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orphelinat de jeunes filles dite Maison des orphelines Sainte-Elisabeth puis orphelinat et école Sainte-Elisabeth actuellement lycée privé Charles de Foucauld

Dossier IA54002871 réalisé en 2013

Fiche

Œuvres contenues

Vocables Sainte-Elisabeth
Appellations Maison des orphelines
Parties constituantes non étudiées cour, jardin
Dénominations orphelinat, école
Aire d'étude et canton Nancy
Adresse Commune : Nancy
Adresse : 1 rue Jeannot , Orphelines , 16, 18, 20 rue du Manège , 38 rue des Tiercelins
Cadastre : 1830 A5 745 ; 1865 A5 1104, 1105, 1106, 1107, 1108, 1109 ; 1972 BC 320 ; 2008 BC 320

Un orphelinat de jeunes filles est fondé à Nancy en 1715 par Françoise Catherine Croiset dans un bâtiment de l'ancien hôpital Saint-Roch nommé Maudomé et désaffecté depuis 1710. Connu sous l'appellation de Maison des orphelines, l'établissement est géré par une communauté de femmes unies par des voeux simples formant la congrégation des Orphelines de la Sainte-Famille de Nancy, nommées soeurs de Sainte-Elisabeth. Les premiers travaux ont lieu entre 1720 et 1722 sous la direction de Jean-Nicolas Jennesson (1686-1755), le chantier reste inachevé ce qui provoque un litige avec l'architecte, qui est remplacé par Timothée Gentillatre (1689-?) en 1725, date à laquelle démarre la construction de la chapelle. Des travaux importants ont lieu en 1733-1734 afin de terminer, semble-t-il, les bâtiments (corps C au sud de la cour d'entrée). En plus de l'accueil d'orphelines (entre 10 et 20), l'établissement assure à partir de 1759 l’éducation gratuite de jeunes filles pauvres (environ une quarantaine). L’'aménagement des bâtiments permettait de vivre en quasi-autarcie : il comprenait écurie, vacherie, poulailler, fournil, pressoir, 2 puits (dont l’un accessible de l’intérieur et de l’'extérieur de la cuisine), cuisine avec potager (d’'après le plan de vente révolutionnaire : AD 54 1 Q 49) ainsi qu’'un jardin ; séparé des bâtiments par une rue, ce jardin était divisé à la fin du 18e siècle (plan de 1768 : AD 54 101 J 68) en 6 carrés cultivés en potager ou en prairie. Durant la Révolution, la Maison des orphelines, réunie à l'hospice des Enfants trouvés (devenu hôpital des Enfants de la Patrie), s'installe dans l'ancien noviciat de jésuites (rue Saint-Dizier) jusqu'en 1818, date à laquelle elle réintègre les anciens bâtiments tout en faisant l'objet d'une réorganisation : sous la tutelle d'une commission administrative civile présidée par le maire de la ville, l'établissement est confié aux soeurs de la Doctrine chrétienne dont la supérieure, Pauline de Failllonnet, joue alors un rôle majeur. Des travaux ont lieu durant tout le 19e siècle : réparations importantes dans les années 1820-1821 (architecte des hospices civils de Nancy : Dosse) ; aménagements d'anciens communs et constructions nouvelles dans les années 1830 sur la rue du Manège (architecte : Clément) ; constructions de 2 préaux, d'un réfectoire et reconstruction de l'escalier principal (architecte : Lapierre) en 1847. Jusque dans les années 1860 (cf cadastres anciens), la maison des orphelines disposait du jardin aménagé au-delà de l'ancienne rue de derrière les orphelines (prolongeant l'actuelle rue Lacordaire) ; cette rue est déplacée plus au sud en 1869 (actuelle rue des orphelines) afin de réunir les bâtiments et le jardin. Suite à cette extension de propriété (intégration de l'ancienne rue), le corps de bâtiment sur la rue du Manège (corps G) est prolongé (architecte : A. Melin). A la fin du 19e siècle, la maison des orphelines dirigée par une quinzaine de soeurs de la Doctrine chrétienne constitue une école accueillant à la fois des orphelines et des pensionnaires ainsi que des élèves externes (au total environ 300 jeunes filles). Au milieu du 20e siècle, la maison des orphelines devient lycée technique Sainte-Elisabeth puis lycée Charles de Foucauld (lycée privé catholique sous contrat) dans les années 2000. Durant la seconde moitié du 20e siècle, est construit un bâtiment fermant la cour au sud (corps F, rue des orphelines) et divers aménagements intérieurs (cuisine, réfectoire, salles de classe...) sont effectués afin de répondre aux besoins du lycée.

Période(s) Principale : 1ère moitié 18e siècle
Principale : 19e siècle
Secondaire : 2e moitié 20e siècle
Dates 1715, daté par source
Auteur(s) Auteur : Jennesson Jean-Nicolas,
Jean-Nicolas Jennesson (1686 - 1755)

Architecte lorrain de la 1ère moitié du 18e siècle. Travaille en 1709 avec Betto et Guesnon sur le chantier de la primatiale de Nancy, puis à la chartreuse de Bosserville (1713) ; auteur de l’église Saint-Sébastien de Nancy (1720-1731), construit sa propre maison à Nancy (1731). Travaille sur le chantier du château de Lunéville,notamment pour la modification des toitures en 1730. On peut lui attribuer, selon des critères stylistiques semblables à Saint Sébastien de Nancy, l’abbatiale Saint-Remy de Lunéville (église Saint-Jacques actuelle, 1730-vers1737). En 1737, il est nommé premier ingénieur et architecte des bâtiments,jardins, parcs et jets d’eau du duc de Lorraine, en remplacement de Boffrand. Il semble avoir eu des différends avec Stanislas, qui le remplace par Emmanuel Héré en 1738 comme 1er architecte du duc. On le retrouve au service des abbesses de Remiremont où il construit le palais abbatial (1752). Architecte peu et mal connu, en dépit de la bonne appréciation de Dom Calmet dans sa « Bibliothèque lorraine » (col. 543), Jennesson a essentiellement travaillé autour de Nancy et Lunéville, à l’exception de Remiremont où il est demandé par Anne-Charlotte de Lorraine,fille de la famille ducale.

(cf Isabelle Astic-Rechiniac, Jean-Nicolas Jennesson (1686-1755), un architecte dans son temps, mémoire de master 2, université de Nancy 2, 2007


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architecte, attribution par source
Auteur : Gentillâtre Timothée,
Timothée Gentillâtre (1684 - 1737)

Architecte nancéien actif dans la première moitié du 18e siècle. Il est le fils de Thomas Gentillâtre et le père de Claude-Thomas, tous deux également architectes.


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architecte, attribution par travaux historiques
Auteur : Dosse Nicolas, architecte, attribution par travaux historiques
Auteur : Clément, architecte, attribution par travaux historiques
Auteur : Lapierre, architecte, attribution par travaux historiques
Auteur : Melin Alexandre, architecte, attribution par travaux historiques

L'ensemble des bâtiments occupe tout l'îlot situé entre rue des Tiercelins, rue Jeannot, rue des Orphelines, rue du Manège. Il est disposé autour de 3 cours, l'église (IA54002872) s’élève à l'angle de la rue Jeannot et de la rue des Tiercelins, sur laquelle elle s'ouvre par un portail. On accède à la 1ère cour par la rue Jeannot en traversant un corps étroit à 1 seul étage (corps A) servant d'espace d'accueil au lycée (vestibule central, secrétariat et salon de réception). De part et d'autre de cette cour carrée s'élèvent 3 corps de bâtiments : corps longitudinal B, corps C et corps D formant liaison. Le corps central D est à 2 étages carrés, tandis que les corps latéraux B et C comptent 1 étage supplémentaire (surélévation postérieure, partielle pour le corps B) ; la façade postérieure du corps C s’élève sur la 2e cour. Le corps central D est percé d'une porte en plein cintre surmontée d'une statue de Vierge à l'Enfant (étudiée), cette porte donne accès à un escalier en pierre tournant avec jour, comptant 4 volées, 2 paliers et 2 repos. Au sud, la 2e cour en L ouvre sur la rue Jeannot par un grand portail métallique coulissant. Elle est bordée sur le côté gauche par le corps C fermant la 1ère cour sur lequel s’adosse une adjonction moderne. Sur le côté droit de cette 2e cour s'élève un bâtiment (façade postérieure sur la rue des Orphelines) qui se compose de deux corps en enfilade : un corps (E) dont le pignon ouest conserve 3 niveaux de baies à linteau segmentaire (vestige d'un édifice ancien, probablement du 18e siècle) prolongé par un corps moderne dit espace Maryse (F), postérieur à 1972, à 1 étage carré. En fond de cour, le corps G donnant sur la rue du Manège compte 26 travées et 2 étages carrés percés de fenêtres marquées par un chambranle à linteau droit. De la 2e cour, on accède à la 3e cour par un passage couvert. Cette 3e cour, plantée de 2 tilleuls, est bordée par une galerie ouverte portée par des poteaux métalliques délimitant sur 3 côtés (le 4e côté, côté chapelle, étant partiellement fermé et transformé en bureau) un préau en rez-de-chaussée surmonté d'un balcon filant à l'étage ; sur le 4e côté prend place l'église, et, appuyée à sa façade latérale, une adjonction moderne couverte en appentis occulte en partie les verrières de la nef. Un second lieu de culte est présent au 1er étage du corps de bâtiment B : il s'agit d'une petite pièce utilisée comme oratoire réservé aux soeurs de la Doctrine chrétienne pour lesquelles un espace communautaire (appartement) leur est affecté dans les locaux du lycée.

Murs calcaire moellon enduit
Toit tuile mécanique
Étages sous-sol, rez-de-chaussée, 3 étages carrés
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie
Statut de la propriété propriété privée
Sites de protection secteur sauvegardé

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy. cote : 101 J

    Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy : 101 J
Documents figurés
  • Genay. Oeuvres diverses d'architecture à Nancy et ses environs (recueil factice de lithographies). Nancy, E. Munier, 1871-1885.

    Bibliothèque municipale, Nancy : 699.105
Bibliographie
  • Histoire des Soeurs de la Doctrine chrétienne de Nancy : tome 5 - l'expansion en Belgique, Italie et France (XIXe-XXe siècles) / dir. Jacques Bombardier, Anne-Marie Lepage. Nancy : Doctrine chrétienne, 1999 : p. 317-351 : Sœur Edouard Trorial, Ecole Sainte-Elisabeth, la maison des Orphelines rue Jeannot à Nancy

  • GIRARD, J.-S. La charité à Nancy. Nancy : Pierron et Hozé, 1890. 552 p.

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy : RES/ C NAN
  • TRONQUART, Martine. "Trois siècles au service des enfants à Nancy : de la Maison des orphelines au lycée Charles de Foucauld". Le pays lorrain, décembre 2014, n°4, p. 347-352, ill., plans.

Liens web

(c) Région Lorraine - Inventaire général - Tronquart Martine
Martine Tronquart

Chercheur au Service Régional de l'Inventaire du Patrimoine Culturel, site de Nancy.


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