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maison Grisot dit hôtel de Gormand puis maison des soeurs macarons actuellement immeuble

Dossier IA54003528 réalisé en 2018

Fiche

Œuvres contenues

Appellations maison Grisot, hôtel de Gormand, maison des soeurs macarons
Destinations immeuble
Parties constituantes non étudiées cour
Dénominations maison, hôtel
Aire d'étude et canton Nancy - Nancy
Adresse Commune : Nancy
Adresse : 10 rue des Soeurs Macarons
Cadastre : 1830 A5 674 ; 1865 A5 1184, 1185 ; 1972 BC 240 ; 2008 BC 240

Maison élevée en 1725 par l'architecte nancéien Jean-Nicolas Jennesson (1686-1755) pour Antoine Grisot, trésorier payeur des dettes et charges de l'Etat (achat du terrain le 21 mai 1722 ; complément le 6 février 1725 ; AD 54, 3 E 2471 et 16 E 77). Ce dernier est également propriétaire de l'hôtel adjacent qu'il a fait construire quelques années auparavant (8 rue des Soeurs Macarons ; IA54002905). La réalisation des travaux se conclut par un procès intenté par le commanditaire contre son architecte et entrepreneur en 1726 (Isabelle Astic-Rechiniac, Jean-Nicolas Jennesson, un architecte dans son temps, mémoire de master 2, université de Nancy 2, 2007, p. 136). Création d'un balcon permettant une circulation entre le palier intermédiaire de l'escalier principal et un escalier secondaire en aile avant la révolution. D'après une tradition relatée par l'historien Pfister (Histoire de Nancy, tome 2, 1909, p. 773) mais non vérifiée à ce jour par aucune source d'archives, l'hôtel aurait appartenu à la famille de Gormand à la fin du 18e siècle, et compta à partir de 1790 parmi ses occupants Marie Mélanie de Gormand, religieuse du Saint-Sacrement, fille de Nicolas-Joseph de Gormand médecin ordinaire de Stanislas (inhumé en 1765 dans l'église du Saint-Sacrement, détruite) ; en 1793, la religieuse aurait accueilli 2 soeurs converses (dont Elisabeth Morlot) dans la maison familiale où elles produisirent et firent commerce des célèbres gâteaux. Toutefois, lors de la vente révolutionnaire de la maison le 31 mars 1794, la maison est la propriété de la famille Vallet, comme l'hôtel adjacent (n° 8), et elle est acquise alors par Alexis Morot (AD 54, 1 Q 487 2). Au début du 19e siècle, elle est achetée par une nièce d'Elisabeth Morlot, détentrice de la recette des macarons, dont le mari, Monsieur Muller est pâtissier. La production de cette pâtisserie se poursuivit jusqu'aux années 1970 dans les 2 fours qui se trouvent au rez-de-chaussée. L'édifice a été remanié durant le 19e siècle, notamment au niveau du décor intérieur (plafonds, cheminées des pièces du 1er étage) datant probablement du Second Empire (1852-1870). La maison communiquait à tous les étages avec l'hôtel voisin jusqu'à la révolution (n° 8). Une verrière (IM54002473) figurant une religieuse en buste a été déplacée au magasin de commerce dit des soeurs macarons, 21 rue Gambetta à Nancy. En 1951, le tronçon de rue dans lequel est située la maison prend le nom de "rue des Soeurs Macarons" pour rappeler la présence des religieuses ; elle constituait auparavant le début de la rue de la Hache.

Partie déplacée à Commune : 54, Nancy, 21 rue Gambetta
Période(s) Principale : 1er quart 18e siècle
Dates 1725, daté par source
Auteur(s) Auteur : Jennesson Jean-Nicolas,
Jean-Nicolas Jennesson (1686 - 1755)

Architecte lorrain de la 1ère moitié du 18e siècle. Travaille en 1709 avec Betto et Guesnon sur le chantier de la primatiale de Nancy, puis à la chartreuse de Bosserville (1713) ; auteur de l’église Saint-Sébastien de Nancy (1720-1731), construit sa propre maison à Nancy (1731). Travaille sur le chantier du château de Lunéville,notamment pour la modification des toitures en 1730. On peut lui attribuer, selon des critères stylistiques semblables à Saint Sébastien de Nancy, l’abbatiale Saint-Remy de Lunéville (église Saint-Jacques actuelle, 1730-vers1737). En 1737, il est nommé premier ingénieur et architecte des bâtiments,jardins, parcs et jets d’eau du duc de Lorraine, en remplacement de Boffrand. Il semble avoir eu des différends avec Stanislas, qui le remplace par Emmanuel Héré en 1738 comme 1er architecte du duc. On le retrouve au service des abbesses de Remiremont où il construit le palais abbatial (1752). Architecte peu et mal connu, en dépit de la bonne appréciation de Dom Calmet dans sa « Bibliothèque lorraine » (col. 543), Jennesson a essentiellement travaillé autour de Nancy et Lunéville, à l’exception de Remiremont où il est demandé par Anne-Charlotte de Lorraine,fille de la famille ducale.

(cf Isabelle Astic-Rechiniac, Jean-Nicolas Jennesson (1686-1755), un architecte dans son temps, mémoire de master 2, université de Nancy 2, 2007


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architecte, attribution par source
Personnalité : Grisot Antoine, commanditaire, attribution par source
Personnalité : Gormand de Marie Mélanie, habitant célèbre, attribution par source
Personnalité : Morlot Elisabeth, habitant célèbre, attribution par source

Maison à 3 niveaux et 4 travées élevée sur un plan en L avec cour ; une petite aile en retour du corps principal occupe également un côté de la cour. La porte piétonne occupe à gauche l'espace d'une 5e travée aveugle aux étages. Deux pilastres composites supportant un entablement mouluré à corniche saillante flanquent une maçonnerie en bossage à joints creux et ébrasement concave marqué d'un mascaron figurant une tête de Mercure. La menuiserie de la porte comporte deux panneaux moulurés à décor géométrique, avec heurtoir en boucle de gibecière sur platine finement découpée de motifs végétaux, l'imposte est munie d'une ferronnerie à volutes feuillagées et médaillon circulaire central avec monogramme qui figure les 2 lettres A et G (pour Antoine Grisot), une troisième lettre, qui fait le symétrique du G, pourrait être interpréter comme Z (pour Catherine Zoller, épouse d'Antoine Grisot). Les baies sont à linteau segmentaire délardé et chambranle mouluré à crossettes. Celles de gauche du rez-de-chaussée sur rue possèdent des verrières à décor géométrique dans leur partie basse. La façade postérieure est à 3 niveaux, le 1er étage à grande élévation correspond à l'emprise de l'escalier intérieur qu'éclairent 2 hautes baies aux chambranles moulurés. Balcon d'angle aux étages avec garde-corps en fer forgé. La façade en retour comporte 2 niveaux de hautes fenêtres et un dernier niveau de baies plus petites. La pièce du rez-de-chaussée sur la cour conserve une cheminée 18e siècle (IM54014091) accostée de 2 fours (IM54014092). Escalier en pierre montant jusqu'au premier étage seulement (IM54014093), escalier secondaire en menuiserie entre le premier et le deuxième étage situé dans une aile secondaire sur cour. Décor intérieur mêlant éléments du 18e siècle (portes, lambris de hauteur au rez-de-chaussée, niche à fourneau en rez-de-chaussée IM54014094) et du 19e siècle (cheminées en marbre de modèle courant au premier étage, poêle en faïence, parquets à bâtons rompus, moulures et rosaces de plafond en plâtre).

Murs calcaire moellon enduit
Toit tuile mécanique, ardoise
Plans plan régulier en L
Étages sous-sol, rez-de-chaussée, 2 étages carrés
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans brisés
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie
Techniques sculpture
ferronnerie
Représentations ordre composite pilastre monogramme mascaron figure mythologique ornement végétal fleur
Précision représentations

ordre composite : encadrement de la porte ; mascaron : figure de Mercure ; ornement végétal : platine du heurtoir ; ornement végétal et fleur : imposte de la porte ; monogramme A Z G : imposte de la porte

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Sites de protection secteur sauvegardé
Protections inscrit MH partiellement, 1987/05/19
Précisions sur la protection

façades et toitures sur rue et sur cour, le grand escalier avec cage et rampe, les deux fours et la cheminée de la pièce sur cour : inscription par arrêté du 19 mai 1987

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy, Cote : 3 E 2471

    Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy : 3 E 2471
  • Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy, Cote : 16 E 77

    Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy : 16 E 77
  • Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy, Cote : 1 Q 487 2

    Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy : 1 Q 487 2
Bibliographie
  • BADEL, Emile. Dictionnaire historique des rues de Nancy de 1903 à 1905 : tome 1 - de A à O. Nancy : Impr. L. Kreis, 1904. 442 p., ill. ; tome 2 - de P à X suivi de 3 suppléments. Nancy : Impr. L. Kreis, 1906. 523 p., ill.

    p. 248
  • Pfister Christian, Histoire de Nancy, 3 tomes, 1902-1909.

    - tome 1. Nancy : Berger-Levrault, 1902.XXIV-750 p., ill., plans.

    - tome 2. Nancy : Berger-Levrault, 1909. VIII-1099 p., ill., plans.

    - tome 3. Nancy : Berger-Levrault, 1908. VIII-914 p., ill., plans.

    tome 2, p. 773
  • Astic-Rechiniac Isabelle, Jean-Nicolas Jennesson, un architecte dans son temps, mémoire de master 2, université de Nancy 2, 2007

    p. 136

Liens web

(c) Région Lorraine - Inventaire général ; (c) Communauté urbaine du Grand Nancy ; (c) Ville de Nancy - Tronquart Martine
Martine Tronquart

Chercheur au Service Régional de l'Inventaire du Patrimoine Culturel, site de Nancy.


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- Vaxelaire Yann
Yann Vaxelaire

Architecte du patrimoine à la ville de Nancy. A participé à l'étude menée par le Service de l'Inventaire général du Patrimoine sur la ville de Nancy.


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