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Éoliennes des Vosges

Dossier IA88031162 réalisé en 2016

Fiche

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Les systèmes utilisant la force motrice du vent, simples et économiques, connus depuis l'Antiquité, sont peu utilisés dans les Vosges où l'énergie hydraulique est préférée. Des éoliennes sont toutefois observables afin de puiser de l'eau, principalement dans la plaine (dans les cantons de Châtenois, Mirecourt, Bulgnéville et Neufchâteau), là où il n'y a pas de source jaillissante directement exploitable, mais où l'eau n'est pas trop profonde (une ou quelques dizaines de mètres). Ce principe de pompage n'est pas utilisé dans la montagne vosgienne, les nombreuses sources sont affleurantes et la puissance des éoliennes diminue avec l'altitude car elle est proportionnelle à la densité de l'air.

Tableau de relevés des éoliennes dans les VosgesTableau de relevés des éoliennes dans les Vosges

Il s'agit d'éoliennes agricoles dites "moulins américains", tout en métal, mises au point au cours de la seconde moitié du 19e siècle. Avec un pompage à axe horizontal, elles sont constituées d'un rotor en acier avec une hélice multipale, dont le mouvement rotatif permet d'actionner une pompe à mouvement alternatif afin de faire remonter l'eau à la surface par refoulement ou aspiration. Un gouvernail est adjoint à la roue pour la mettre face au vent. Généralement, il est muni d'un ressort de régulation entre l'empennage et le rotor, qui permet d'adapter l'axe de ce dernier en cas de très fort vent, pour éviter qu'il ne tourne trop vite et se brise. Cette roue est maintenue à plusieurs mètres au-dessus du sol par un pylône pyramidal composé de 4 piliers de fer (quelquefois 3). Une plateforme est souvent installée au sommet, sous la roue pour permettre son entretien. Le modèle "Idéale", breveté S.G.D.G est très fréquent.

Devant être installées dans un terrain dégagé pour ne pas être perturbées par des turbulences de l'air provoquées par des bâtiments ou des arbres, les éoliennes sont utilisées dans les champs pour alimenter les abreuvoirs. Elles sont donc couplées à un abreuvoir en pierre (souvent un remploi d'un ancien abreuvoir communal), en fonte, en fer, voire en ciment ou en plastique pour les plus récents. Elles doivent être placées sur le puits ou à proximité. La margelle du puits est rarement visible car fermée, mais les forages sont la plupart du temps garni d'un parement en pierre ou de ciment.

Eolienne agricole à Repel, vue d'ensemble.Eolienne agricole à Repel, vue d'ensemble.

Principalement installées dans les Vosges au cours du 20e siècle, les éoliennes représentent la modernisation des outils et des conditions de travail agricoles de cette époque particulière. Peu sont encore en place et en fonctionnement aujourd'hui. Elles ont souvent été détruites lors des remembrements, remplacées par des pompes électriques (éventuellement alimentées par des panneaux solaires) ou des citernes déposées en plein champ et approvisionnées par camions, à la fin du 20e siècle. Quelques exemples contemporains sont toutefois visibles, notamment celles produites par l'entreprise Humblot (Coussey - 88) ou celles du modèle "Oasis" conçues par Ecolab Energie (Bogny-sur-Meuse - 08).

Les éoliennes des Vosges sont à vocation agricole financées par les cultivateurs, il est toutefois possible de relever quelques exceptions. Par exemple, une carte postale du début du 20e siècle conserve la mémoire d'une éolienne à proximité d'une villa à Contrexeville, pour les besoins en eau du jardin et de la maison.

Villa Lallement et son éolienne à Contrexeville, carte postale du début du 20e siècle.Villa Lallement et son éolienne à Contrexeville, carte postale du début du 20e siècle.

La seule éolienne publique relevée dans le département des Vosges, est celle placée sur la source de la Rouille à Blevaincourt, en 1935. Elle est munie d'une éolienne de modèle perfectionné qui est couplée à une station de pompage et un réservoir qui permet la mise en place de l'alimentation en eau courante dans tout le village.

Les éoliennes relevées dans les Vosges aux 19e siècle et au 20e siècle ne sont pas utilisées comme aérogénérateurs.

Aires d'études Mirecourt, Bulgnéville, Châtenois, Lamarche
Dénominations éolienne
Période(s) Principale : 2e moitié 19e siècle, 1ère moitié 20e siècle , daté par travaux historiques
Murs fer pan de fer
pierre pierre de taille
béton béton armé
Décompte des œuvres nombre d'oeuvres reperées 15
(c) Région Lorraine - Inventaire général ; (c) Conseil départemental des Vosges - Varvenne Vanessa