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Les rivières aménagées de la commune d'Etival-Clairefontaine

Dossier IA88031195 réalisé en 2017

Fiche

Précision dénomination de la commune d'Etival-Clairefontaine
Dénominations rivière aménagée
Aire d'étude et canton Vosges - Raon l'Etape
Adresse Commune : Étival-Clairefontaine
Lieu-dit : Adresse :
Cadastre :
Précisions

18 sites d’exploitation de la force hydraulique ont été recensés sur le territoire de la commune, tant sur le cours de la Meurthe que sur celui de la Valdange et de ses affluents.

Six sites sont représentés sur la carte de Casssini au milieu du 18ème siècle. Il s’agit d’une part, sur la Valdange, du groupe moulin, huilerie, scierie situé à proximité de l'abbaye (12, 14 et rue de la Promenade de la Pierre-d’Appel) ; du site du Vivier, berceau de l’activité papetière, attesté dès 1512 ; du moulin de Pajaille et de celui de Brigeloup. Ils sont alimentés par quatre canaux de dérivation de la Valdange. D’autre part, figurent aux extrémités de cet ensemble, la scierie de la Belotte (en amont, sur le Vieux-pré, affluent de la Valdange) et celle des Chatelles (en aval, sur le ruisseau de la Côte de Répy). Ces sites sont liés à l’abbaye d’Etival, ils sont attestés au 18ème siècle, mais leur construction pourrait dater du Moyen-âge.

Un second groupe s’est installé au cours de la première moitié du 19e siècle. Il est composé de la scierie privée de la Belotte et de l’huilerie de Sainte-Odile, tous deux alimentés par des dérivations du ruisseau des Vieux-Prés. Il comprend aussi les sites des Forges et de Répy sur la Valdange ainsi que les sites de Bourmont et de la Fosse sur la Meurthe. Ces sites ont eu une existence mouvementée et brève. A l’exception de Sainte-Odile, ils ont été utilisés initialement pour des scieries, mais certains ont été reconvertis en féculerie ou usine de pâte à papier.

Le troisième groupe est constitué d'une part, par les deux papeteries de Clairefontaine et des Chatelles qui se sont installées respectivement en 1858 et 1875 sur des sites vierges le long de la Meurthe et, d'autres parts, par la scierie Fachot qui est venue compléter le groupe de l'abbaye sur la Valdange et la scierie communale construite ex-nihilo en amont de la scierie Gérard. La création du canal d'alimentation des papeteries de Clairefontaine a entrainé la disparition des sites voisins de Bourmont et de la Fosse. Les deux papeteries exploitent toujours les eaux de la Meurthe.

Les plans cadastraux de 1846 représentent les canaux d'irrigation et de drainage qui serpentent dans la prairie de l'abbaye. Ce réseau a été perturbé par la création (terminée en 1866) de l'axe routier qui relie l'abbaye à Clairefontaine et l'installation de la papeterie.

Période(s) Principale : 16e siècle
Principale : 19e siècle , daté par source
Auteur(s) Auteur : auteur inconnu.

Le territoire de la commune d’Etival-Clairefontaine est traversé par la Valdange et la Meurthe. Leur longueur de parcours respective est de 5 km et 8 km avec chacune un dénivelé de 16 m sur le territoire communal. Malgré ce faible dénivelé, 18 sites d’exploitation de la force hydraulique ont été recensés sur le territoire de la commune d’Etival-Clairefontaine.

Sur la Meurthe, les installations datent du 19e siècle. Les deux scieries de Bourmont et de la Fosse installées au début de ce siècle sont détruites un demi-siècle plus tard au profit de l’installation des papeteries de Clairefontaine et des Chatelles. Ces deux papeteries sont alimentées par des biefs de plus d’un kilomètre chacune qui actionnent toujours les turbines de ces deux usines. Les vestiges de la scierie double de Bourmont sont encore visibles. Elle était alimentée par une chute d’eau dont la hauteur ne dépassait pas 50 centimètres. La scierie de la Fosse a été totalement détruite lors de la construction du canal d’alimentation des papeteries de Clairefontaine qui est un prolongement du bief de cette dernière.

Sur la Valdange, affluent de la Meurthe, se trouvent les installations les plus anciennes. Elles sont situées au cœur ou à proximité immédiate de l’agglomération. Le groupe moulin, scierie et huilerie est constitué de trois bâtiments indépendants mais situés sur des parcelles adjacentes. L’huilerie a disparu, la scierie a été reconvertie en habitation et le moulin a perdu son mécanisme, seul l’axe de la roue reste en place. Une seconde scierie, aujourd’hui totalement disparue est venue s’y adjoindre au cours du 19e siècle. Le site de la Petite-Papeterie est celui dont l’histoire est la plus complexe et la plus longue. Après l’installation de la papeterie à Clairefontaine (site éponyme), il est reconverti en scierie (étudiée IA88031190) dont il subsiste l’essentiel des installations. Le site du moulin de Pajaille a connu lui aussi de multiples reconversions au cours des 19e et 20e siècles : fabrique de pâte à papier, féculerie détruite durant la Première guerre mondiale (ruines en élévation) et scierie. Ces trois sites étaient alimentés par des biefs de 1700 mètres de longueur totale, parfaitement conservés. Les ouvrages de prise d’eau (seuils et vannes) sont encore en place, bien que parfois en mauvais état. Les tronçons de la Petite-Papeterie et de l’Abbaye ne sont plus en eau sur la totalité de leur parcours à cause de dépôts limoneux.

Trois autres usines exploitant l’énergie de la Valdange se sont installées en amont et en aval de cet ensemble au début du 19e siècle. La plus en amont est la scierie des Forges qui a conservé l’ensemble de ses installations (étudiée IA88001781). En aval, la scierie de Briseloup, reconvertie en habitation, a conservé une partie de ses installations : bâtiment de la scierie et roue hydraulique métallique d’environ 5 mètres de diamètre. Plus en aval encore, la scierie de Répy, alimentée par un long bief de 1400m de longueur n’a eu qu’une brève existence et a complétement disparu.

Sur le ruisseau des Vieux-Prés, affluent de la Valdange, trois sites ont existé. Le plus ancien et le plus en amont est la scierie domaniale de la Belotte. Elle est installée au pied d’une chute d’eau d’environ 5 mètres. En 1852, elle est dite « à plomb ». Une conduite forcée et une turbine y sont installées à la fin du 19e siècle. Reconvertie en habitation, elle a conservé sa halle et sa conduite forcée. La scierie privée de la Belotte était alimentée par un bief. Détruite par un incendie en 1966, elle est en ruine mais a conservé sa turbine de type « Canson ».

L’huilerie de Sainte-Odile a été détruite au cours du 20e siècle, il n’en subsiste aucune trace.

La scierie communale a été créée en 1848 et installée en amont de tout cet ensemble, à la limite avec la commune de Saint-Remy, sur le ruisseau du Neuf-Etang, affluent des Vieux-Prés. Détruite au milieu du 20e siècle, il ne subsiste que quelques traces de son canal d'alimentation.

Alimentée par le ruisseau de la côte de Répy, en bordure de Meurthe, la scierie domaniale des Chatelles a été construite au milieu du 19e siècle. Elle était actionnée par une turbine. Seules les fondations du bâtiment de la scierie sont conservées.

L’ensemble des biefs des moulins représente environ 8,2 km de canaux sur l’ensemble de la commune. Près de 2,3 km sont des dérivations de la Meurthe qui aliment toujours les deux papeteries.

Sur la partie centrale de la Valdange, au cœur du village, trois biefs sont toujours alimentés en eau et les ouvrages liés à leur prise d'eau sont parfaitement conservés. Ils constitue un cheminement qui mène de Saint-Odile à l'abbaye en passant par le site emblématique de la petite papeterie.

A ce réseau de biefs, il faut ajouter les nombreux canaux d’irrigation et drainage dont la longueur est de plus de 2 km pour la seule prairie de l’abbaye. Ces canaux bien visible sur le cadastre de 1848 ont presque entièrement disparu aujourd’hui, seules des vannes et des murs d’endiguement restent visibles en bord de Meurthe.

Murs grès grand appareil
Énergies énergie hydraulique

Au regard de l'étude de la petite industrie des Hautes-Vosges, la commune d'Etival présente l'intérêt notable de la multiplicité des sites (17*) et de la diversité de leur usage (moulins, huileries, papeteries, scieries, fabriques de pâte à papier, féculeries). Ces activités s'y développé à la fois simultanément sur différents sites et successivement dans un même lieu. Les trois biefs de dérivation de la Valdange en amont de l'abbaye sont des éléments majeurs pour la compréhension de l'histoire de la commune et en particulier pour celle de l'industrie papetière. De plus, ils sont bien conservés

*A titre de comparaison la commune de Corcieux, première commune rurale pour son nombre de site hydraulique en possède 21, mais il n'ont pas tous fonctionné simultanément et ne sont quasiment plus lisibles aujourd'hui..

Statut de la propriété propriété de la commune
propriété d'une personne privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables bief de dérivation
Protections

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives communales, Étival-Clairefontaine : cadatre de 1846
  • Plan par masse de culture de 1809 : 3P5105 ; Série S : rivières flottables : 112 à 141 S1 ; Meurthe : 1000S23 à 25 ; Etival : 1005S17 ; archives de l'ONF canton de Raon-l'Etape : non classé.

    Archives départementales des Vosges, Épinal
Bibliographie
  • Les Amis du Ban d'Etival, Les cahiers du Ban n°2 : Etival et le papier . Saint-Michel-sur-Meuthe : Impr. Socosprint, 2010

  • Les amis du Ban d'Etival, Les cahiers du Ban n°1 La promenade de la Pierre-d'Appel. Saint-Michel-sur-Meuthe : Impr. Socosprint, 2011.

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