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Dossier d'opération : inventaire du patrimoine juif lorrain

Dossier IA57030091 réalisé en 2007

Fiche

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De 1966 à 2006, le patrimoine juif a été pris en compte dans le cadre des opérations topographiques sans recherche spécifique. Seules les synagogues d’Etain et de Saint-Mihiel dans la Meuse, de Bitche, Buding, Cattenom et Thionville en Moselle et de Lunéville ont été recensées. Le mobilier, à l'exception de celui de la synagogue de Lunéville (étude topographique, 1990 : Martine Tronquart), n'a généralement ni été recherché ni étudié.

Le nombre d’édifices protégés au titre des Monuments historiques était légèrement supérieur : Lunéville (CLMH 1980), Nancy (IMH 1984), Delme (1984), Ennery (1984), Metz (IMH 1984), Sarrebourg (IMH 1984), Bruyères (IMH 1991), Toul (IMH 1996), Phalsbourg (IMH 1996) et Verdun (CLMH 2002). L’extension de protection concernant ce dernier édifice s’est faite à la suite d’une étude monographique de l’Inventaire avec dépouillement d’archives (étude Mireille Bénédicte Bouvet). Un certain nombres d’objets ont été protégés au titre des Monuments historiques, surtout à des fins de sauvegarde sans qu’un corpus de référence ne soit mis en place : Verdun (coupe de sanctification, lampe de Hanouca, plaque de Torah, main de lecture, deux paires de Rimonim CLMH en 1998), Metz (boite à aromates, lampe de Hanouca, 1 main de lecture, IMH en 2000, complété par 2 rideaux d’arche sainte, aiguière, aiguière de circoncision, 2 coupes desanctification, 1 gobelet de purification, chandelier de synagogue, 2 mains de lecture, 3 plaques de Torah, 8 paires de rimonim CLMH en 2004), Etain (lumière perpétuelle, quatre lustres IMH en 2004).

A partir de 2004 s’est posée la question du devenir des synagogues en cours de désaffectation,tant de l’édifice lui-même que des objets qui y étaient conservés. Le consistoire de la Moselle avait mis en place une politique de dépôt des objets dans ses locaux ou, selon les cas, au Musée de la Cour d’Or à Metz. L’un des membres, Henri Schumann, assurait outre la surveillance des objets lors des fermetures des synagogues, les recherches historiques sur les communautés. Le service de l’Inventaire général était régulièrement sollicité et se heurtait dans sa réflexion à une absence de vision d’ensemble et surtout de corpus.

L’aire d’étude « patrimoine juif » a été ouverte en 2006 (responsable : Claire Decomps). L’accent a été mis sur le patrimoine qui courait le plus de risque de disparition : les objets et en particulier les mappoth et les livres mais aussi les synagogues désaffectées. Quelques cimetières ont été traités : Frauenberg dans le cadre de la protection au titre des MH, Créhange pour un projet malheureusement sans suite de protection, Saint-Avold dans le cadre d’un stage en 2010 (Hélène Koenig sous la direction de Martine Tronquart), Blamont également dans le cadre d’un stage (direction Annette Laumon en 2011). Une opération archéologique à Metz a associé Claire Decomps à l’étude de la structure fouillée (bains rituels) et des objets du dépotoir (vaisselle).

La méthodologie de recherche mise en place s’est développée sur plusieurs axes

1. La constitution d’une base documentaire à partir du dépouillement systématique de la bibliographie, des archives des communautés, des archives communales, des archives départementales et des archives nationales ;

2. L’élaboration d’un tableau de recensement mentionnant tous les édifices (synagogues, bains rituels, écoles,centre communautaire, oratoires, cimetières…) ayant existé avec mention des dates, sources et descriptifs ;

3. L’élaboration d'une cartographie permettant de comprendre les évolutions spatiales et chronologiques ;

4. L’élargissement du corpus de comparaison par le dépouillement de la bibliographie, des bases de données et des catalogues d’exposition français, européens, israéliens et américains ;

5. Le recensement systématique des objets dans les synagogues étudiées, y compris des genizoth avec une vigilance particulière pour les écrits en raison d’une part de l’importance de l’étude dans le judaïsme, d’autre part des impressions lorraines et plus particulièrement messines ;

6. Le relevé systématique des inscriptions en hébreu et leur traduction ;

7. La prise de vue par le chercheur, complétée pour les pièces les plus significative par des prises de vue professionnelles (campagne à compléter) ;

8. L’enquête orale auprès des communautés ;

Une grille de questions a pu être définie selon les critères suivants :

1. Pour l'architecture :

- localisation de l'édifice dans l'espace urbain (périphérie, fond de parcelle…) ;

- modèle architectural et stylistique ;

- référence stylistique (orientalisme, néo-classicisme …) ;

- organisation de l’espace (arche sainte, vestibule, tribune …) ;

- identification des influences culturelles : askhénase, sépharade, polonaise … ;

- Architecte et condition de la réalisation (autorisation, financement …)

2. Pour les cimetières :

- organisation de l’espace dans le cimetière ;

- matériaux, forme des stèles ;

- langue et typologie des inscriptions, typologie des décors.

3. Pour les bains rituels :

- vérification de la fonction, organisation, localisation.

4. Pour les objets :

- prise en compte des ouvrages imprimés ou manuscrit

- disposition du mobilier :

- emplacement de l’estrade de lecture …

- présence /absence d’un orgue, d’un harmonium, d’une chaire à prêcher, de vitraux …

- prise en compte de tous les objets présents en distinguant ceux qui sont liés au culte synagogal, ceux qui relèvent de la Genizah, ceux qui relèvent de la pratique domestique mais sont déposés à la synagogue ...

De ces questionnements systématiques, il ressort que chaque édifice fait a minima l'objet d'un dossier architecture, le plus souvent d'un dossier "ensemble du mobilier" et, si nécessaire, d’un ou plusieurs dossiers objets afin d'offrir aux chercheurs un corpus fourni. Les indications issues des enquêtes orales ou les dépouillements d'archives sont systématiquement reportées dans les dossiers.

Le résultat de l’enquête a fait l’objet de plusieurs articles monographiques publiées dans lors d’actes de colloques (avec le Musée d’histoire et d’art du judaïsme) ou dans les périodiques régionaux, d’une exposition bénéficiant du label « exposition d’intérêt national » au Musée lorrain à Nancy en 2009 accompagnée d’un catalogue faisant référence, de deux expositions présentées à Metz sur l’histoire du judaïsme lorrain et sur les impressions hébraïques messines. Les notices sont mises en ligne par lots progressifs à partir de l’automne 2019. Certaines synagogues et les cimetières feront l’objet de compléments ultérieurs.

Au fur et à mesure que l’étude thématique progressait, plusieurs synagogues ont été protégées au titre des Monuments historiques : Maizières-les-Vic (ISMH 2009 étendu en 2012), Bar-le-Duc (ISMH 2013), Pont-à-Mousson (ISMH 2014). L’établissement d’un corpus d’objets a permis d’étendre les protections des objets à Lunéville, Nancy, Toul et Sarrebourg. Un seul cimetière est protégé, celui de Frauenberg (IMH 2013).

Aires d'études Région Lorraine
Adresse Commune : Lorraine
(c) Région Lorraine - Inventaire général - Decomps Claire
Claire Decomps

conservateur en chef du patrimoine, chercheur en Lorraine de 1994 à 2018 puis responsable de la conservation du musée d’art et d’histoire du Judaïsme à Paris.


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- Bouvet Mireille-Bénédicte
Mireille-Bénédicte Bouvet

Conservateur régional à l'Inventaire général Lorraine depuis 1995, Grand Est depuis 2018


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