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Synagogue de Pont-à-Mousson

Dossier IA54003056 réalisé en 2008

Fiche

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Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Dénominations synagogue
Aire d'étude et canton Région Grand Est
Adresse Commune : Pont-à-Mousson
Adresse : , 44 rue Charles Lepois
Cadastre : 2012 AS 552 et 553

Des juifs s'installent à Pont-à-Mousson dès l'Emancipation (1791), la communauté se développant rapidement dans la première moitié du 19e siècle (134 personnes en 1808, 307 en 1838...) avant de décroître dans la seconde (202 en 1893-1894). Un premier lieu de culte est inauguré en 1795 dans une maison particulière de la rue de la Visitation. Utilisé par la communauté pendant 36 ans, cet oratoire est vendu en 1831 et transformé en pensionnat de jeunes-filles.

Dès 1830, une nouvelle synagogue est édifiée à l'arrière d'une maison de la rue des Boulevards (actuelle rue Lepois), mise à la disposition des fidèles par 6 membres de la communauté, puis le seul M Lajeunesse. Après un grave conflit avec ce dernier et une menace de fermeture de la synagogue en 1844, la communauté acquiert finalement la synagogue et ses dépendances en 1855 pour 8 000 f (des plans de l'édifice dressés par l'architecte Nicolas le 20 juillet 1855 témoignent de ses dispositions à cette date). Menaçant ruine, la synagogue fait l'objet de travaux de restauration en 1892-1894, sur les plans de l'architecte de la ville Callay (au total 5 600 f, intervention du sculpteur Lhiver). Si la tribune est agrandie sur les côtés de l'édifice, une photographie prise après les bombardements de 1915 montre qu'en dépit de l'importance relative de la communauté (200 personnes à cette date), ces travaux furent minimalistes, la tribune de lecture (almemor) restant dans la nef, à distance de l'arche sainte, disposition globalement abandonnée après 1840 (dernier exemple de synagogue sur ce plan à Phalsbourg en 1857). Typologiquement, cette synagogue est également la dernière en Lorraine (en dehors de celle d'Ennery, 1819, beaucoup plus modeste) a témoigner de cette phase dans l'histoire de l'architecture synagogale (1780-1840) où, par discrétion, les édifices sont construits en fond de parcelle et cachés par une maison communautaire, tous les autres exemples ayant été reconstruits dans la seconde moitié du 19e siècle, à l'exception de Lunéville (1786, maintenue dans ses dispositions d'origine en 1870 mais dont dont la façade a été dégagée en 1914 par l'incendie de la maison communautaire). En 1975, la communauté qui n'utilise plus la synagogue que très occasionnellement vend à un particulier l'ancienne maison communautaire, à l'exclusion d'une grande salle du rez-de-chaussée (aujourd'hui un garage) et d'un droit de passage. En 1988, elle lui cède le reste en pleine propriété, la synagogue étant dès lors utilisée comme hangar. Elle est entretenue jusqu'au début des années 2000, puis peu à peu laissée à l'abandon.

Période(s) Principale : 2e quart 19e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Dates 1830, daté par source, porte la date
1892, daté par source
Auteur(s) Auteur : Callay,
Callay

Architecte actif à Pont-à-Mousson


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architecte, attribution par source
Auteur : Lhiver, sculpteur, attribution par source

Invisible de la rue, la synagogue est cachée au regard par l'ancienne maison communautaire (dénaturée) où se trouvaient initialement les logis du bedeau et du ministre-officiant, l'école, des cuisines et une salle pour les mariages. Il s'agit d'un édifice très simple, de plan rectangulaire, en moellon enduit, surmonté d'une toiture à longs pans et croupes en ardoises. Pour des raisons d'orientation (l'arche sainte devant être dirigée vers l'est), ce dernier est placé perpendiculairement à la cour, l'entrée s'effectuant à l'extrémité ouest du mur gouttereau. La porte d'entrée principale est marquée par un encadrement mouluré et surmontée d'un fronton triangulaire portant une inscription hébraïque abrégée : " C[eci est la] P[orte des] C[ieux les] J[ustes la] F[ranchiront] (Ps 118-20) suivie de la date 591 [1830-1831]. Elle est surmontée d'un oculus éclairant la tribune des femmes. L'accès à cette dernière s'effectue directement depuis la cour par une petite porte en hauteur desservie par un escalier extérieur, dont une volée rejoint aussi le 1er étage de la maison communautaire. Juste en-dessous, une volée de marches, protégée par une balustrade en fer, descendait sans doute vers des bains rituels (disparus). A l'intérieur, on débouche sur un vestibule, équipé dans un angle d'une fontaine rituelle en pierre à décor de coquille (une seconde plus simple est disposée à l'étage pour les femmes). Encadrée par deux ouvertures en anse de panier précédées de garde-corps en bois permettant de suivre l'office sans entrer, la porte vers la salle de prière est surmontée, côté salle, d'une inscription peinte (également abrégée) : " B[éni] S[ois tu en] E[ntrant] E[t en] S[ortant] ". Occupant tout le reste du volume intérieur, la salle de prière est couverte d'un simple plafond en plâtre. Au fond, contre le mur oriental, trône une arche sainte en bois peint de style classique (cf IM54010341). De part et d'autres, deux baies en plein cintre, ouvertes sur le plan de 1855, ont été bouchées et ornées de tables de la Loi en hébreu et en français. L'ancienne tribune fermée par des claustras, figurée sur le plan de 1855, a été remplacée par une tribune ouverte en bois qui se prolonge sur les côtés de l'édifice. Reposant sur de fines colonnettes en fonte, elle vient d'ailleurs couper les baies en plein cintre éclairant l'édifice. L'édifice présente quelques verrières colorées (oculus et baies en plein-cintre), le décor se limitant à quelques motifs végétaux.

Murs calcaire moellon sans chaîne en pierre de taille enduit
moellon
Toit tuile mécanique, ardoise
Étages 1 vaisseau
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
croupe
Escaliers escalier de distribution extérieur : en maçonnerie

États conservations désaffecté

<import cindoc>Juif_Arc</import cindoc><lot>0201-1</lot><publication MCC></publication MCC><publication OpenData></publication OpenData>

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections inscrit MH, 2014/04/08
Précisions sur la protection

En totalité, la synagogue, y compris l'arche sainte, la cloison entre le vestibule et la salle de prière, les deux fontaines, la totalité du sol de la cour et son mur ouest, ainsi que les escaliers conduisant à la tribune des femmes et aux anciens bains rituels (cad. AS 552, 553, 465)

(c) Région Lorraine - Inventaire général - Decomps Claire
Claire Decomps

conservateur en chef du patrimoine, chercheur en Lorraine de 1994 à 2018 puis responsable de la conservation du musée d’art et d’histoire du Judaïsme à Paris.


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- Schumann Henry