pans brisés
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier en vis, en charpente métallique
escalier de distribution : escalier tournant à retours avec jour, suspendu, en charpente
Techniques sculpture
Représentations livre cercle ordre composite losange laurier
Précision représentations

Une représentation de la Bible marquée de l’alpha et de l’oméga amortit le fronton du portail. La représentation du Livre est un motif qui connait un succès certain dans l’architecture protestante du 19e siècle : parfois mis en scène pour souligner son importance. À Étaules(Charente-Maritime, 1859-1864) et à Marennes (Charente-Maritime, 1836), elle figure au milieu d’un décor de draperie. Le motif du livre sur un fond de soleil rayonnant connaît un vrai succès en Poitou-Charentes entre 1820 et 1875, ainsi à Saint-Martin-de-Ré (Charente-Maritime, 1836) ou à Gémozac (Charente-Maritime,1841). On le rencontre également plus au sud à Lunel (Hérault, 1857), Bourran (Lot-et-Garonne,1889) et plus tard dans le Nord (Calais, 1934). La nuée peut remplacer les rayons comme à Castelmoronsur- Lot (Lot-et-Garonne, 1855), où une croix latine complète l’ensemble. Dans l’Est de la France la Bible est fréquente : à Chalons-en-Champagne (51), à Mézières (08, 2 fois sur la façade), à Epernay (51), à Verdun (55), à Reims (51,temple détruit en 1914). Il s’agit généralement de bâtiment de la seconde moitié du XIXe siècle. A Verdun, une branche de laurier est posée sur les pages de la Bible.

La référence romane est fréquente dans l’architecture protestante de la seconde moitié du 19e siècle. On citera : Saint-Dié (1854-1856, Charles Bruyant), Toul (1865, Micaut), Lunéville (1868, Henri Mélin), Epinal (1872-1873), Châlons-en-Champagne (1880-1881, Louis Gillet), Raon-l’Etape (1888-1889 qui fait partie d’un ensemble dû à l’architecte parisien Félix Paumier auteur des temples de La Bourboule en 1895, Dijon en1896 et Les Batignolles en 1895-1898 à Paris), Contrexéville (1893, Clasquin)…

Statut de la propriété propriété d'une personne privée
(c) Région Lorraine - Inventaire général - Bouvet Mireille-Bénédicte
Mireille-Bénédicte Bouvet

Conservateur régional à l'Inventaire général Lorraine depuis 1995, Grand Est depuis 2018


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