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immeuble Gillet-Lafond

Dossier IA54003414 réalisé en 2016

Fiche

  • Vue de situation.
    Vue de situation.
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  • Parties constituantes

    • atelier de fabrication
    • entrepôt industriel
Appellations Magasins Gillet-Lafond
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, entrepôt industriel
Dénominations immeuble
Aire d'étude et canton Nancy - Nancy
Adresse Commune : Nancy
Adresse : 6 rue Guerrier de Dumast
Cadastre : 1972 BY 90 ; 2008 BY 90

Immeuble construit en 1923-1924 par l'architecte Pierre Le Bourgeois (1879-1971) pour abriter l'atelier de fabrication et l'entrepôt ainsi que quelques logements pour cadres des magasins Gillet-Lafond. Les plans de Pierre Le Bourgeois datent de 1923. L’'autorisation de travaux est accordée en juin de la même année. Les entrepreneurs France-Lanord et Bichaton, spécialistes du béton armé, sont chargés du chantier. Le gros-oeuvre est achevé au début de 1924. La presse d'’époque fut sévère avec l’'immeuble qui choque alors par son esthétique industrielle en plein centre-ville. Émile Badel parle de « ce bloc désagréable » (L'Immeuble et la construction dans l'Est, 27 mai 1923 et 10 août 1924). Il le qualifie régulièrement « d'’usine ». Émile Nicolas souligne davantage la modernité du matériau de façade (L’'étoile de l’'Est, 21 avril 1923). Après la seconde Guerre mondiale, l'’immeuble est acheté par les établissements Guérineau (entreprise générale d’électricité). Au cours des dernières décennies, l’'édifice a subi plusieurs remaniements : le rez-de-chaussée est converti en débit de boissons avec la création d’'une nouvelle entrée.

Période(s) Principale : 1er quart 20e siècle
Dates 1923, daté par source
Auteur(s) Auteur : Le Bourgeois Pierre,
Pierre Le Bourgeois (1879 - 1971)

Pierre Le Bourgeois (Dieppe 1879-Paris 1971) fit ses études à l'Ecole Nationale des Beaux Arts. Il entreprit deux voyages d'étude au Mexique et aux Etats-Unis. Sa carrière s'est déroulée en deux phases, la première en Meurthe-et-Moselle, la seconde à Paris. Son oeuvre a fait l'objet d'une étude par Patrick Dieudonné, chercheur au L.H.A.C. (laboratoire d'histoire de l'architecture contemporaine) et d'une maîtrise d'histoire de l'art soutenu à l'Universite de Nancy II par Alexia Battistin en 1998. Le résultat de ces travaux est publié sous la forme de divers articles parus dans le Pays Lorrain et des revues spécialisées en histoire de l'architecture. Il en ressort que : "même si l'architecture de l'art déco nancéien n'est pas aussi riche de particularités régionales que celle de l'Art Nouveau, on doitaux années 1925 quelques édifices aussi importants qu'ils sont peu spectaculaires. L'oeuvre de Pierre Le Bourgeois, l'une des moins tapageuses de l'entre deux-guerres, en est l'un des meilleurs exemples"(P. Dieudonné). Au double héritage de l'Art Nouveau et du rationalisme, l'architecte a ajouté une composante classiciste, lisible dans le plan et l'organisation des façades d'un certain nombre de ses oeuvres. Il travailla avec Jean Prouvé, Jean Bourgon, Louis-Hippolyte Boileau... pour quelques bâtiments particulièrement importants : le Pavillon de Nancy à l'exposition internationale des Arts Décoratifs à Paris (1925, aujourd'hui détruit), le Palais de la bière à Nancy (1926, dont l'intérieur est détruit), les grands moulins Vilgrain à Nancy (1928-1929), les Magasins Réunis à Nancy (1928)...Il se présenta à quelques grands concours : en 1922 pour un gratte-ciel de Chicago où il fut le seul projet français primé (mais non retenu), en 1927 pour le Palais de la Société des Nations et en 1930 à Paris pour des immeubles de rapport.

L'activité de Pierre Le Bourgeois dans le Pays-Haut, essentiellement dans le cadre de la Reconstruction après les destructions de la première guerre mondiale a fait l'objet d'une présentation rapide dans l'image du patrimoine n° 93 " le Pays de Longwy" par Marie-France Jacops, Jacques Guillaume et Pascal Thiébaut. Un projet de reconstruction de la ville haute fut présenté en 1920-1921,résultat d'un travail commun de Le Bourgeois et de Louis-Hippolyte Boileau, futur architecte du Trocadero (1).Le parti rayonnant pourrait bien puiser sa source dans l'œuvre de Joseph Stubben (cf. plan des quartiers dit allemands de Thionville). En 1923, Pierre Le Bourgeois s'associa avec un architecte local , Jean Zimmermann (1891 - ?) et tous deux devinrent architectes municipaux de la ville de Longwy. Ils construisirent des équipements scolaires et sportifs, un hôtel de ville, des cités ouvrières et des églises. Pour les établissements industriels, Pierre Le Bourgeois édifia la cité-jardin d'Heumont à Rehon, des villas destinées aux ingénieurs à Longwy et les bureaux de la société Senelle-Maubeuge à Herserange. Pour tous ces bâtiments, il abandonna le décor, accentua la géométrisation des formes et leur simplication en jouant sur l'agencement des volumes, sur un rythme ternaire tout en respectant le principe d'une stricte symétrie. Selon les moyens fournis par le commanditaire, les matériaux choisis donnent une allure austère parfois même quasi empreinte de pauvreté. Mais quand le budget permettait davantage d'aisance, comme à Herserange pour Senelle-Maubeuge, Pierre le Bourgeois n'hésita pas à utiliser des matériaux plus nobles : Comblanchien, marbre, calcaire marbrier (provenant de Bourgogne comme à Senelle), pierre d'Euville (église Saint-Eloi à Rehon) ferronnerie... dont il soigna la mise oeuvre soulignée par des effets de surface. Pour les églises, il puisa parfois son inspiration dans l'architecture romane (ex. Saint-Pirmin de Cutry) ou tint à respecter l'organisation habituelle des volumes dans les églises lorraines (vaisseau unique, tour hors oeuvre en façade, choeur polygonal... comme à l'église de la Nativité de la Vierge à Hussigny). Il utilisa le béton, en voile de béton armé pour le voûtement des églises (1924 : Hussigny ) en pieux de béton armé (système Frankignoul pour le groupe scolaire de Longwy). On signalera enfin, cas un peu particulier- la construction dans les années 1925-1930 d'une villa d'ingénieur inspiré des réalisations de Mallet-Stevens (emboîtement des volumes géométriques, lignesépurées, toitures en terrasse...) où la seule référence à l'Art déco apparaît dans le décor des allèges des fenêtres.


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architecte, attribution par source
Auteur : France-Lanord et Bichaton, entrepreneur, attribution par travaux historiques

L'édifice, asymétrique à droite, comporte trois niveaux d'atelier, deux niveaux d'habitation et un étage de comble. La structure en béton armé, peinte en gris, est visible en façade et ménage de nombreuses baies pour les ateliers. Les deux derniers niveaux sont plus pittoresques par l'’emploi de la brique rouge formant un jeu de damiers, et surtout par l'’association de poteaux en béton et de poutres en bois qui créent une coursive. La couverture en ardoise est à longs pans inégaux. Le portail décentré à droite ouvre sur un vestibule donnant accès à une porte latérale (aujourd'hui murée, elle ouvrait sur les ateliers du rez-de-chaussée) et à l'escalier menant aux étages. La porte est encadrée par deux colonnes ioniques. Le jour central de l'escalier est occupé par un ascenseur (cabine à deux vantaux en bois mouluré) enserré dans une cage métallique à décor géométrique ; sa porte métallique est orné d'un motif en forme de pilastre ionique très stylisé surmonté de trois roses géométrisées (motif et traitement typiques de l’'Art déco).

Murs brique
béton béton armé
Toit ardoise
Étages sous-sol, rez-de-chaussée, 4 étages carrés, étage de comble
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie
Autres organes de circulations ascenseur
Techniques sculpture
ferronnerie
Représentations ordre ionique rose ornement géométrique
Précision représentations

rose géométrisée

Statut de la propriété propriété privée
Sites de protection secteur sauvegardé

Références documentaires

Bibliographie
  • Pierre Le Bourgeois, Nancy. Travaux d'architecture 1912-1930. Strasbourg, Edari, [s.d]

Périodiques
  • L'immeuble et la construction dans l'Est

(c) Région Lorraine - Inventaire général ; (c) Communauté urbaine du Grand Nancy ; (c) Ville de Nancy ; (c) Ecole nationale supérieure d'architecture de Nancy - Marseille Gilles - Tronquart Martine
Martine Tronquart

Chercheur au Service Régional de l'Inventaire du Patrimoine Culturel, site de Nancy.


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