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bassins - pédiluves des Vosges

Dossier IA88030901 réalisé en 2016

Fiche

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La quasi-totalité des villages de la plaine des Vosges possédaient un bassin pédiluve pour baigner les chevaux, les nettoyer et les rafraîchir après les travaux des champs. Ce bassin pouvait aussi servir pour les bovins, nettoyer la laine des moutons avant la tonte, voire d'étang pour les oies et canards, et surtout de réservoir d'eau en cas d'incendie.

Ces bassins sont désignés sous différentes dénominations : gué, gayoir, guéoir, guévoir, guayoir, gayevoir, égayoir, aiguayoir, réservoir, baignoir…

Carte de répartition des égayoirs relevés dans les Vosges.Carte de répartition des égayoirs relevés dans les Vosges.

Sur les 91 égayoirs repérés, celui de Plombières-les-Bains est atypique de part sa proximité avec le massif des Vosges qui est dépourvu de ce type d'équipement. Cette répartition géographique reflète les différents types agricoles : agriculture dans la plaine et élevages bovin et ovin dans la Vôge, le piémont et le massif. Le gayoir de Plombières s'explique probablement par le fait qu'il soit destiné à accueillir les chevaux servant au transport des curistes. Aucun pédiluve n'a été identifié en lien spécifique avec les relais de postes, commanderies ou haras ou le chemin de hallage du canal des Vosges.

Le gayoir de Plombières est également celui dont la mention est la plus ancienne : Dom Calmet publie un plan de la ville de 1747 (gravure de Quirin Fonbonne) dans son "Traité historique des eaux de Plombières". Les bassins sont souvent antérieurs, car le cheval de trait est traditionnellement employé en Lorraine.

Il semble que les plus anciens égayoirs utilisaient un méandre ou un élargissement d'un ruisseau adapté, dont les abords étaient alors pavés. Des bassins peuvent aussi avoir été établis suivant une forme plutôt rectangulaire, souvent irrégulière, en fonction des dénivellations du terrain. Ils sont généralement composés de 2 ou 3 murs de soutènements en pierre de taille et d'un pan incliné pavé.

Les archives communales commencent à rendre compte de leur entretien ou de leur reconstruction à partir de 1790 à Romont, et surtout entre 1820 et 1870.

Evolution du nombre de constructions ou réparartions d'égayoirs relevées dans les VosgesEvolution du nombre de constructions ou réparartions d'égayoirs relevées dans les Vosges

A cette époque, les architectes paraissent opter plutôt pour des formes hémicirculaires ou en fer à cheval, avec une ou deux entrées. Cette forme présente plusieurs avantages. La structure en pierre de taille renforcée de moellons résiste mieux à la pression des talus et aux mouvements de l'eau, limitant ainsi les déformations et les fuites. La forme en arc de cercle, permet également de créer un sens de circulation des animaux semblable à un manège, favorisant ainsi le renouvellement des eaux qui ont tendance à stagner dans le fond du bassin. Les configurations sont variées, les hommes d'art tentant de trouver les formes les plus adaptées. On dénombre aujourd’hui autant d'égayoirs rectangulaires qu'en forme de fer à cheval. Celui de Martigny-les-Bains au début du 20e siècle est même de forme circulaire.

Bassin égayoir de La Vacheresse, vue d'ensemble depuis l'est.Bassin égayoir de La Vacheresse, vue d'ensemble depuis l'est. Carte présentant les différentes typologies d'égayoirs relevés dans les Vosges.Carte présentant les différentes typologies d'égayoirs relevés dans les Vosges.Plans et coupes du lavoir et du gueyoir de Brechainville, dressés par Mathey architecte en 1819 (sources AD88 - 2O77/10)Plans et coupes du lavoir et du gueyoir de Brechainville, dressés par Mathey architecte en 1819 (sources AD88 - 2O77/10)

Si la plupart des égayoirs font environ une dizaine de mètres de long, pour 5 à 8 mètres de large, les dimensions parfois impressionnantes (plus de 20 mètres) sont représentatives de la forte population équine de l'époque. La profondeur maximale de l'eau est environ d'1m à 1,50m.

L'égayoir est avant tout un ouvrage utilitaire, sans ornement. La structure en pierre de taille est préférée pour ses caractéristiques techniques plus qu'esthétiques. Seul celui de Courcelles-sous-Châtenois se pare d'une date de fondation (1838).

Les architectes du 19e siècle apportent aussi des éléments techniques facilitant l'alimentation, l'entretien et la salubrité des bassins. Un orifice est établi sous la margelle supérieure pour évacuer le trop-plein vers le canal de décharge. Afin de permettre la vidange du bassin et le nettoyage de la vase accumulée, une vanne de bois coulissant dans une glissière peut être installée (La-Vacheresse-et-La-Rouillie). On peut aussi prévoir une bonde au fond du sol pavé avec une conduite souterraine. Celle de Certilleux (1801) est munie d'un bouchon de bois avec anneaux de fer (AD88 - 2O87/9).

Les égayoirs peuvent être alimentés par une prise d'eau sur la rivière ou la captation d'une source. Dans ce cas, ils ne sont pas isolés. Ils s’insèrent en aval d'un système rassemblant au même endroit différents usages, l'eau passant d'abord par la fontaine, l'abreuvoir et le lavoir. L'égayoir est souvent situé dans la partie basse du village mais il a parfois été éloigné du centre et placé en périphérie afin d'éviter plusieurs inconvénients : la présence d'eaux stagnantes, malsaines au centre-bourg, les risques de noyade des enfants et les risques d'accident dus au regroupement d'animaux près des lavandières et des habitants.

L'égayoir le plus récent a été établi en 1905 à Ortoncourt mais ce type d'ouvrage perd sa principale fonction au moment de la mécanisation de l'agriculture. Certains bassins servent encore de réservoir en cas d'incendie mais la grande majorité a été vidée, comblée voire détruite pour éviter tout entretien et accident.

Pédiluve d'Ortoncourt, vue d'ensemble de l'égayoir.Pédiluve d'Ortoncourt, vue d'ensemble de l'égayoir.

Tableau de recensement des égayoirs dans les VosgesTableau de recensement des égayoirs dans les Vosges

Aires d'études Vosges
Dénominations bassin, réservoir
Adresse
Période(s) Principale : 2e quart 18e siècle, 4e quart 18e siècle, 19e siècle, 1ère moitié 20e siècle , daté par source
Typologies égayoir en fer à cheval, égayoir rectangulaire, égayoir circulaire, égayoir au fil de l'eau
Murs calcaire moellon
calcaire pierre de taille
Décompte des œuvres nombre d'oeuvres reperées 91
nombre d'oeuvres étudiées 17

Références documentaires

Périodiques
  • Parisse, Bernard. "En Meuse, Les égayoirs". Villages lorrains, n°100. 2002

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
(c) Région Lorraine - Inventaire général ; (c) Conseil départemental des Vosges - Varvenne Vanessa