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lavoir

Dossier IA88030958 réalisé en 2016

Fiche

Appellations La Corelle
Dénominations lavoir
Aire d'étude et canton Vosges - Lamarche
Hydrographies L'Apance
Adresse Commune : Châtillon-sur-Saône
Lieu-dit : Corelle (La)
Adresse : route de Jonvelle
Cadastre : 2016 ZC 59

Le lavoir de la Corelle à Chatillon-sur-Saône est construit vers 1800. D'abord à ciel ouvert, il est ensuite couvert d'un toit vers 1830. Des travaux de réparation sont réalisés en 1861 par J-Baptiste Morlot, maçon, tailleur de pierre à Châtillon-sur-Saône : il remplace les bassins par de nouveaux provenant des carrières de la commune. (sources : AD88 - série 2O100/9).

D'autres réparations ont lieu en 1959. Puis laissé à l'abandon, il est restauré en 2001 par L'association "Châtillon d'Hier pour Demain" (reconstruction de la toiture notamment).

La tradition orale rapporte également que la fontaine-lavoir tire son nom d'une légende : A l'écart du village, vers la route de Jonvelle, elle coule dans une ancienne carrière de grès où, autrefois, se réunissaient des fées. L'une d'elles s'éprit un jour d'un beau jeune-homme dont elle eut une fille qu'elle appela Corelle. A la suite d'un vœu irréfléchi, Corelle cessa de grandir à l'âge de 8 ans et demeura une enfant toute sa vie. On raconte qu'on pouvait la voir jouer au bord de la fontaine, à qui elle a donné son nom.

Période(s) Principale : 1er quart 19e siècle, 2e quart 19e siècle , daté par travaux historiques
Secondaire : 3e quart 19e siècle , daté par source
Secondaire : 3e quart 20e siècle, 1er quart 21e siècle , daté par travaux historiques
Dates 1800, daté par travaux historiques
1830, daté par travaux historiques
1861, daté par source
1959, daté par travaux historiques
2001, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Morlot Jean-Baptiste,
Jean-Baptiste Morlot

J-Baptiste Morlot est mâcon et tailleur de pierre à Chatillon-sur-Saône au milieu du 19e siècle. Il intervient notamment à Chatillon-sur-Saone (1861)


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maçon, tailleur de pierre, attribution par source

Le lavoir de la Corelle est situé à l'écart à l'est de Châtillon-sur-Saône, sous la route allant à Jonvelle. Il est de plan rectangulaire construit en moellons, avec des chaînes d'angles en pierre de taille. Il est ouvert sur un coté, vers l'Apance. Le toit à un pan qui le couvre s'appuie en façade antérieure sur 3 grandes pierres de taille servant de pilier. La charpente en dosses de sapin est fragilisée par endroit par le passage de la pluie entre des tuiles defectueuses. A l'intérieur, trois bassins sont excavés : un bac de rinçage au centre et deux bassins de part et d'autre, pour laver le linge à genoux. Des bancs sont présents le long du mur adossé à la colline. Un escalier a été aménagé le long de la façade Est pour faciliter l'accès depuis le chemin.

Murs pierre de taille
moellon
Toit tuile mécanique
Plans plan rectangulaire régulier
Étages rez-de-chaussée
Couvrements charpente en bois apparente
Couvertures toit à un pan
Typologies lavoir ouvert sur un coté
États conservations mauvais état

Annexes

  • Souvenir de lessive à Châtillon-sur-Saône (témoignage d'un habitant)

    "Ici on ne pratiquait pas le geste du battoir, on utilisait seulement la brosse de chiendent et le savon de Marseille. Avant cette opération le linge avait été bouilli avec des cendres de bois, travail qui prenait une journée complète. A l’époque on ne faisait la lessive de blanc que deux à trois fois par an, lorsque les travaux des champs n’étaient pas trop importants. Il fallait surtout qu’elle ne soit pas faite à certaines périodes interdites sous peine d’attirer les foudres du ciel.

    Cette opération de préparation de la lessive était tout un cérémonial. D’abord trier le linge, le faire tremper et le ranger dans le cuveau : les draps de chanvre, les chemises d’homme et de femme, un grand drap coiffe l’ensemble et sert de tamis. Des cendres de bois, agent nettoyant grâce à leur richesse en carbonate de potasse, le recouvre.

    Le lendemain, on coule la lessive. Assise, une chaufferette aux pieds, entre le baquet et la buanderie je revois ma grand’mère s’adonnant à ce travail. Il consistait à arroser le linge avec de l’eau qu’elle puisait avec à l’aide d’un petit récipient prolongé d’un long manche en bois, de l’eau tiède, chaude puis bouillante. Un grand chaudron appelé buanderie où on chauffait l’eau que l’on versait sur les cendres. On appelait cette opération : « passer la lessive ou couler ». L’eau de lessive passée était récupérée dans un baquet par la bonde et on la remettait à chauffer, l’opération se renouvelait plusieurs fois dans la journée. Le coulage réclame un certain savoir faire, toutes les lavandières ne sont pas des bonnes couleuses.

    Le lendemain on se rendait au lavoir soit : la Corelle, la Fontaine aux Prêtres, le canal du moulin sur la Saône. C’était une dure journée et plusieurs femmes étaient nécessaires pour rincer le linge. Toutes les lavandières du village se retrouvaient là à faire ce dur travail, mais c’était l’occasion de connaître les dernières nouvelles, rumeurs du village, un peu ou beaucoup arrangées parfois, quel bonheur de faire savoir ce que les autres ne connaissaient pas encore. Après, est arrivée la lessiveuse qui avait le même principe. Le travail de passe se faisait seul, on installait celle-ci sur le fourneau et lorsque l’eau bouillait elle passait par le fut central, traversait le linge, on appelait ça faire cuire la lessive. Le temps de cuisson allait de 30 minutes à 1 heure."

    Extrait de : http://www.chatillonsursaone.com/histoire/La%20lessive%20a%20%20la%20Corelle%20g%20s%20%283%29.pdf (Consulté le 23/01/2013).

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