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synagogue de Verdun

Dossier IA55000462 réalisé en 2000

Fiche

  • Ensemble face.
    Ensemble face.
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • bains rituels
    • maison

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

PIONNIER (Edmond).- Verdun à la veille de la guerre..., 1917, p. 7

Tout auprès du collège, à l’extrémité de l’impasse des Jacobins, s’élève la synagogue, de style byzantin, construite aux frais de la communauté israélite de Verdun par M. Mazilier, architecte, sur l’emplacement de la synagogue primitive aménagée en 1805 dans les restes de l’ancien couvent des Jacobins. A l’intérieur, un rez-de-chaussée spécialement réservés aux hommes et des galeries hautes pour les dames. La décoration est extrêmement sobre, mais cette sobriété ne nuit nullement à la beauté de ce monument de tous points remarquable, et parfaitement approprié aux besoins du culte.

Archives départementales de la Meuse : 2 O 1271(Devis descriptif)

Le présent projet a pour objet la construction du Temple israëlite (sic) de Verdun, entièrement brûlé lors du bombardement des 13, 14 et 15 octobre 1870. De l’ancien temple, il ne reste que des murs calcinés et menaçant chute. Seuls les murs mitoyens qui séparaient ce temple des propriétés voisines peuvent subsister moyennant le remplacement de certaines portions trop gravement atteintes par l’action du feu. Les logements du rabbin et du ministre officiant ainsi que les dépendances ont été entièrement détruits. Le projet consiste à rétablir le Temple israëlite sur le même emplacement que l’ancien et dans les conditions suivantes.

Ainsi que l’indique le plan d’ensemble, cet emplacement est situé à l’extrémité d’une impasse et aboutit au rampart (sic). La construction serait élevée du côté de l’impasse. En regard de l’impasse et lui faisant fond se trouverait le temple proprement dit vers la droite et en regard du retour de la maison appartenant à M. E. Lippmann serait la maison d’habitation du rabbin et du ministre officiant. L’accès à l’édifice aura lieu par les portes d’une grille élevée en avant à la limite du terrain appartenant à la communauté et limitant le premier parvis. Au milieu de cette grille s’élèvera un candélabre qui en éclairera les abords.

La façade du temple sera concave dans le style arabe. Elle présentera au milieu un portique faisant avant-corps à trois pans percés d’arcades en fer à cheval portées sur des colonnes de fonte et surmontée d’une corniche à coupoles pendantes lesquelles se superposant au centre élèveront et supporteront les tables de la loi. Les parties latérales seront percées chacune d’une sorte d’entrée au rez-de-chaussée et d’une fenêtre au 1er étage. Les murs présenteront dans leur construction l’alternance d’assises de briques et de pierre et seront surmontées d’une frise à incrustation de briques et d’une corniche portant des merlons. A la droite et en retraite (sic) de cette façade, se trouvera la face de l’habitation dont l’aspect rappellera celui des constructions mauresques.

On pénétrera dans le second parvis du temple par les trois arcades de l’avant-corps central après avoir gravé trois marches, on y trouvera une vasque pour les ablutions et une aumônière. Au fond se présentera la porte d’entrée du temple proprement dit. La salle sera occupée par des bancs pouvant contenir 96 places réservées aux hommes. Une allée centrale et des allées latérales permettent d’accéder facilement à chacune de ces places. Le Lieu saint ou Héchal sera surélevé de 3 marches et comprendra de chaque côté les bancs des membres de commission et ceux des étrangers, au milieu la table de l’officiant, au fond à droite la place du rabbin. Il sera entouré d’une paroi basse vers la gauche de laquelle se trouvera la chaire du prédicateur. Un escalier de 3 marches conduira au Saint des Saints ou Débir, placé au milieu du mur du fond et établi dans un édicule demi-octogonal voûté et éclairé par des lumières astrales. Le rideau qui fermera l’entrée du Débir se glissera et disparaîtra dans une rainure pratiquée au mur

A l’extrémité des allées latérales se trouveront deux portes faisant communiquer avec deux battements d’aile en saillie contenant au rez-de-chaussée le vestiaire à gauche un dégagement sur le jardin et à droite des cabinets d’aisance.

Revenant à la façade et pénétrant par la porte de gauche, on trouve à droite un escalier tournant conduisant aux galeries destinées aux places des femmes. Ces galeries portées sur des colonnes en fonte contiendront soixante et une place auxquelles des passages donneront accès ; dans l’avant corps central se trouvera un emplacement destiné à des orgues.

Enfin à l’extrémité des passages et dans les bâtiments d’aile on arrivera à gauche à la chambre des ornements et à droite à des cabinets d’aisance. Comme il était impossible de prendre jour dans les murs latéraux et que la salle eut été trop insuffisamment éclairée par des ouvertures pratiquées aux extrémités, on a été conduit à adopter le mode d’éclairage par le haut. Cette disposition qu’indique la coupe en travers se compose ainsi que suit : un second ordre de colonnes surmonte celui qui porte les galeries et supporte les fermes de la charpente taillées en arcs surbaissés et aussi la couverture au-dessus des galeries. La partie centrale est surmontée d’un plafond à trois pans, celui du milieu à compartiments et ceux inclinés, en grande partie garnis de panneaux vitrés qui assureront un large éclairage à l’intérieur. Enfin au fond de la salle et au-dessus du sanctuaire, sera percée une vaste fenêtre à meneau et garnie de verrières.

L’entrée au fond de la salle sera celle du logement d’un gardien qui disposera de la chambre du rez-de-chaussée, d’une soupente au-dessus et d’un cellier. Cette disposition permettra d’utiliser en partie les anciennes fondations et aussi les deux caves voûtées existant entre celles-ci.

Les nécessités de la distribution ont obligé à placer le mur de refend qui séparera le Temple de l’habitation sur une voûte de cave. Il eut été regrettable de détruire cette cave encore en bonne état. Afin d’éviter cette fâcheuse alternative, on procédera comme suit : la voûte sera percée en plusieurs endroits, des piles seront élevées au travers de ces ouvertures et des arcs bandés entre ces piles supporteront le refend en laissant cette cave disponible. La seconde cave placée à gauche sera destinée à recevoir plus tard un calorifère, aussi la construction est-elle disposée de manière à prévoir l’établissement de celui-ci quand les ressources le permettront. A cet effet, des ouvertures dans la voûte ainsi que des canaux sous le dallage aboutissant à des bouches de chaleur seront des maintenant établis. Les bouches de chaleur seront disposés uniformément dans les passages et le lieu saint et l’une d’elle sera placée dans le Saint des Saints afin de l’assainir.

La description des dépendances du temple se termine enfin par un purificatoire placé dans une des chambre en sous-sol du bâtiment d’aile de gauche. On y accède par une porte donnant sur le jardin et on y trouve la piscine chauffée par un appareil spécial dont le tuyau de fumée passant dans un coffre pratiqué dans la muraille chauffera et assainira le vestiaire et la chambre des ornements.

Quant à l’habitation, on y arrive par une porte latérale entre la grille du temple et l’angle de la maison voisine et après avoir traversé la cour d’entrée, on arrive à un corridor qui aboutissant à la façade opposée permet d’arriver dans deux pièces avec alcôve et cabinets. Au milieu de ce corridor débouchent les escaliers de cave et des étages, ce dernier se développant dans une cour couverte et éclairée par le haut. L’emplacement disponible pour le logement ne permettant pas de placer la cuisine dans le corps principal du bâtiment, on a été conduit à la disposer dans une construction annexe appuyée à l’angle S.O de la cour d’entrée. Une galerie permettra de communiquer à couvert de la cuisine au logement. Sur la face opposée, une autre galerie abritera le passage qui du logement conduira aux cabinets des lieux d’aisance. un puits existant dans la cave sera surmonté d’une pompe placée dans l’angle N.E. de la cour d’entrée et qui assurera le service de l’eau pour l’habitation et le purificatoire. Le premier étage de la maison destinée à l’habitation du rabbin est aménagée de manière différente de celle du rez-de-chaussée et comprend salle à manger, chambre à coucher, chambre de réception avec alcôve et cabinets. Le service de la cuisine est semblable à celui de l’étage inférieur et l’accès aux cabinets d’aisance a lieu par la galerie du côté du jardin. Au-dessus se trouveront des greniers prenant jour dans la cour ouverte donnant sur la flamande de l’escalier.

Appellations style orientalisant
Parties constituantes non étudiées bains rituels, maison
Dénominations synagogue
Aire d'étude et canton Région Grand Est - Verdun-Centre
Adresse Commune : Verdun
Adresse : 1 impasse des Jacobins
Cadastre : 2012 AM 85

Une première synagogue fut construite à Verdun en 1805, avant les décrets de 1808 instaurant un régime officiel du culte juif. Elle utilisa les ruines du couvent des Jacobins (étudié, cf. IA55000463) et fut détruite par les bombardements de 1870. On en connaît l'élévation par les minutes du plan en relief (1849). Les percements comblés mais lisibles sur le mur nord en sont peut-être les dernières traces. Elle fut reconstruite en 1873-1875, avec l'aide de la commune, selon les plans de l'architecte verdunois H. Mazilier, en se référant à un "style hispano-mauresque" caractérisé par la polychromie des matériaux et l'usage des arcs outrepassés. Elle fait partie d'un ensemble d'édifices de style orientalisant bien présent dans l'est de la France (entre 1862 et 1885) où les communautés juives affirmaient leur judaïsme d'origine orientale. Les fondations et les murs des deux édifices antérieurs furent utilisés contraignant l'architecte à utiliser une parcelle mal commode et tout en longueur pour le logis du ministre-officiant, à prévoir un éclairage zénithal pour la synagogue et à faire une reprise en sous-oeuvre complexe pour donner une bonne assise à l'ensemble. Le sous-sol, en partie constitué par les anciennes caves des Jacobins et de la synagogue précédente, furent conçu pour abriter des bains rituels et un chauffage dont les conduites dans le sol et les murs sont encore visibles. L'édifice a subi quelques dommages durant la seconde guerre mondiale. Les travaux de restauration ont été financés par les dommages de guerre et par des dons des soldats américains. Vers 1980, la ville a acquis le logis du ministre-officiant. La synagogue est ISMH depuis 1984 et a été restaurée en 1995. En 1993, une opération d'archéologie du bâti a permis de rendre lisible sur le mur sud du logis, les traces du mur sud de l'église conventuelle. Désaffecté, ce logis était menacé de destruction au moment de l'enquête.

Période(s) Principale : 1er quart 19e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Secondaire : 3e quart 20e siècle
Dates 1805, daté par travaux historiques, daté par source
1870, daté par travaux historiques, daté par source
1872, daté par travaux historiques, daté par source
Auteur(s) Auteur : Mazilier Henri,
Henri Mazilier

architecte actif à Verdun milieu XIXe siècle.


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architecte, attribution par travaux historiques, attribution par source

La synagogue est un édifice basilical à deux niveaux, de plan rectangulaire, précédé par un avant-corps (à trois pans et couvert d'une terrasse) qui abrite un porche rythmé par des percements outrepassés et prolongé par une abside (à cinq pans et couverte d'une croupe polygonale) qui renferme la niche de la Torah. Elle est construite en pierre de taille (façades) et moellon de calcaire et en brique à assises alternées et couverte d'un toit à longs pans, en verre, laissent passer la lumière. Les vaisseaux sont séparées par des colonnes de fonte qui supportent les tribunes des femmes accessibles par des escaliers tournants en charpente. Dans la cave, sont encore visibles les restes des bains rituels alimentés par un puits. Le logis comporte deux appartements, l'un pour le ministre-officiant au rez-de-chaussée, l'autre pour le rabbin à l'étage, accessible par un escalier éclairé par un jour zénithal. Les pièces sont distribuées par un couloir latéral.

Murs calcaire
enduit
moellon
pierre de taille
brique et pierre à assises alternées
Toit tuile mécanique, verre en couverture
Étages 3 vaisseaux, sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, comble à surcroît, étage en surcroît
Couvrements voûte en berceau
charpente en bois apparente
Élévations extérieures élévation à travées, élévation ordonnancée
Couvertures verrière
terrasse
croupe polygonale
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant, en charpente
États conservations restauré, menacé, désaffecté
Techniques sculpture
vitrail
fonderie
menuiserie
Représentations étoile de David tables de la Loi chevron denticule ornement végétal entrelacs laurier lierre pomme de pin
Précision représentations

La façade ouest, dont le pignon était amorti par les tables de la Loi (auj. déposées), porte une frise à décor géométrique qui souligne la corniche ponctuée de merlons à ressauts. Un motif feuillagé et des inscriptions en hébreu sont situés sur les chapiteaux des colonnes du porche. Une acrotère amortit le pignon de la façade ouest. A l'intérieur, les colonnes de fonte du rez-de-chaussée portent des chapiteaux à décor de feuillage (laurier, lierre) ; le garde-corps de la tribune des femmes est orné de pommes de pin. Les vitraux, en verre coloré (jaune, vert, violet, bleu, rouge) et peint ont un décor de fleurs et d'étoiles de David.

<import cindoc>TstfMer</import cindoc><lot>0201-2</lot><publication MCC></publication MCC><publication OpenData></publication OpenData>

Statut de la propriété propriété d'une association cultuelle
propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections classé MH, 2002/10/07
Précisions sur la protection

La synagogue située 1, impasse des Jacobins, en totalité, y compris le parvis, les deux escaliers extérieurs et les grilles (cad. AM 85) ; les façades et les toitures de l'ancienne maison du rabbin adjacente située 13, rue des Frères-Boulhaut, y compris les vestiges de l'ancien couvent des Dominicains (cad. AM 86) : classement par arrêté du 7 octobre 2002

(c) Région Lorraine - Inventaire général - Bouvet Mireille-Bénédicte
Mireille-Bénédicte Bouvet

Conservateur régional à l'Inventaire général Lorraine depuis 1995, Grand Est depuis 2018


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- Guillaume Jacques
Jacques Guillaume

Ingénieur CNRS, chercheur à l'Inventaire Lorraine jusqu'en 2004.


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