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ensemble de trois hôtels puis pensionnat de Mademoiselle Mersey puis école dite Institution Sainte-Rose actuellement école Saint-Dominique

Dossier IA54003318 réalisé en 2015

Fiche

Œuvres contenues

Genre de dominicaines
Appellations Institution Sainte-Rose
Destinations école Saint-Dominique
Parties constituantes non étudiées cour
Dénominations hôtel, pensionnat, école
Aire d'étude et canton Nancy
Adresse Commune : Nancy
Adresse : 9-13 rue du Manège , 25 rue des Tiercelins , Drouin
Cadastre : 1830 A 753, 757, 758 ; 1865 A 1082, 1083, 1085 à 1092 ; 1972 BD 200, 201, 202 ; 2008 BD 200, 201, 202

L'actuelle école Saint-Dominique occupe trois anciens hôtels particuliers édifiés dans la 1ère moitié du 18e siècle dont les propriétaires respectifs sont en 1767 (d'après Etat des maisons de la ville et des faubourgs de Nancy par paroisses, rues et numéros. A Nancy, chez Thomas père et fils, imprimeurs de l’hôtel-de-ville près les Jacobins. M. DCC. LXVII) : M. Antoine de Vandoeuvre, M. de Sarrazin, M. Chastel. En 1857, l'hôtel de M. de Sarrazin (n° 11, corps A) devient pensionnat pour jeunes filles sous la direction de Mlle Mersey, puis, à partir de 1889, externat de l'école dite Institution Sainte-Rose administrée par la congrégation du Tiers-Ordre régulier et enseignant des dominicaines (congrégation fondée en 1853 à Nancy, boulevard de Strasbourg : IA54003321) dirigée par soeur Marie-Rose. Une chapelle est aménagée dans une pièce du 1er étage (IA54003319). A la fin du 19e siècle (vers 1899), l'école prend possession de l'hôtel voisin de M. Chastel (n° 13, corps B). Des travaux importants ont lieu en 1910-1911 sous la direction de l'architecte nancéien Pierre Le Bourgeois (1879-1971) : le corps B est prolongé jusqu'à la rue des Tiercelins (C1) en remplacement d'annexes couvertes en appentis, le bâtiment en fond de cour (sur la rue Drouin) est détruit, une nouvelle construction, dans laquelle est aménagée une salle des fêtes (IA54003320), s'élève sur la rue des Tiercelins jusqu'à la rue Drouin (C2). En 1935, l'établissement scolaire agrandit son emprise en s'adjoignant l'hôtel mitoyen de gauche, l'ancien hôtel du comte de Nittis (n° 9, corps E, F, G) ; la jonction avec le corps A est assurée par le percement de portes intérieures, en extrémité des couloirs à chaque étage. En 1942, l'architecte Jules Criqui réalise des aménagements intérieurs (dont une série de chambres au 2e étage des corps A et B) dans l'ensemble des bâtiments. En 1961, l'établissement prend le nom d'institut Saint-Dominique, comprenant école primaire, collège et lycée, ce dernier quitte le bâtiment en 1994 pour s'installer dans de nouveaux locaux construits à proximité, au 21 rue de la Primatiale (BD 246), à l'emplacement de l'entreprise de transport "Les Rapides de Lorraine" (entrepôt, parc de stationnement, bureaux). En 2010 un nouveau corps de bâtiment (corps D) est construit en partie sur la grande cour, sa liaison avec l'aile en retour (corps H) datant du 18e siècle se fait par une galerie couverte d'une verrière, laissant l'ancienne façade apparente. Une plaque en marbre gravée fut apposée sur la façade en 1958 par la ville de Nancy en souvenir de Charles de Foucauld qui vécut au n° 13 (corps B) entre 1871 et 1876 ; elle porte l'inscription suivante : Avant de devenir l'ermite illustre du Sahara / l'apôtre des Touareg / Charles de Foucauld / a vécu en cette maison / quelques années de sa jeunesse / Août 1871-Octobre 1876 / Hommage de la ville de Nancy. La chapelle, convertie en 1993 en bibliothèque-centre de documentation et d'information, est transférée dans le sous-sol avant d'être aménagée en 2012 dans deux pièces au premier étage du corps B.

Période(s) Principale : 1ère moitié 18e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Secondaire : milieu 20e siècle
Secondaire : 4e quart 20e siècle
Dates 1910, daté par source
Auteur(s) Auteur : Le Bourgeois Pierre,
Pierre Le Bourgeois (1879 - 1971)

Pierre Le Bourgeois (Dieppe 1879-Paris 1971) fit ses études à l'Ecole Nationale des Beaux Arts. Il entreprit deux voyages d'étude au Mexique et aux Etats-Unis. Sa carrière s'est déroulée en deux phases, la première en Meurthe-et-Moselle, la seconde à Paris. Son oeuvre a fait l'objet d'une étude par Patrick Dieudonné, chercheur au L.H.A.C. (laboratoire d'histoire de l'architecture contemporaine) et d'une maîtrise d'histoire de l'art soutenu à l'Universite de Nancy II par Alexia Battistin en 1998. Le résultat de ces travaux est publié sous la forme de divers articles parus dans le Pays Lorrain et des revues spécialisées en histoire de l'architecture. Il en ressort que : "même si l'architecture de l'art déco nancéien n'est pas aussi riche de particularités régionales que celle de l'Art Nouveau, on doitaux années 1925 quelques édifices aussi importants qu'ils sont peu spectaculaires. L'oeuvre de Pierre Le Bourgeois, l'une des moins tapageuses de l'entre deux-guerres, en est l'un des meilleurs exemples"(P. Dieudonné). Au double héritage de l'Art Nouveau et du rationalisme, l'architecte a ajouté une composante classiciste, lisible dans le plan et l'organisation des façades d'un certain nombre de ses oeuvres. Il travailla avec Jean Prouvé, Jean Bourgon, Louis-Hippolyte Boileau... pour quelques bâtiments particulièrement importants : le Pavillon de Nancy à l'exposition internationale des Arts Décoratifs à Paris (1925, aujourd'hui détruit), le Palais de la bière à Nancy (1926, dont l'intérieur est détruit), les grands moulins Vilgrain à Nancy (1928-1929), les Magasins Réunis à Nancy (1928)...Il se présenta à quelques grands concours : en 1922 pour un gratte-ciel de Chicago où il fut le seul projet français primé (mais non retenu), en 1927 pour le Palais de la Société des Nations et en 1930 à Paris pour des immeubles de rapport.

L'activité de Pierre Le Bourgeois dans le Pays-Haut, essentiellement dans le cadre de la Reconstruction après les destructions de la première guerre mondiale a fait l'objet d'une présentation rapide dans l'image du patrimoine n° 93 " le Pays de Longwy" par Marie-France Jacops, Jacques Guillaume et Pascal Thiébaut. Un projet de reconstruction de la ville haute fut présenté en 1920-1921,résultat d'un travail commun de Le Bourgeois et de Louis-Hippolyte Boileau, futur architecte du Trocadero (1).Le parti rayonnant pourrait bien puiser sa source dans l'œuvre de Joseph Stubben (cf. plan des quartiers dit allemands de Thionville). En 1923, Pierre Le Bourgeois s'associa avec un architecte local , Jean Zimmermann (1891 - ?) et tous deux devinrent architectes municipaux de la ville de Longwy. Ils construisirent des équipements scolaires et sportifs, un hôtel de ville, des cités ouvrières et des églises. Pour les établissements industriels, Pierre Le Bourgeois édifia la cité-jardin d'Heumont à Rehon, des villas destinées aux ingénieurs à Longwy et les bureaux de la société Senelle-Maubeuge à Herserange. Pour tous ces bâtiments, il abandonna le décor, accentua la géométrisation des formes et leur simplication en jouant sur l'agencement des volumes, sur un rythme ternaire tout en respectant le principe d'une stricte symétrie. Selon les moyens fournis par le commanditaire, les matériaux choisis donnent une allure austère parfois même quasi empreinte de pauvreté. Mais quand le budget permettait davantage d'aisance, comme à Herserange pour Senelle-Maubeuge, Pierre le Bourgeois n'hésita pas à utiliser des matériaux plus nobles : Comblanchien, marbre, calcaire marbrier (provenant de Bourgogne comme à Senelle), pierre d'Euville (église Saint-Eloi à Rehon) ferronnerie... dont il soigna la mise oeuvre soulignée par des effets de surface. Pour les églises, il puisa parfois son inspiration dans l'architecture romane (ex. Saint-Pirmin de Cutry) ou tint à respecter l'organisation habituelle des volumes dans les églises lorraines (vaisseau unique, tour hors oeuvre en façade, choeur polygonal... comme à l'église de la Nativité de la Vierge à Hussigny). Il utilisa le béton, en voile de béton armé pour le voûtement des églises (1924 : Hussigny ) en pieux de béton armé (système Frankignoul pour le groupe scolaire de Longwy). On signalera enfin, cas un peu particulier- la construction dans les années 1925-1930 d'une villa d'ingénieur inspiré des réalisations de Mallet-Stevens (emboîtement des volumes géométriques, lignesépurées, toitures en terrasse...) où la seule référence à l'Art déco apparaît dans le décor des allèges des fenêtres.


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architecte, attribution par source
Auteur : Criqui Jules,
Jules Criqui (1883 - 1851)

Jules Criqui, né en 1883 et décédé en 1951, est architecte diplômé de l'École des Beaux-Arts de Nancy et de l'École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris.


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architecte, attribution par source
Personnalité : Foucauld Charles de, habitant célèbre, attribution par source

Ensemble de trois hôtels construits sur des parcelles traversantes entre la rue du Manège et la rue Drouin, reliés entre eux à chaque niveau par un couloir traversant. Les corps de bâtiments principaux (A, B et E) sont à l'alignement sur la rue du Manège, l'arrière des parcelles étant occupée par des corps secondaires (D, F, G et H) et des espaces de cours (et d'anciens jardins). Les deux premiers hôtels (corps E et A) présentent le même parti d'élévation sur rue : fenêtres à linteau segmentaire et crossettes défendues par des grilles en rez-de-chaussée, fenêtres à linteau droit et crossettes au premier étage, et fenêtres à linteau segmentaire à l'étage de comble. Tous deux possèdent un porche traversant (celui du corps A abritant les espaces d'accueil de l'école) desservant la cage d'escalier principale. Le troisième hôtel (corps B), dont les fenêtres sont à linteau droit orné d'une agrafe rocaille et chambranle en bandeau à ressauts, est doté d'une porte bâtarde qui dessert directement la cage d'escalier. Un corps en retour sur la rue des Tiercelins (C1 et C2) abrite une salle des fêtes actuellement convertie en salle de sport (IA54003320). Les corps D et H en retour sur l'arrière du corps A abritent des salles de classe ; ils sont séparés par une galerie de circulation sur laquelle ouvre la façade du corps H, dotée de fenêtres à linteau segmentaire et crossettes. Les corps F et G sur l'arrière du corps E (le premier en aile et le second à l'alignement sur la rue Drouin) accueillent également des salles de classe ; le corps F possède quelques fenêtres à linteau segmentaire au premier étage. Les trois escaliers des corps de bâtiment principaux présentent la même structure : escalier en maçonnerie à retours à jour sur mur d'échiffre, avec repos, desservant uniquement le premier étage. Seuls les garde-corps diffèrent dans leur dessin : pour le corps E, répétition d'éléments oblongs reliés par des colliers ornés de feuillages dorés, pour le corps A structure semblable sans ornement feuillagé, pour le corps B panneaux à motifs de volutes. Les escaliers E et B possèdent un dallage en pierre de taille (orné de cabochons ronds en pierre noire pour le corps B, dalles hexagonales sur le palier du premier étage de l'escalier E) et une rosace de plafond ; l'escalier E est éclairé par des fenêtres fermées de vitraux colorés à motifs géométriques. Le corps E possède une enfilade de quatre pièces décorées sur la rue du Manège, ainsi qu'une pièce formant vestibule sur la cour (étudiées dans la base Palissy IM54014457, IM54014459, IM54014461, IM54014463 et IM54014465). L'ancienne chapelle, installée dans le corps A sur rue, occupe la hauteur du premier étage et de l'étage de comble (IA54003319). Les trois hôtels possèdent encore quelques éléments de décor du 18e siècle et du 19e siècle (étudiés dans la base Palissy IM54014472).

Murs calcaire moellon enduit
Toit tuile mécanique
Étages sous-sol, rez-de-chaussée, 2 étages carrés
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie
Statut de la propriété propriété privée
Sites de protection secteur sauvegardé

Références documentaires

Documents d'archives
  • Etat des maisons de la ville et faubourgs de Nancy par paroisses, rues et numéros, Nancy : Thomas et fils, 1767

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy : CF
  • Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy. Cote : 50 J1 62 (Dominicaines de Sainte-Rose)

    Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy : 50 J1 62
Documents figurés
  • Souvenir de l'Externat Ste Rose 1889-1903. Levallois, Paris (éditeur)

    collection particulière : consentement ?
Bibliographie
  • MARTIN, Eugène. Histoire des diocèses de Toul, de Nancy et de Saint-Dié : 3- du démembrement en trois diocèses à la modification des circonscriptions diocésaines après la guerre franco-allemande. Nancy : Crépin-Leblond, 1903. 605 p., ill.

    p. 385-386, 470-471 Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy : L HIST-REL
  • BATTISTIN, Alexia. Pierre Le Bourgeois architecte (1879-1971). [S.l.] : [s.n.], 1998. 2 t., 190 + 136 p., ill., plans. Mém. maîtrise : Hist. Art : Nancy 2 : 1998.

    tome I, p. 94
  • MONTACIE, Jean, MOULIN, François. Nos écoles de Nancy. Nancy : Ed. Renaudot, 2011. 253 p., ill., plans.

    p. 199 Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy : C NAN

Liens web

(c) Région Lorraine - Inventaire général ; (c) Communauté urbaine du Grand Nancy ; (c) Ville de Nancy - Tronquart Martine
Martine Tronquart

Chercheur au Service Régional de l'Inventaire du Patrimoine Culturel, site de Nancy.


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- Vaxelaire Yann
Yann Vaxelaire

Architecte du patrimoine à la ville de Nancy. A participé à l'étude menée par le Service de l'Inventaire général du Patrimoine sur la ville de Nancy.


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