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brasserie (restaurant) et hôtel de voyageurs dit le Palais de la Bière

Dossier IA54003416 réalisé en 2017

Fiche

Œuvres contenues

Appellations Palais de la Bière
Parties constituantes non étudiées café
Dénominations brasserie (restaurant), hôtel de voyageurs
Aire d'étude et canton Nancy
Adresse Commune : Nancy
Adresse : 48, 50 rue Saint-Jean , 8 rue Bénit
Cadastre : 1972 BY 262 ; 2008 BY 262

Édifice construit entre 1924 et 1926 par l'architecte Pierre Le Bourgeois pour la Société immobilière de Champigneulles, filiale de la Société des Grandes Brasseries de Champigneulles, sur un terrain ayant été libéré lors d'un bombardement de la 1ère Guerre mondiale. Élevé sur les 2 rues Saint-Jean et Bénit, l'édifice comprenait restaurant et brasserie ouvert sur la rue Saint-Jean : restaurant au sous-sol et brasserie au rez-de-chaussée sur 2 niveaux, le niveau supérieur formant mezzanine ; les étages, desservis par un ascenseur, étaient occupés par des bureaux et un hôtel de voyageurs de 75 chambres dont l'accès se faisait rue Bénit. Les plans définitifs datent de décembre 1924, l'inauguration a lieu le 23 décembre 1926. Le gros-oeuvre est réalisé par l'entreprise Evrard, la charpente métallique par l'entreprise Pantz. L'aménagement et le décor intérieur furent réalisés par les ferronniers Zimmermann (marquise) et Jean Prouvé (équipement de la brasserie, porte, garde-corps de la mezzanine, lanterneau central, porte-manteau, porte-plateau, luminaire, rampe d'escalier), le mosaïste Daeschler, le peintre Gaston Ventrillon dit Ventrillon le Jeune qui réalise six grands panneaux dans la salle de restaurant (à l'entrée) ; cet ensemble a entièrement disparu à l'exception de la rampe d'escalier et des garde-corps de la rue Bénit (IM54014873). Georges Janin réalise une verrière représentant Saint Arnould ; ce vitrail qui se trouvait dans le fond de la salle est déposé à la conservation des musées de la Meuse, au Musée du Clos Poincaré à Sampigny (Meuse, cf. IM55001979). Le décor stuqué est l'oeuvre de Jean-Louis Burtin et Malot, la dorure (éléments intérieurs) du doreur Horel. La devanture était en acajou massif. Le bâtiment a été fortement dénaturé. Une tapisserie fut réalisée dans les années 1950 par Camille Hilaire (1916-2004) pour le bâtiment, elle est aujourd'hui déposée au Conseil général de Meurthe-et-Moselle. Le bâtiment abrite en 1975 un nouveau café, la Taverne de Maître Kanter, puis une banque toujours en activité (rue Saint-Jean) et des bureaux (rue Bénit).

Parties déplacées à Commune : Sampigny
Période(s) Principale : 1er quart 20e siècle
Dates 1924, daté par source
Auteur(s) Auteur : Le Bourgeois Pierre,
Pierre Le Bourgeois (1879 - 1971)

Pierre Le Bourgeois (Dieppe 1879-Paris 1971) fit ses études à l'Ecole Nationale des Beaux Arts. Il entreprit deux voyages d'étude au Mexique et aux Etats-Unis. Sa carrière s'est déroulée en deux phases, la première en Meurthe-et-Moselle, la seconde à Paris. Son oeuvre a fait l'objet d'une étude par Patrick Dieudonné, chercheur au L.H.A.C. (laboratoire d'histoire de l'architecture contemporaine) et d'une maîtrise d'histoire de l'art soutenu à l'Universite de Nancy II par Alexia Battistin en 1998. Le résultat de ces travaux est publié sous la forme de divers articles parus dans le Pays Lorrain et des revues spécialisées en histoire de l'architecture. Il en ressort que : "même si l'architecture de l'art déco nancéien n'est pas aussi riche de particularités régionales que celle de l'Art Nouveau, on doitaux années 1925 quelques édifices aussi importants qu'ils sont peu spectaculaires. L'oeuvre de Pierre Le Bourgeois, l'une des moins tapageuses de l'entre deux-guerres, en est l'un des meilleurs exemples"(P. Dieudonné). Au double héritage de l'Art Nouveau et du rationalisme, l'architecte a ajouté une composante classiciste, lisible dans le plan et l'organisation des façades d'un certain nombre de ses oeuvres. Il travailla avec Jean Prouvé, Jean Bourgon, Louis-Hippolyte Boileau... pour quelques bâtiments particulièrement importants : le Pavillon de Nancy à l'exposition internationale des Arts Décoratifs à Paris (1925, aujourd'hui détruit), le Palais de la bière à Nancy (1926, dont l'intérieur est détruit), les grands moulins Vilgrain à Nancy (1928-1929), les Magasins Réunis à Nancy (1928)...Il se présenta à quelques grands concours : en 1922 pour un gratte-ciel de Chicago où il fut le seul projet français primé (mais non retenu), en 1927 pour le Palais de la Société des Nations et en 1930 à Paris pour des immeubles de rapport.

L'activité de Pierre Le Bourgeois dans le Pays-Haut, essentiellement dans le cadre de la Reconstruction après les destructions de la première guerre mondiale a fait l'objet d'une présentation rapide dans l'image du patrimoine n° 93 " le Pays de Longwy" par Marie-France Jacops, Jacques Guillaume et Pascal Thiébaut. Un projet de reconstruction de la ville haute fut présenté en 1920-1921,résultat d'un travail commun de Le Bourgeois et de Louis-Hippolyte Boileau, futur architecte du Trocadero (1).Le parti rayonnant pourrait bien puiser sa source dans l'œuvre de Joseph Stubben (cf. plan des quartiers dit allemands de Thionville). En 1923, Pierre Le Bourgeois s'associa avec un architecte local , Jean Zimmermann (1891 - ?) et tous deux devinrent architectes municipaux de la ville de Longwy. Ils construisirent des équipements scolaires et sportifs, un hôtel de ville, des cités ouvrières et des églises. Pour les établissements industriels, Pierre Le Bourgeois édifia la cité-jardin d'Heumont à Rehon, des villas destinées aux ingénieurs à Longwy et les bureaux de la société Senelle-Maubeuge à Herserange. Pour tous ces bâtiments, il abandonna le décor, accentua la géométrisation des formes et leur simplication en jouant sur l'agencement des volumes, sur un rythme ternaire tout en respectant le principe d'une stricte symétrie. Selon les moyens fournis par le commanditaire, les matériaux choisis donnent une allure austère parfois même quasi empreinte de pauvreté. Mais quand le budget permettait davantage d'aisance, comme à Herserange pour Senelle-Maubeuge, Pierre le Bourgeois n'hésita pas à utiliser des matériaux plus nobles : Comblanchien, marbre, calcaire marbrier (provenant de Bourgogne comme à Senelle), pierre d'Euville (église Saint-Eloi à Rehon) ferronnerie... dont il soigna la mise oeuvre soulignée par des effets de surface. Pour les églises, il puisa parfois son inspiration dans l'architecture romane (ex. Saint-Pirmin de Cutry) ou tint à respecter l'organisation habituelle des volumes dans les églises lorraines (vaisseau unique, tour hors oeuvre en façade, choeur polygonal... comme à l'église de la Nativité de la Vierge à Hussigny). Il utilisa le béton, en voile de béton armé pour le voûtement des églises (1924 : Hussigny ) en pieux de béton armé (système Frankignoul pour le groupe scolaire de Longwy). On signalera enfin, cas un peu particulier- la construction dans les années 1925-1930 d'une villa d'ingénieur inspiré des réalisations de Mallet-Stevens (emboîtement des volumes géométriques, lignesépurées, toitures en terrasse...) où la seule référence à l'Art déco apparaît dans le décor des allèges des fenêtres.


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architecte, signature, attribution par source
Auteur : Evrard C, entrepreneur, attribution par source
Auteur : Prouvé Jean, ferronnier, attribution par source
Auteur : Zimmermann, ferronnier, attribution par source
Auteur : Janin Georges,
Georges Janin (1884 - 1955)

Maitre verrier et peintre, il est né à Woippy (57) en 1884 et décède à Nancy en 1955. Sa famille rejoint Nancy après sa naissance. Dès 1905 il suit une formation auprès de l'École des beaux-arts de Nancy et de son père Joseph lui aussi Maître verrier.Après avoir travaillé dans l'atelier de son père, il ouvre le sien propre en 1909 et fournit de nombreux vitraux dans la ville de Nancy.Par ailleurs, il mène de front une activité de peintre et aquarelliste paysagiste. En 1912 Georges Janin s'associe à Joseph Benoît, ancien collaborateur de son père. L'association dure jusqu'en 1921. Les collaborations aboutissent à la création des vitraux de la Basilique Notre-Dame-de-Lourdes de Nancy et de la Basilique du Sacré-Cœur de Nancy. Georges Janin meurt à Nancy le 7 juillet 1955.


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peintre-verrier, attribution par source
Auteur : Daeschler, mosaïste, attribution par source
Auteur : Burtin Jean-Louis, stucateur, attribution par source
Auteur : Horel, doreur, attribution par source

L'édifice occupe la totalité de la parcelle, il comprend 4 corps disposés autour d'une cour centrale permettant d'éclairer zénithalement le rez-de-chaussée. Le corps principal s'élève sur la rue Saint-Jean, s'y adossent 3 autres corps, plus bas, disposés en U, dont l'un s'élève sur la rue Bénit. Les façades sont en pierre de taille calcaire. La façade sur la rue Saint-Jean compte 3 travées, 4 étages et un étage de comble. Elle est scandée par des pilastres qui s'interrompent au niveau des balcons disposés devant les baies du dernier étage, balcons en arc de cercle fermés par une balustrade en pierre à larges fûts lisses. Le décor se concentre au 4e étage, la sous-face des balcons et le mur entre les fenêtres sont entièrement sculptés en bas-relief de feuilles et fruits stylisés du houblon. La corniche est également sculptée d'un décor géométrique abstrait. La façade rue Bénit compte 8 travées à 2 étages et une travée nettement plus haute, à l'extrémité droite ; cette travée, dont la hauteur rejoint ainsi le niveau de la façade rue Saint-Jean contient l'escalier, elle porte un décor de godrons dans la partie supérieure (sous le corniche moulurée en pierre) et entre les fenêtres. Les façades sur cour sont à structure métallique, la verrière zénithale qui éclairait la salle de la brasserie et initialement composée d'une structure métallique est aujourd'hui en pavé de verre porté par une structure en béton.

Murs calcaire pierre de taille
Toit tuile mécanique, ardoise, métal en couverture
Étages rez-de-chaussée, 4 étages carrés, étage de comble
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie
Techniques sculpture
ferronnerie
vitrail
peinture
Représentations houblon godron
Statut de la propriété propriété privée
Sites de protection secteur sauvegardé

Références documentaires

Bibliographie
  • BATTISTIN, Alexia. Pierre Le Bourgeois architecte (1879-1971). [S.l.] : [s.n.], 1998. 2 t., 190 + 136 p., ill., plans. Mém. maîtrise : Hist. Art : Nancy 2 : 1998.

  • ARCHIVES MODERNES DE L'ARCHITECTURE LORRAINE. Jean Prouvé en Lorraine / réd. Catherine Coley, collab. Frédéric Pottecher, Henri Claude. Nancy : AMAL : Presses universitaires de Nancy, 1990. 104 p., ill. (Oeuvres d'architecte ; 3)

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy : A PRO
  • Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, Le Vitrail en Lorraine du XIIe au XXe siècle, Metz : Ed. Serpenoise, Pont-à-Mousson, Centre Culturel des Prémontrés, 1983, 439p., ill., cartes, pp. 146-147, 213

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy : L VITR
  • Sulzer Peter, Jean Prouvé oeuvre complète, Birkhaüser, 2009.

    tome 1, p. 48-51
Périodiques
  • L'immeuble et la construction dans l'Est

    n° 18, 03/05/1925
(c) Région Lorraine - Inventaire général ; (c) Communauté urbaine du Grand Nancy ; (c) Ville de Nancy ; (c) Ecole nationale supérieure d'architecture de Nancy - Marseille Gilles - Tronquart Martine
Martine Tronquart

Chercheur au Service Régional de l'Inventaire du Patrimoine Culturel, site de Nancy.


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- Vaxelaire Yann
Yann Vaxelaire

Architecte du patrimoine à la ville de Nancy. A participé à l'étude menée par le Service de l'Inventaire général du Patrimoine sur la ville de Nancy.


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