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architecture rurale du canton de Bulgnéville

Dossier IA88030857 réalisé en 2014

Fiche

Á rapprocher de

Cette étude porte sur le territoire de l'ancien canton de Bulgnéville (en vigueur jusqu'en 2014), à savoir les communes de : Aingeville, Aulnois, Auzainvilliers, Belmont-Sur-Vair, Bulgnévillen Crainvilliers, Dombrot-sur-Vair, Grendreville, Hagnéville-et-Roncourt, Malaincourt, Mandres-sur-Vair, Médonville, Morville, Norroy, Parey-sous-Montfort, Saint-Ouen-lès-Parey, Saint-Remimont, Saulxures-lès-Bulgnéville, Sauville, Suriauville, Urville, La Vacheresse-et-la-Rouillie, Vaudoncourt et Vrécourt. 939 anciennes fermes, maisons de manouvriers, et annexes y ont été repérés et 158 étudiés, soit une art de 16.8%.

1. L'organisation des fermes

1.1 L'organisation des fermes au sein du village

Les villages les plus anciens possèdent des maisons ont regroupées autour de l'Eglise et ou du château. Ces village-tas représentent la moitié des agglomérations du canton Bulgnéville. L’autre moitié correspond à des villages-rues établis aux 18e et 19e siècle. Les fermes isolées sont très rares puisque les terres gérées traditionnellement de manière collective interdisent de bâtir en dehors du village. Les écarts sont des anciens moulins pour l’essentiel.

Carte de répartition des villages-rue et des villages-tas dans le canton de BulgnévilleCarte de répartition des villages-rue et des villages-tas dans le canton de Bulgnéville

Dans les villages, la ferme bénéficie toujours d’un usoir se situant entre la façade antérieure et la rue. Il est utilisé pour entreposer le fumier, le bois et le matériel agricole. C’est aussi un espace pour manœuvrer devant les fermes qui ne possèdent pas d’issue charretière à l’arrière de la grange, et pour le transit des bêtes et récoltes. Généralement en Lorraine, les usoirs sont réputés communaux, mais à l’usage réservé des riverains, sans toutefois faire obstacle au passage. A l'inverse, dans les Vosges méridionales, les usoirs sont en majorité cadastrés au 19e siècle et appropriés par les riverains. Dans le canton de Bulgnéville, les deux modèles se côtoient, parfois même au sein de la même commune, selon la période d’établissement des quartiers.

- Usoirs non cadastrés : Aulnois, Aingeville, Dombrot-sur-Vair, Hagnéville-et-Roncourt, Morville, Suriauville, Vaudoncourt, Vrécourt.

- Usoirs cadastrés : Auzainvilliers, Belmont-Sur-Vair, Bulgnéville (sauf la rue Sainte-Anne), Crainvilliers, Gendreville, Mandres-sur-Vair (sauf faubourg Saint-Remy), Médonville, Norroy, Saint-Remimont, Saulxures-lès-Bulgnéville, Sauville, Urville.

- Usoirs cadastrés et non cadastrés selon les quartiers : Malaincourt, Parey-sous-Montfort, Saint-Ouen-lès-Parey, La Vacheresse-et-la-Rouillie.

Ils peuvent être de toutes formes et de toutes dimensions allant de quelques décimètres à 10 ou 15 mètres de large. La profondeur de l’usoir semble plus liée à la date de construction de la ferme (ferme récentes construites plus en retrait par rapport à la rue) qu’à l’importance de la ferme. Les élargissements progressifs des rues ont parfois entraîné sa disparition, notamment dans les petites rues secondaires.

Les trois quarts des anciennes fermes y sont mitoyennes au moins sur un côté et s'assemblent en îlots de quelques maisons (rarement d'un seul tenant le long d'une rue). De plus, les destructions récentes de fermes forment des "dents creuses" dans les alignements.

De manière générale, on trouve au centre du village, les maisons les plus anciennes et s’y intercalant les nombreuses fermes et les maisons de manouvriers construites au 18e siècle Puis, au 19e siècle, les fermes de plus grande taille s'installent le long de la rue principale du village, tandis que les maisons de manouvriers sont plutôt regroupées aux extrémités, formant parfois de petits quartiers comme à l'entrée nord de Parey-sous-Montfort par exemple. Les rares fermes du 20e siècle, demandant de très grandes surfaces bâties, se sont implantées en périphérie, voire de manière isolée.

Graphique de répartition de la mitoyenneté des fermes dans les cantons de BulgnévilleGraphique de répartition de la mitoyenneté des fermes dans les cantons de Bulgnéville

1.2 L'organisation interne des fermes en travées

Le canton de Bulgnéville dans le Xaintois se caractérise par des fermes dont la typologie est très proche de celle de la Lorraine centrale. Elle est variée dans sa mise en œuvre et influencée au contact des territoires voisins du pays de Neufchâteau et de la Vôge. Dans un contexte de tissu urbain peu dense, les fermes autour de Bulgnéville sont plutôt de grandes dimensions. Elles sont principalement composées de 3 travées de plan ou "rains" (46%). Ce type abrite sous un même toit l'ensemble des activités agricoles (grange, remise et étables) et le logis avec parfois un atelier ou un commerce. Les autres constructions relevées possèdent deux (27%) ou plus de quatre travées (23%). Les plus petites, à un seul logis (4%).

Graphique de répartition du nombre de travées de plan constituant les ferme du canton de BulgnévilleGraphique de répartition du nombre de travées de plan constituant les ferme du canton de BulgnévilleCarte de répartition des fermes selon le nombre de travées dans le canton de BulgnévilleCarte de répartition des fermes selon le nombre de travées dans le canton de Bulgnéville

Cette répartition en travées des espaces internes des fermes évolue dans le temps (mis en place systématique après le 17e siècle), mais surtout en fonction de l'importance de l'exploitant. Les cultivateurs possèdent ainsi des fermes à 2 ou 3 travées selon leur aisance, les riches laboureurs multiplient les travées, tandis que les plus petits bâtiments correspondent généralement à des maisons de manouvriers ou des bâtiments agricoles isolés.

2. La typologie des fermes

Le modèle de la ferme du cultivateur se décline dans des fermes plus modestes à deux travées où l'étable se retrouve à l'arrière du logis. Il est à noter que ces nombreuses petites fermes s'approchent de la typologie des maisons de manouvriers. Des formes spécifiques y sont aussi observables :

Dénombrement des principaux types de plan observés sur le canton de BulgnévilleDénombrement des principaux types de plan observés sur le canton de Bulgnéville

2.1 maison de manouvrier

Les 68 maisons de manouvriers repérées dans l'ancien du canton de Bulgnéville, témoignent de la modestie des petits propriétaires cumulant plusieurs activités pour subvenir à leur besoin. Pour ces exploitations les plus modestes, l'organisation est réduite au minimum : Le logis s'articule autour d'une cuisine, à laquelle on peut parfois ajouter une seconde pièce, le poêle, servant aussi d'atelier. Un four à pain est parfois aménagé dans la cheminée de la cuisine. Un espace agricole peut être adjoint, composé d'une petite étable derrière, voire d'une grange sur le coté, et l'ensemble est surmonté d'un grenier. Un appentis de bois peut aussi être accolé pour agrandir l'espace abrité.

Les maisons de vigneron sont établies selon un plan proche, mais avec une cave haute accessible directement depuis l'usoir pour y entreposer les fûts (cf. IA88030598). Si cette culture a progressivement disparu suite à la crise du philoxéra, les villages de Suriaville, Saint-Remimont ou Vrécourt ont conservé des architectures typiques de cette production.

Maison de manouvrier n°31 à Hagnéville-et-Roncourt, vue de la façade antérieure, vue d'ensemble de trois quarts gaucheMaison de manouvrier n°31 à Hagnéville-et-Roncourt, vue de la façade antérieure, vue d'ensemble de trois quarts gaucheMaison de vigneron n°27 à Suriauville, vue de la façade antérieure, vue d'ensemble de face.Maison de vigneron n°27 à Suriauville, vue de la façade antérieure, vue d'ensemble de face.

2.2. La ferme à double logis

Les fermes à double logis représentant 25% du corpus étudié. La pression démographique du début du 19e siècle à certes contraint à partager l'espace bâti disponible, mais le principe de mutualisation des fermes par l'aménagement de plusieurs logis sous le même toit, est bien antérieur dans le Xaintois.

Le plus souvent, cette organisation résulte soit d'une indivision entre plusieurs générations d'une même famille, soit d'une séparation entre héritiers, s'aménageant chacun un espace de vie privée au sein de la ferme partagée. Si la grange est souvent mutualisée, une étable peut être attribuée à chacun des logis. Cette division peut aussi être conçue dès la création du bâtiment afin de mutualiser les coûts de construction.

Plusieurs types d'organisation à double logis ont été relevés, les formes I et II étant les plus courantes :

Ferme n°18 La-Vacheresse-et-La-Rouillie, schéma d'organisation du rez-de-chaussée.Ferme n°18 La-Vacheresse-et-La-Rouillie, schéma d'organisation du rez-de-chaussée.

- type I : un premier logis (cuisine et poêle) est construit sur la rue, attenant à l'espace agricole composé d'une grange seule ou d'une grange et une étable en fonction de l'importance de la ferme. Un second logis plus restreint est aménagé à l'arrière du premier logis ou de la partie agricole, voire dans la chambre à four. Pour quelques cas particuliers, il peut arriver que trois logis partageant un espace agricole commun.

Ferme N°8 de Parey-sous-Montfort, schéma d'organisation au sol.Ferme N°8 de Parey-sous-Montfort, schéma d'organisation au sol.

- type II : les deux logis d'au moins deux pièces chacun se trouvent de part et d'autre de la partie agricole. En cas d'absence de porte piétonne en façade, la circulation entre les espaces se fait depuis la grange.

Ferme n°43 à Gendreville, schéma d'organisation du rez-de-chaussée.Ferme n°43 à Gendreville, schéma d'organisation du rez-de-chaussée.

- type III : les deux logis se trouvent accolés du même côté de l'espace agricole. Ils ont généralement leurs propres entrées. Les deux logis peuvent prendre jour sur la rue, ou sur le pignon, ou chacun sur l'un des deux murs gouttereaux.

- type IV : les deux logis sont superposés, les cuisines se situant l'une au-dessus de l'autre. L'espace agricole se place sur l'un des côtés. Seuls deux cas ont été relevés sur le canton de à Saint-Ouen-lès-Parey (cf. IA88030748) et Bulgnéville (cf. IA88031396). Sur cette dernière, on peut encore voir les deux gouttières des pierres à eau superposées.

Ferme n°24 à La-Vacheresse-et-La-Rouillie, schéma d'organisation au rez-de-chaussée.Ferme n°24 à La-Vacheresse-et-La-Rouillie, schéma d'organisation au rez-de-chaussée.

- type V : la ferme se développe en profondeur, mais le second logis est placé en avant de la façade sur une partie de l'usoir, dessinant ainsi un plan en forme de L, pour environ 20% des fermes à double logis.

Carte de répartition des fermes à double logis dans le canton de BulgnévilleCarte de répartition des fermes à double logis dans le canton de Bulgnéville

2.3. La ferme à plan en L

16.5% des fermes du corpus relevé ont un plan qui prend la forme d'un L. Dans les villages-rues notamment, les fermes sont le plus souvent mitoyennes par les deux murs pignon, limitant les possibilités d'agrandissement du bâtiment. L'appropriation de l’espace libre sur l’usoir est alors un moyen pour ajouter une ou plusieurs pièces à l'avant de la ferme. Cette pratique s'est principalement développée au 19e siècle, lorsque la pression démographique fut la plus forte, mais ce modèle est utilisé antérieurement.

Ces fermes à plan en L sont très variées, mais en fonction de l'aménagement de cet agrandissement sur l'avant, plusieurs types sont visibles :

- type A : Un poêle est ajouté en façade pour agrandir le logis composé à l'origine d’une cuisine uniquement. On entre dans ce logis par la grange servant d'espace de circulation vers la cuisine, l'étable et éventuellement un second logis. La cuisine d'origine se retrouvant en conséquence en deuxième pièce en profondeur, elle peut prendre le jour par une baie située dans l'angle ou par une baie située sur le mur pignon, si la ferme n'est pas mitoyenne du coté du logis. Ce modèle rassemble la majorité des fermes à plan en L.

Ferme n°29 à La-Vacheresse-et-La-Rouillie, schéma d'organisation au rez-de-chausséeFerme n°29 à La-Vacheresse-et-La-Rouillie, schéma d'organisation au rez-de-chaussée

- type B : Les deux pièces du logis sont construites en avant sur l'usoir, généralement simultanément. Ces fermes en profondeur, souvent mitoyennes n'ont pas la place d'installer les deux pièces de logis en façade. La forme en L permet ainsi d'éviter que la seconde pièce en profondeur ne soit borgne. Les deux pièces prennent alors le jour soit à l'intérieur du L, soit à l'extérieur selon la mitoyenneté et l'orientation du soleil.

Ferme n°30 à Gendreville, schéma d'organisation du rez-de-chaussée.Ferme n°30 à Gendreville, schéma d'organisation du rez-de-chaussée.

- type C : Le plan en L provient de la (re)construction du logis (ou d'un 2e logis) dans un corps de bâtiment différencié de celui de l'exploitation. Les deux façades sont alors décalées pour marquer cette distinction. Le logis peut être accolé à la façade antérieure ou en sailli dans l'angle ; le bâtiment d'origine formant ainsi la partie avant du L. Souvent de grandes dimensions (de 2 à 4 pièces au sol), il se couvre le plus souvent d'une toiture en pavillon (40% des fermes à plan en L du canton).

Ferme n°58 à Sauville, vue de la facade antérieure, vue d'ensemble de trois quarts gauche.Ferme n°58 à Sauville, vue de la facade antérieure, vue d'ensemble de trois quarts gauche.

- type D : Un bâtiment à fonction agricole est accolé en façade, devant l'étable. Il sert le plus souvent de bûcher, de poulailler, plus rarement de chambre à four ou de remise. Il est soit maçonné et de petite taille, soit plus important et sur poteaux de bois.

Il arrive qu'un logis et une remise agricole aient été réalisés sur l'usoir, chacun au-devant de la travée correspondante, dessinant un plan en forme de U (11 cas relevés sur le canton).

Ferme n°18 à Médonville, vue de la facade antérieure, vue d'ensemble de face.Ferme n°18 à Médonville, vue de la facade antérieure, vue d'ensemble de face.

Carte de répartition des fermes à plan en forme de L dans le canton de BulgnévilleCarte de répartition des fermes à plan en forme de L dans le canton de Bulgnéville

2.4. La ferme à plusieurs corps de bâtiment

Les 14 fermes composées de plusieurs corps de bâtiments ne représentent qu'un peu plus de 1% du corpus relevé, mais elles correspondent le plus souvent aux dépendances d'un château (Belmont-sur-Vair, Roncourt, Saint-Ouen, Saulxures). S'organisant autour d'une cour plus ou moins fermée, chaque bâtiment indépendant accueille une activité spécifique : logis du seigneur, logis des employés, engrangements, étables, bergerie, local à cochons, pigeonnier, four à pain, bûcher… Cette organisation a également été reprise par certains cultivateurs isolés (Ferme de la Dreuve à Auzainvillier, moulin de Norroy-sur-Vair) ou installés en bordure du village pour monter leur réussite (cf. IA88030646).

2.5. La ferme à pavillon

Ce type de ferme se caractérise par la présence d'un logis se distinguant de la partie agricole par un couvrement avec une toiture en pavillon et un traitement particulièrement soigné. Il est avant tout marqué par un caractère ostentatoire et une volonté de montrer son enrichissement, en plus d'un besoin d’agrandissement du logis. Cet affichage de l’aisance du propriétaire se traduit aussi par une structure plus élevée que le corps principal et dominant aussi les maisons voisines ayant rarement plus d'un étage de haut. Ce type de ferme est particulièrement présent dans la vallée de la Moselle, (Madon, Durbion et Vologne) et dans les Vosges Méridionales. Il est bien implanté à proximité de Bulgnéville, à travers 111 fermes relevées (soit environ 12% du corpus). Quasiment chaque village en compte quelques-unes, mais elles se concentrent surtout dans les bourgs les plus dynamiques (Vrécourt, Saint-Ouen-lès-Parey, Suriaucourt, Médonville). Aussi bien au centre du village qu'en périphérie, elles se trouvent toujours le long de la rue principale pour être bien en vue.

Les fermes à pavillon sont donc constituées d'une partie agricole d'assez grande taille auquel on ajoute un logis de 2 à 4 pièces. Ce nouveau logis peut être placé à côté de l'ancien, aligné sur la façade antérieure. Le plus souvent toutefois, il est accolé en avant de la façade, hors d’œuvre, selon un plan en forme de L. En plus de la contrainte de mitoyenneté, le propriétaire a en effet la volonté de marquer son individualisme en s'appropriant une partie de l'usoir à vocation communale. La toiture est dite à pavillon pour les structures à plan carré, et elle est à longs pans avec deux croupes pour les plans rectangulaires. Elles sont toutes couvertes de tuiles mécaniques.

Une grande importance est accordée au traitement de la façade et des ouvertures : la porte piétonne est encadrée de moulures et surmontée d'une corniche, par exemple. On y observe régulièrement des agrafes, des bandeaux peints ou moulurés séparant les niveaux, des badigeons blancs pour les encadrements, de fausses chaînes d'angle harpées ou non, des lambrequins de bois ou corniches en pierre sous la toiture, des épis de faîtage, des ferronneries pour les balcons, des rampes d'escalier ou des marquises….

Si certaines remontent au 18e siècle la plupart datent du 19e siècle.

Saint-Ouen-lès-Parey, vue d'ensemble de la rue de la CorvéeSaint-Ouen-lès-Parey, vue d'ensemble de la rue de la Corvée

Carte de répartition des fermes à pavillon dans le canton de BulgnévilleCarte de répartition des fermes à pavillon dans le canton de Bulgnéville

3. Les espaces intérieurs des fermes

La plupart des fermes possède trois espaces en relation avec les activités familiales : logis, grange et étable. Ces espaces sont démultipliés en relation avec la fortune de la famille, et peuvent être complétés par des annexes.

3.1. Le logis

Afin de pénétrer dans le logis, la majorité des fermes du canton de Bulgnéville possède une porte piétonne à imposte qui s'ouvre soit directement dans la cuisine, soit dans un couloir desservant les différentes pièces. Toutefois environ 20% des fermes ne possèdent pas de porte piétonne, et on entre dans le logis en passant par la porte charretière.

L’habitation est le plus souvent composée de deux pièces :

- la cuisine située en façade antérieure. Elle prend le jour sur la rue.

- le poêle, qui peut être situé sur la rue à côté de la cuisine. Il peut aussi se trouver à l'arrière de la cuisine, prenant le jour sur le mur pignon ou en façade postérieure, donnant sur le potager. Dans ce cas, la grange est plus profonde que le logis, s’allongeant dans le jardin.

Une troisième pièce est parfois placée à l'arrière du poêle, servant de chambre ou de cellier.

La cave voûtée ou non, est placée sous le logis. Elle est accessible depuis la rue par un escalier, rarement depuis l’intérieur. Lorsque la nappe phréatique affleure sous les maisons et empêche les excavations, un cellier borgne est aménagé à l'arrière du logis ou dans le fond de la grange. Ces grandes caves ou cellier traduisent la polyculture qui associe l'agriculture à la production viticole.

Lorsque la pression démographique le nécessite, un ou deux pièces sont aménagées au-dessus du logis, sur le grenier, impliquant l'ouverture de nouvelles fenêtres à l'étage. Elles servaient initialement de chambres à grain, logeant éventuellement les commis de ferme. Elles ont été aménagées en chambres à coucher à partir du 19e siècle.

3.1.1. La cuisine

La cuisine est la pièce principale de vie. Elle constitue pour les maisons les plus modestes et certaines des plus anciennes, la seule pièce du logis. Elle sert ainsi au repas, au repos et aux travaux artisanaux. Elle se situe généralement en première pièce en profondeur. Lorsqu’elle est en seconde pièce en profondeur, la ferme présente un plan en forme de L. La pièce est alors éclairée par une fenêtre dans le mur pignon, ou par une baie située dans l'angle de la façade antérieure si la ferme est mitoyenne. Aucune cuisine borgne ou éclairée par une flamande n'a été relevée sur le canton de Bulgnéville.

Lorsque le logis possède une porte piétonne, elle ouvre soit directement dans la cuisine, soit sur un couloir donnant accès aux différentes pièces du logis. Dans les fermes qui en sont dépourvues, on accède au logis par la porte charretière, en passant par la grange.

Certaines cuisines ont conservé leur sol de grandes dalles. Des carrelages colorés ont pu être utilisés à partir du début du 20e siècle pour garnir le sol et les murs près du point d'eau.

L'aménagement intérieur présente des constantes spécifiques au territoire :

- Les cheminées : La cuisine est chauffée par une grosse cheminée en pierre, dans laquelle on prépare les repas, fume la viande. Elle est composée d'un lourd manteau reposant sur deux piédroits galbés se fondant dans le mur avant mi-hauteur. Celles qui ont été relevées remontent principalement aux 18e et 19e siècles. Quelques cheminées présentent un décor sculpté ou gravé sur le manteau (cœur, fleurs, blason, croix…) et neuf portent une date (1631, 1687, 1730, 1747, 1749, 1750, 1752, 1781 et 1806). Quelques rares cheminées avec un manteau de bois ont été relevées dans des logis très modestes ou des chambres à four. Les cheminées ont parfois été équipées d'un avaloir en tôle ou en bois récupérant les fumées, appelé localement "un système" (cf. IM88030344). Le foyer peut être placé sur une plaque de fonte au niveau du sol. Un placard est généralement présent à côté de la cheminée. Une petite niche en dessous peut servir de cendrier en attendant la lessive. Seuls quatre potagers ont été relevés (Ferme n°11 à Saint-Ouen-lès-Parey et fermes n°2, n°3 et n°60 à Vrécourt).

- Les plaques de cheminée appelée localement "taques" : Elle est installée dans le contrecœur afin de diffuser la chaleur dans la pièce voisine. De forme rectangulaire, les taques les plus modestes étaient façonnées par les forgerons locaux et sont composées de plaques de fer sans décor. De belles taques ornées ont aussi été conservées provenant certainement des fonderies du Bassigny. La plus ancienne portant la date "1577" présente un décor de style renaissant et une forme caractéristique de cette période : carrée dont la partie supérieure est à pan coupé (cf. IA88031543). Celle datée "1583" est carrée et allie des croix de Lorraine à des fleurs de lys autour des initiales des commanditaires (cf. IM88030201). D'autres, fondues au 17e siècle, figurent des colonnes d'Hercule et saint Nicolas (cf. IM88030152 et IM88030156 et Bulgnéville F7). Celles de la première moitié du 18e siècle figurent le plus souvent les armoiries du Duché de Lorraine, tandis celle de la seconde moitié sont frappées des armes de France.

- Les pierres à eau : L'évier en grès est généralement placé sous la fenêtre de la cuisine, face à la rue. Suivant une pratique attestée dans l’ouest vosgien et le sud de la Meuse, la pierre à eau peut être installée à côté de la fenêtre pour permettre l'installation d'un placard mural au-dessus d'elle. Elle est alors éclairée par un jour avec ou sans volet, qui a été conservé pour 10% des fermes relevées. Prenant la forme d’un oculus pour les fermes les plus anciennes, il a été remplacé dans la moitié des cas par un jour de forme rectangulaire lors d'une rénovation de la façade. Il n’existe d’ailleurs pas à Mandres-sur-Vair, Norroy et Saint-Remimont qui ont un modèle de construction avec un logis en largeur, caractéristique des constructions des villages-rues des 18e et 19e siècles. Avant l’installation des réseaux d'alimentation en eau courante dans les villages (entre la fin 19e siècle et au milieu du 20e siècle - l'installation de l'eau courant se fait par exemple vers 1970 à Dombrot-sur-Vair), les habitants s'approvisionnent aux puits situés généralement hors des maisons, ou aux fontaines. Quelques fermes possèdent un puits dans la cuisine, près de la pierre à eau, utilisable grâce à une pompe à eau en fonte ou en cuivre, dont quelques exemples sont encore en place. L'évacuation se fait directement sur l'usoir par une pierre d'écoulement en sailli dans la façade.

Ferme n°7 à La Vacheresse et la Rouillie, vue intérieure dans la cuisine, vue de détail de la pierre à eau.Ferme n°7 à La Vacheresse et la Rouillie, vue intérieure dans la cuisine, vue de détail de la pierre à eau.

- Le mobilier : Dans la cuisine, un ou plusieurs placards muraux sont installés près de la cheminée. Ils sont généralement complétés par une armoire, un buffet, un coffre, une maie (pétrin), une table, des chaises et/ou un lit, dont quelques exemples ont été relevés sur le canton. Les lits en alcôve sont à l'origine assez nombreux. Souvent aménagés sous l'escalier menant à la chambre à grain au-dessus, ils peuvent aussi avoir été placés dans le poêle. Ils sont fermés par deux vantaux et souvent complétés par des placards.

Ferme n° 15 à Saulxures-lès-Bulgnéville, vue intérieure dans la cuisine de la cheminée avec son système et les placardsFerme n° 15 à Saulxures-lès-Bulgnéville, vue intérieure dans la cuisine de la cheminée avec son système et les placards

3.1.2. Le poêle

Le poêle est la "belle chambre", la salle de séjour où se trouve le beau mobilier. C'est la pièce où l’on reçoit et où on dort. Le poêle peut être placé en profondeur, à l'arrière de la cuisine qui s'ouvre sur la rue. Dans ce cas, il prend le jour sur le mur pignon en façade postérieure. Pour éviter au ferme en profondeur d'avoir une pièce borgne en cas de mitoyenneté, le poêle peut avoir été rajouté à l'avant du bâtiment sur l'usoir (cf. fermes à plan en L). Bénéficiant alors d'une meilleure lumière que la cuisine, il pouvait être utilisé pour les travaux de broderies. Enfin le poêle peut aussi être placé à côté de la cuisine, dans l'alignement de la façade antérieure, créant un logis en largeur (44% des fermes relevées du canton). Le poêle est généralement chauffé par le placard chauffant, profitant du rayonnement du feu de cheminée de la cuisine à travers la taque de fonte placée dans la cloison séparant les deux pièces. L'ouverture à l'arrière de la cheminée de la cuisine est habillée d'un placard plus ou moins important et orné en fonction de la richesse des occupants. Il comporte au minimum deux ou trois étagères à la hauteur du conduit d'évacuation de la cheminée et deux vantaux de bois dans la partie basse, devant la plaque de cheminée. La fermeture ou l'ouverture de ces vantaux permet de réguler la température dans le poêle. Ce rangement permet de conserver les produits sensibles à l'humidité (aliments…), de faire lever la pâte, sécher les vêtements… L'association de la cheminée et du "placard chauffant" est sans doute d'origine tardo-médieval et se généralise au 18e siècle. Les formes les plus anciennes semblent de petite dimension à l'exemple de celui de la ferme n°31 de Gendreville. Tandis que les plus soignées des siècles suivants tendent à habiller tout le pan de mur. Au 19e siècle, on y place des fourneaux ou des petits poêles pour compléter le chauffage. Dans cette pièce, il est possible de voir également une armoire, un lit ou une alcôve.

Les éléments de mobilier de bois aujourd'hui conservés dans les cuisines et poêles du canton de Bulgnéville sont relativement peu nombreux, et de facture assez sobre. Les décors sont le plus souvent réduits à plusieurs panneaux moulurés, quelques fois chantournés, et une corniche sommitale, selon un type courant en Lorraine.

vue intérieure de la ferme n°31 à Gendreville, vue du placard-chauffant dans le poêle (17e siècle)vue intérieure de la ferme n°31 à Gendreville, vue du placard-chauffant dans le poêle (17e siècle)

vue intérieure de la ferme n°25 à Suriauville, vue du placard-chauffant dans le poêle (18e siècle)vue intérieure de la ferme n°25 à Suriauville, vue du placard-chauffant dans le poêle (18e siècle)

3.1.3. Les chambres

La majorité des anciennes fermes ne comportait pas d'autre pièce d'habitation quotidienne que la cuisine et le poêle au rez-de-chaussée. Toutefois, une chambre de dessus ou chambre à grain a pu être aménagée au-dessus de ce logis. Ne possédant pas de système de chauffage propre, elle bénéficie de la chaleur de la pièce en dessus et prend le jour sur la rue. Servant à conserver au sec les grains récoltés, voire de chambre pour le commis de ferme, elles ont souvent été dénaturées par la transformation récente des greniers en pièces d'habitation.

Ces chambres sont accessibles soit depuis la grange par un escalier droit, soit par un escalier tournant depuis la cuisine. Dans tous les cas en bois, celui-ci s'appuie sur la cloison séparent la cuisine du poêle ou de l'étable, et permet l'aménagement d'une alcôve ou d'un placard en dessous. Dans des fermes anciennes, 6 cas d'escalier en vis en pierre ont aussi été relevés, soit dans le bâtiment à l'arrière du logis (cf. IA88031378, IA88030543, IA88030546), soit en demi-hors d'œuvre sur l'usoir (cf. IA88030687, IA88030324, IA88030342).

Il est également à noter que les grandes fermes cossues de la fin du 19e siècle, multiplient les chambres au rez-de-chaussée et aux étages, munies chacune d'une petite cheminée, d'un lit et de rangements muraux.

3.1.4. La chambre à four

Le four à pain est généralement installé dans une pièce indépendante de la cuisine appelée localement la chambre à four. Elle est située soit dans la travée de logis, soit à l’arrière de la partie agricole, voire dans une annexe accolée à la ferme ou à proximité. Il est à noter, que les chambres à four pouvaient être partagées dans le cas des fermes à double logis ou entre deux fermes voisines.

C'est une pièce modeste, polyvalente qui peut servir à la confection du pain, au stockage des céréales, pour sécher les pruneaux ou les viandes, et parfois d'atelier si elle est assez lumineuse. Au moment où la pression démographique fut la plus forte, un certain nombre de chambres à four a été aménagé pour constituer un logis à part entière. Une pierre à eau a alors été ajoutée sous une fenêtre agrandie.

Dans les maisons de manouvriers, il arrive qu'un four à pain soit installé dans la cheminée de la cuisine. De manière exceptionnelle, il a aussi été fait le choix de placer le four en demi-hors d'œuvre de la cuisine, sur l'usoir (cf. IA88031598)

Suite à la disparition des fours banaux, il semble que quasiment toutes les fermes possédaient une chambre à four dès le début du 19e siècle. La quasi-totalité a aujourd'hui été détruite ou dénaturée faute d'utilisation.

Ferme n°60 à Vrécourt, vue intérieure dans la chambre à four.Ferme n°60 à Vrécourt, vue intérieure dans la chambre à four.

3.1.5. La cave ou le cellier

La majorité des fermes du canton possède une cave située sous la cuisine. Parfois, elle s'étend sous l'ensemble de la travée. Garnis de placards et/ou d'étagères de bois, le cellier et la cave sont le lieu de conservation des denrées alimentaires (pommes de terre, fèves, fruits) et du vin. Voûtée ou non, on y accède par un escalier le plus souvent ouvert en façade antérieure, sous la baie de la cuisine. Cet accès direct de l'extérieur est pratique pour les poly-cultivateurs qui y entreposent entre autres les tonneaux de vin. Dans certain cas, parmi les plus anciens, on accède à la cave par la grange. Il est très rare qu'une entrée soit pratiquée directement dans le sol de la cuisine. Il arrive également qu'une cave soit placée sous la chambre à four.

Dans le cas de zones où la nappe phréatique affleure à surface, les celliers de plain-pied sont préférés aux caves. Borgne, ce cellier est placé à l'arrière du logis ou de la grange, si possible en mettant à profit la dénivellation du terrain.

3.1.6. Les activités commerces et artisanales

Afin de compléter les revenus agricoles jusqu’au milieu du 20e siècle, un très grand nombre de familles mettent en œuvre des activités artisanales ou commerciales au sein de la ferme. La plupart des femmes sont couturières, fileuses, dentelliers ou brodeuses, voire canneuses. Les hommes complètent les revenus agricoles par des productions de tissages, cordonneries, vanneries, en étant menuisiers, sculpteurs, maçons, bucherons, marchands…

Certaines familles tiennent un commerce avec une devanture, mais la plupart des cafés qui se tiennent dans le poêle, sont simplement désigné par une enseigne, sans autre aménagement.

Les artisans possèdent généralement un atelier attenant à leur ferme (maréchal-ferrant, menuisier, sculpteur, meunier, boulanger, boucher…). Il reste peu de traces matérielles de ces activités : les nombreux métiers à tisser ont disparus, seuls quelques ateliers ont conservé des outils (Ferme, atelier de charron n°22 à Vrécourt - IA88030098).

3.2. L’exploitation agricole

3.2.1. La grange et les engrangements

La grange occupe généralement la travée centrale de la ferme entre d'étable et le logis. C'est un lieu de passage vers les greniers, mais aussi vers deux autres travées, un carrefour intérieur donnant accès aussi bien à l'usoir qu'au jardin à l'arrière du bâtiment. Elle sert aussi au stationnement et au déchargement du chariot chargé de foin. Au-dessus, une à trois plateformes de bois placées à différentes hauteurs, appelées "balancier" ou "chahau" facilite le transfert des récoltes vers les greniers qui s'étendent de chaque côté, au-dessus de l'étable et le logis. Ces faux-greniers sont aussi destinés à augmenter la surface d’engrangement et sécher les gerbes avant leur stockage. Une chambre à grain est souvent aménagée au-dessus du logis.

A la fin du 19e siècle, le mouvement de mécanisation à inciter à la création de systèmes de manutention moins fatiguant, soulevant les chariots ou déplaçant le foin. Il est encore possible de voir dans quelques fermes du canton de Bulgnéville, des "Croix de Lorraine" actionnées par un treuil avec un balancier mobile. Parfois les câbles élevant les voitures sont directement fixés sur la charpente (cf. IA88030138). Au début du 20e siècle des griffes à foin circulant sur des rails, ou des aspirateurs à foin ont été installés (cf. IA88031504). Ferme n°24 à Suriauville, vue intérieure dans la grange, vue de détail de la croix de Lorraine et du balancier mobile.Ferme n°24 à Suriauville, vue intérieure dans la grange, vue de détail de la croix de Lorraine et du balancier mobile.

Ferme n°25 à Suriauville, vue intérieure dans la grange, vue des balanciers et de la grille à foin.Ferme n°25 à Suriauville, vue intérieure dans la grange, vue des balanciers et de la grille à foin.

On accède à la grange par une porte charretière, dont l'encadrement en grès est le plus souvent de forme cintrée (42% du corpus). A la fin du 19e siècle, elles sont plus plutôt à linteau segmentaire, mais toujours en pierre. Parfois, l'encadrement de la porte charretière possède un jambage commun ou lié avec la porte piétonne, unissant ainsi le logis à la grange. Les exemples d'arcs segmentaires en brique ou en bois sont très rares, et se trouvent sur des fermes modestes. Suite au développement des machines agricoles toujours plus massives, les portes charretières ont été agrandies, rehaussées avec des linteaux droits en ciment ou des poutrelles métalliques (IPN). Dénombrement des différentes formes de portes charretières des fermes de l'ancien canton de Bulgnéville.Dénombrement des différentes formes de portes charretières des fermes de l'ancien canton de Bulgnéville.

Répartition des matériaux utilisés pour les linteaux des portes charretières dans le canton de BulgnévilleRépartition des matériaux utilisés pour les linteaux des portes charretières dans le canton de Bulgnéville

Les portes charretières sont en bois avec deux vantaux s'ouvrant vers l'intérieur. Le principal système observable consiste à l'appui d'un gond en bois ou garni de métal pivotant dans une crapaudine (un trou creusé dans la pierre du seuil parfois renforcé de fer). Les gonds de la partie supérieure tournent dans des pièces de bois scellées dans le mur et bloquées par une clavette en façade, ou un anneau de métal scellé dans le mur. Avant le 19e siècle, les portes charretières sont constituées de simples planches verticales, maintenues sur des traverses. La fermeture se fait à l'intérieur, au moyen d'une barre de bois basculante. Une entrée piétonne est découpée dans l’un des deux vantaux pour éviter d’ouvrir la grande porte à chaque passage. Ce portillon est parfois partagé à mi-hauteur : la partie haute étant ouverte pour aérer et éclairer la grange, la partie basse restant fermée pour retenir la volaille. Pour apporter de la lumière lorsque les portes sont fermées, de petits jours décoratifs y sont parfois découpés. De plus, ils permettent le passage des hirondelles, symbole de fertilité.

Les fermes à charri se caractérisent par un espace situé derrière la façade antérieure, entre deux portes charretières distantes de quelques mètres, qui constitue une avant-grange dallée. Cette forme spécifique de la Vôge (cantons de Darney, Bains, Xertigny), observable également dans les Hautes-Vosges et en Franche-Comté, n'est relevée que trois fois sur le canton de Bugnéville : Ferme n°30 à Saint-Ouen-Lès-Parey (cf. IA88030721) et Ferme n°19 d'Auzainvilliers (cf. IA88031321) et une ferme à Aulnois (non localisée) construite en 1717 dont le plan a été dressé en 1900 (cf. AD88 – 11T14/14 : Monographie communale, p. 212). Il est à noter toutefois que l'ensemble des fermes du canton possède un espace à l'avant de la grange, dallé (contrairement au reste de la surface qui est en terre battue) et qui remplit les mêmes fonctions que le charri, à savoir :

- espace de communication entre les différentes parties de la ferme (logis, étable, grange, chambre au-dessus de la cuisine (pour le domestique ou garçon de ferme)

- abri du matériel roulant lors des jours de mauvais temps

- espace de travail pour certaines taches agricoles (aire de battage au fléau…)

- espace d’ombre et de fraîcheur pendant l’été, à mi-distance entre la rue et l’intérieur de la maison

Au fond de la grange, on plaçait le manège mécanique ou à chevaux pour entraîner une batteuse mécanique, mais aucun n'a été identifié en place dans le canton de Bulgnéville. Si ce système est réservé aux plus aisés, il était toutefois courant. Par exemple à Dombrot-sur-Vair en 1927, pour 88 ménages, on dénombre 4 batteuses à moteur avec un rendement 6 quintaux pour 10h, 25 batteuses à manège avec un rendement 3 quintaux pour 10h, et 2 batteuses à bras avec un rendement 1 quintal pour 10h (sources : AD88 E dpt 143/3 F 4-5 Agriculture. – Statistiques agricoles).

3.2.2. L'étable et l'écurie

Généralement tous les animaux de l'exploitation (vaches, chevaux, porcs, volailles…) sont logés sous le même toit que les humains, dans l'espace agricole, chaque espèce ayant un espace délimité à sa disposition.

Dans le cas de fermes en profondeur à deux travées, l'étable est située à l'arrière du logis et est accessible par la grange ou le jardin à l'arrière. La proximité entre les bêtes et les hommes est très forte. Il a même été relevé à Suriaucourt (cf. IA88030596), de petites ouvertures dans le mur séparant l'étable du poêle, afin de permettre au propriétaire de surveiller les naissances depuis le logis.

Les bêtes sont installées la tête vers la paroi de pierre (rarement à pan de bois) de la grange, sur laquelle sont fixés les râteliers. Ces auges de bois, de pierre ou de béton sont alimentées en foin facilement depuis la grange par plusieurs petites ouvertures avec un volet coulissant, appelés localement "baucheries" ou "bauchus".

Dans les fermes à trois travées de plan, la séparation entre hommes et animaux est un peu plus marquée car l'étable est située entre la grange et le pignon opposé au logis. On y accède soit en passant par la grange, soit par une porte donnant directement sur l'extérieur. Celle-ci est généralement un peu plus petite que la porte piétonne du logis. Parfois, une pierre à eau a été placée près de cette entrée.

Comme la grange, l'étable occupe tout l'espace entre les façades antérieures et postérieures sur lesquelles elle prend le jour. Elle est le plus souvent subdivisée en deux rangs, les animaux étant organisés la tête vers les râteliers disposés le long des murs pignon et de refend, en fonction de leur espèce. Les bovins sont plutôt placés du côté du pignon, le ou les chevaux sont placés dans un box situé à l'avant de l'étable (écurie), séparé des bovins par un mur de pierre. Ils possèdent un râtelier spécifique plus haut que celui des bovins. De même, une stalle peut être réservée dans l'étable pour séparer les veaux et les vaches en gestation du reste du troupeau. Deux ou trois réduits à porcs ont aussi pu être aménagés, au fond de l'étable, au plus loin du logis.

Lorsque la taille de la ferme le permet, les chevaux sont séparés des bovins, dans un espace particulier à l'arrière du logis ou dans une travée particulière entre le logis et la grange. Dans ce cas, l'écurie est souvent séparée de l'habitation par un couloir traversant (le corridor).

Dans tous les cas, l'ensemble est couvert de greniers, et le sol est pavé avec au moins une rigole d'évacuation qui mène dehors ou dans la fosse à purin creusée à l'arrière de l'étable.

Ferme n°17 à La Vacheresse-et-la-Rouillie, schéma d'organisation au rez-de-chaussée.Ferme n°17 à La Vacheresse-et-la-Rouillie, schéma d'organisation au rez-de-chaussée.

Ferme n°25 à Suriauville, vue intérieure des râteliers dans l'étable.Ferme n°25 à Suriauville, vue intérieure des râteliers dans l'étable. Ferme n°32 à Auzainvilliers, vue de la façade antérieure, vue de détail des ouvertures de l'étableFerme n°32 à Auzainvilliers, vue de la façade antérieure, vue de détail des ouvertures de l'étable

La volaille est aussi installée dans l'étable la plupart du temps, dans un poulailler, près des clapiers, en façade postérieure. Vivant librement dans l'étable, la grange et à l'extérieur, une petite ouverture peut être aménagée dans la façade spécifiquement pour leur permettre un passage.

Plus d'une soixantaine de pigeonniers ont été identifiés dans les fermes du canton de Bulgnéville. Ils peuvent se situer au-dessus de la porte charretière, mais plus souvent dans les combles au-dessus de la chambre à grain. De petites tailles, ils sont munis soit d'une pierre d'envol, soit d'une simple petite ouverture. Devant celle-ci, une structure de bois et de grillage en forme de maisonnette peut avoir été fixée au cours du 19e siècle. Une dizaine de fermes portent aussi des pots à oiseaux (nichoir) en céramique, dont certains sont décorés.

Seuls quelques colombiers, bien antérieurs, ont été conservés : Ferme de l'ancienne maison seigneuriale du Houx (cf. IA88031604), Ferme du château de Roncourt (cf. IA88031527), Ferme n°2 à Sauville (cf. IA88030196), Ferme n°31 à Saint-Ouen-lès-Parey (cf. IA88030722), Ferme-Relais de Poste à Vrécourt (cf. IA88030103).

Ferme n°52 à Gendreville, vue du détail de l'entrée du pigeonnierFerme n°52 à Gendreville, vue du détail de l'entrée du pigeonnier Ferme n°22 à Malaincourt, vue de détail d'un pot à oiseaux (nichoir) accroché en façade antérieureFerme n°22 à Malaincourt, vue de détail d'un pot à oiseaux (nichoir) accroché en façade antérieure

3.2.3. Les annexes agricoles

L'usoir est utilisé comme un espace agricole de passage et surtout de stockage. Le gros matériel agricole y est exposé, tout comme les tas de fumier et de bois. En fonction des besoins, des espaces couverts supplémentaires peuvent être accolés au corps de bâtiment principal, ou placé dans le terrain à proximité.

Suivant l'évolution des normes de salubrité et d'hygiène, les hommes et les bêtes sont de plus en plus séparés : les activités agricoles sont placées dans plusieurs corps de bâtiment. Les réduits à cochons ou les ruchers par exemple, sont placés dans des annexes éloignées de l'habitation.

Le jardin qui s'étend sur une parcelle allongée à l'arrière de la ferme, contient généralement un potager voire un verger, souvent le poulailler, éventuellement un puits. Le point d’eau est plus souvent devant la cuisine sur l'usoir (rarement dans les maisons).

Si la ferme possède des ovins ou caprins, ils sont installés dans une construction assez basse de plafond. Toutefois, elles sont rares dans le cadre d'un territoire qui était régit par le droit de vaine pâture. Les bêtes étaient élevées dans un troupeau communal soigné par un berger employé par la municipalité. Ainsi, quasiment chaque commune du canton de Bulgnéville accueillait un pâtre qui était hébergé dans une petite ferme mise à sa disposition. S'il reste peu d'exemples encore visibles aujourd'hui, les documents conservés aux AD88 (série 2O) permettent d’appréhender leur structure.

Les hangars sur poteaux de bois, fermés ou non d'un essentage de planches ou de tôles, couverts de tôles ou de tuiles mécaniques, servant de remise et permettant d'entreposer du bois ou du foin. Assez peu courants dans le canton de Bulgnéville, ils sont accolés à l'arrière dans le jardin ou au mur pignon dans les villages à structure aérée.

4. Les éléments de décors

A l'exception des fermes à pavillon, les fermes du canton de Bulgnéville mettent en œuvre peu de décors sur leurs façades, surtout en comparaison des Vosges gréseuses.

Le soin accordé au traitement des façades antérieures passe généralement par les encadrements d'ouvertures, qui sont en pierre de taille, badigeonnés de blanc, parfois agrémentés d’une corniche ou d’agrafes. Les façades portent aussi des bandeaux peints ou moulurés séparent les niveaux. Des chaînes d'angle harpées ou non marquent les plus riches, quelques épis de faîtage et lambrequins de bois soulignent la toiture.

Les fermes à pavillon développent plus fréquemment des ornements sculptés (pilastres, chapiteaux, frontons, consoles, guirlandes de fleurs...), des corniches en pierre moulurée sous la toiture, des ferronneries pour les balcons, des rampes d'escalier et des marquises.

A l'inverse, les maisons de manouvriers sont généralement dépourvues de décors. Les plus soignées sont parfois ornées d’une niche, de fausses chaînes d’angle et/ou d’une porte piétonne présentant des motifs de chevrons et une imposte vitrée. Quelques garde-corps en fer et des jours en forme de cœur ou de balustre sur les volets ont été relevés.

4.1. Les formes des baies

Pour les fermes les plus courantes, les propriétaires attribuent la plus grande attention au traitement de la porte piétonne et des ouvertures du logis (sachant que 20 % des fermes ne possèdent pas de porte piétonne). Les plus anciennes ouvertures sont sculptées (avant le 16e siècle). Elles ont un linteau trilobé, en accolade ou infléchi. 32 ouvertures ont un arc cintré, principalement des entrées de cave. Il a été relevé également 4 fermes portant des fenêtres à meneau. Un grand nombre de fermes remontant plutôt au 17e siècle possède des encadrements avec un chanfrein, parfois doublé d'une feuillure, certaines ayant conservé leurs barreaux de fer verticaux. Des maisons disposent de plusieurs éléments cohérents entre eux, comme la Ferme n°31 à Gendreville (escalier à vis, baies à meneau trilobé…). Toutefois, un nombre important de ces ouvertures antérieures à 1700 semblent ne pas être en place. Il n’est pas rare d’avoir déplacer une petite baie chanfreinée du rez-de-chaussée vers les combles, pour ouvrir à la place une grande baie apportant plus de lumière dans la chambre. Une concentration plus importante de ces baies anciennes est observable dans les villages bénéficiant d’une demeure seigneuriale et dans la partie ouest du territoire, à la frontière avec la Haute-Marne. En effet, il semble qu’une partie de ces décors proviennent de l’ancienne cité de La Mothe ou du Château de Beaufremont, entièrement détruits au milieu du 17e siècle. Ces villages avoisinants ayant aussi pâti du conflit, ils sont reconstruits en remployant des matériaux de construction et des éléments décoratifs préexistants (Gendreville, Médonville, Aulnois).

Les fermes du 18e siècle et certaines du 19e siècle possèdent des baies à linteaux segmentaires délardé, et un encadrement de porte piétonne sans traitement particulier, toujours en grès local à la teinte gris-jaune clair.

La plupart des baies datant du 19e siècle et du début du 20e sont à linteau droit et accompagnée d'une porte piétonne surmontée d'une corniche moulurée, parfois les piédroits sont également moulurés. Généralement en grès local, les baies de cette période ont aussi pu être réalisées en brique de laitier (grise), avec un linteau segmentaire.

Dénombrement des différentes formes de baies anciennes  des fermes du canton de BulgnévilleDénombrement des différentes formes de baies anciennes des fermes du canton de Bulgnéville Dénombrement des différentes formes de baies des fermes  du canton de BulgnévilleDénombrement des différentes formes de baies des fermes du canton de Bulgnéville

On observe également quelques ouvertures à linteau droit avec une sous-face aux angles arrondis. Ce type de linteau est peu répandu et a surtout été relevé sur le canton de Neufchâteau. Ils sont mis en œuvre dans le 2e quart du 19e siècle, comme le confirme les dates portées (1830, 1834). Au regard de la réparation géographique, cette "mode" s'est diffusée principalement dans le nord-ouest du canton de Bulgnéville (à proximité de celui de Neufchâteau et Châtenois).

Carte de répartition des fermes à linteaux droits avec une sous-face aux angles arrondisCarte de répartition des fermes à linteaux droits avec une sous-face aux angles arrondis

On peut aussi noter des éléments de décors utilisés dans la rue de la Perrière à Dombrot-sur-Vaire, dont une dizaine de décors similaires sont visibles à Sandaucourt, Ollainville et Houécourt (villages voisins dans le canton de Châtenois). Ils figurent des visages au centre de soleil plus ou moins stylisés, des vases fleuris et des ornements architecturaux, sculptés au-dessus des portes piétonnes ou sur les agrafes des portes charretières. Ils ont probablement été réalisés par un sculpteur local pendant le 2e quart du 19e siècle.

Ferme n°35 à Dombrot-sur-Vair, vue de détail de l'agrafe datée et sculptée de l'encadrement de la porte charretière en façade antérieureFerme n°35 à Dombrot-sur-Vair, vue de détail de l'agrafe datée et sculptée de l'encadrement de la porte charretière en façade antérieure

Ferme n°35 à Dombrot-sur-Vair, vue de détail du linteau et de la niche de la porte piétonne en façade antérieureFerme n°35 à Dombrot-sur-Vair, vue de détail du linteau et de la niche de la porte piétonne en façade antérieure

4.2. Les décors des portes

Les huisseries liées à ses portes et fenêtres sont aussi soignées. Les plus anciennes portes sont constituées d'épaisses planches de bois assemblées verticalement ou horizontalement et maintenues par nombre de chevilles de bois saillantes ou de clous de fer à tête pyramidale (Ferme n°2 à Aingeville, Ferme n°18 à La-Vacheresse-et-La-Rouillie). Les poignées fixes ou pendantes sont aussi en fer. Quelques portes piétonnes du 18e siècle présentent des panneaux de bois moulurés chantournés, parfois rehaussés de volutes (Ferme n°12 à Parey-sous-Montfort…). Les menuiseries du 19e siècle sont plus courantes. Les portes piétonnes sont quasiment toutes ornées d’un agencement en chevrons et d’une imposte vitrée. Elles peuvent aussi être composées de deux, voire trois panneaux moulurés, quelquefois chantournés, avec des décors de tas de sable. Leurs impostes sont composées de deux à quatre carreaux vitrés séparés par des petits bois, de facture simple.

Seuls quelques cas sont protégés par une grille de fer ou de fonte ornementée (Fermes n°23 et n°49 à Gendreville, Ferme n°6 à Malaincourt, Ferme n°2 à Médonville, Ferme n°69 à St-Ouen-lès-Parey). Les portes les plus ouvragées sont celles remontant au début du 20e siècle, mises en valeur par le rehaussement de deux à trois marches donnant plus de prestance à l'entrée du logis. Elles sont souvent ajourées dans la partie supérieure et garnie d'une grille de fer forgé ou en fonte provenant des fonderies de Haute-Marne et de Meuse. Offrant un caractère urbain, leur décor est adapté au style en vogue. Certaines grilles présentent des ornements classiques (Ferme n°2 à Médonville…), quelques-unes sont de style Art Nouveau (Ferme n°63 à Vrécourt…). Elles sont plus nombreuses à faire référence au style Art Décoratif (Ferme n°69 à Saint-Ouen-lès-Parey, Ferme n°63 à Vrécourt…). Une petite partie des portes piétonnes est abritées sous une marquise de cette même période, le plus souvent de facture modeste. Lorsque d’autres ouvertures sont munies de garde-corps, le motif est assorti.

La majorité des portes charretières du canton de Bulgnéville sont sobres. Les plus anciennes possèdent généralement un encadrement en plein cintre avec une moulure ou un chanfrein achevé à la base par des congés en sifflets. Les encadrements des portes charretières des 18e et 19e siècles peuvent être ornés d'une agrafe ou de moulures à la hauteur des chapiteaux.

Les portes charretières d'origine sont quasiment toutes constituées de simples planches verticales, maintenues sur des traverses. Elles ne portent pas de décors hormis de petits jours en forme de balustre, de losange, de cœur, voire de pique et de trèfle. Ce motif est généralement repris sur les volets du logis.

Ferme n°18 de La Vacheresse-et-la-Rouillie, vue de détail de la porte du logis de gauche en façade antérieure.Ferme n°18 de La Vacheresse-et-la-Rouillie, vue de détail de la porte du logis de gauche en façade antérieure. Ferme n°12 à Parey-sous-Montfort, vue de détail de la porte piétonne en façade antérieureFerme n°12 à Parey-sous-Montfort, vue de détail de la porte piétonne en façade antérieure Ferme n°46 de Vrécourt, vue de détail de la porte piétonne en façade antérieure.Ferme n°46 de Vrécourt, vue de détail de la porte piétonne en façade antérieure. Ferme n°63 de Vrécourt, vue de détail d'une baie et de la porte piétonne du logis.Ferme n°63 de Vrécourt, vue de détail d'une baie et de la porte piétonne du logis. Ferme n°32 à Suriauville, vue de détail de la porte piétonne et de la marquise en façade antérieure.Ferme n°32 à Suriauville, vue de détail de la porte piétonne et de la marquise en façade antérieure.

4.3. Les décors des façades

Si les portes charretières et piétonnes sont généralement le lieu d’expression des décorations, l'ensemble de la façade est pris en compte.

Le plus souvent, les ouvertures sont alignées avec un souci de symétrie accru à partir du 19e siècle : par exemple, la porte d'étable est de même dimension que la porte du logis, de grandes fenêtres éclairent les greniers pour créer une façade ordonnancée plus cossue…

Les façades sont enduites et ne laissent apparaître que les pierres de taille des encadrements, qui sont parfois badigeonnées de blanc. Toutefois, une part importante des fermes relevées (près de 15%) possèdent une chaîne d'angle harpée ou droite, ce qui dénote une attention particulière portée à l’apparence extérieure du logis. Pour les fermes ou maisons de manouvriers les plus modestes, ne pouvant se permettre la mise en œuvre de pierres de taille mais souhaitant montrer une certaine aisance, il a été réalisé de fausses chaînes d'angle (harpées ou non) dans 20% des cas. Peintes ou tracées dans l’enduit en jouant sur les textures et les reliefs, la facture peut être très travaillée avec des rehauts de badigeons blancs, jaunes, rouges et noirs.

Les soubassements sont moins fréquents, quelques-uns en pierre de taille, d’autres en imitations d’opus rusticum simulé avec un enduit de béton grumelé, et avec de faux joints larges et plats réalisées généralement au début du 20e siècle. On peut également noter quelques bandeaux (en pierre de taille ou peints) séparant les niveaux, ou la partie habitation de la partie agricole. La toiture est parfois soulignée par une corniche moulurée (1,8% du corpus) ou une frise de lambrequins (3,2%) en bois, rarement en métal.

Maison de manouvriers n°15 à Gendreville, vue de détail de la fausse chaîne d'angle en façade antérieureMaison de manouvriers n°15 à Gendreville, vue de détail de la fausse chaîne d'angle en façade antérieure Ferme n°26 de La Vacheresse-et-la-Rouillie, vue de détail de la fausse chaîne d'angle en façade antérieure.Ferme n°26 de La Vacheresse-et-la-Rouillie, vue de détail de la fausse chaîne d'angle en façade antérieure. Ferme n°17 à Norroy, vue de détail de la baie des combles de gauche en façade antérieure.Ferme n°17 à Norroy, vue de détail de la baie des combles de gauche en façade antérieure. Maison de manouvriers n°56 à Bugnéville, vue de la façade antérieure de trois quarts droit.Maison de manouvriers n°56 à Bugnéville, vue de la façade antérieure de trois quarts droit.

4.4. Les niches et la statuaire

Pour compléter, environ 10% des façades sont ornées d'une niche. Très présentes dans l'est du département des Vosges, elles sont plus rares à l'ouest. Leur fonction première est de protéger le logis en y conservant une représentation d'un saint protecteur ou de la Vierge. La plupart sont constituées d'une simple cavité dans la façade, généralement au-dessus de la porte charretière ou de la porte piétonne. Quelques-unes sont insérées dans la chaîne d'angle. Celles qui bénéficient d'un traitement plus soigné sont inspirées par un répertoire classique : encadrement mouluré, coquille, corniche… Par exemple, la niche de la Ferme n°18 de Saint-Remimont est sculptée d'une coquille flanquée de deux pilastres ioniques soutenant un entablement. Elle abrite une statuette de la Vierge à l'Enfant couronnée polychrome, reposant sur un socle orné d'une tête de putti ailée. La niche de la Ferme n°11 de Saint-Ouen-les-Parey, située au-dessus de la porte piétonne du logis de gauche gravée de la date "1720" et d'un cœur enflammé, présente une coquille sous une corniche soutenue par deux consoles.

Les plus anciennes sont à arcs trilobé ou en accolade, comme celle de la Ferme n°18 d’Hagnéville, dont l’arc en accolade est gravé de la date « 1616 », l’une des plus anciennes dates portées relevées sur les fermes du canton de Bulgnéville.

Si toutes les niches étaient à l'origine garnies de statues, la majorité est aujourd'hui vide. Une soixantaine de sculptures est encore visible dans ces niches ou scellée dans la façade des fermes. Une partie provient probablement d’édifices religieux (parmi les plus anciennes), mais la plupart sont des statuettes de grandes productions de la fin du 19e siècle ou du 20e siècle. La grande majorité correspond à des représentations de la Vierge : 29 fois seule (dont 13 « Vierge de Lourdes » et 1 « Vierge noire de Chartres »), 8 « Vierge à l'Enfant » et 2 « Education de la Vierge ». Les représentations de saints sont assez variées : 5 saint Nicolas, 2 saint Joseph, 2 sainte Thérèse de Lisieux, 1 sainte Jeanne d’Arc, 1 saint Vincent, 1 Samaritaine ou sainte Marie-Madeleine, 1 saint Blaise (patron de la commune), et 4 autres statues de saints ou saintes sont plus difficilement identifiables (mutilées). Il existe aussi quelques représentations du Christ, debout montrant son cœur, en Croix, ou assis avec sa couronne d'épine, généralement ancienne et en remploi (cf. Ferme n°12 à Aingeville, n°17 à Vrécourt). Quelques croix sont également remployées et scellées en façade. Sur la façade de la Ferme n°18 de Saint-Remimont, il est aussi relevé une pierre sculptée figurant une chasse de saint Hubert de composition proche de celle des quatre reliefs datant du 16e siècle ou du 17e siècle, identifiés dans le canton de Chatenois (à Aroffe, Longchamp-sous-Châtenois, Rouvres-la-Chétive et Vouxey). Ces cinq bas-reliefs présentent saint Hubert au moment où il sonne l'hallali sur son cheval et fait face au cerf qui porte entre ses bois un crucifix. Ces représentations sont faites dans un souci de replacer la scène dans son contexte (arbres, chiens, serviteurs, tour). Les représentations de ce saint sont semble-t-il plus nombreuses dans la plaine des Vosges et la frontière nord de la Lorraine, au moins jusqu'au 18e siècle, pour prévenir la rage.

4.5. Les autres éléments décoratifs des façades

Sur les façades des fermes du canton de Bulgnéville, il est aussi possible de voir des éléments décoratifs liés à l'histoire locale, aux activités ou aux préoccupations des propriétaires :

Les références aux événements politiques nationaux sont inexistantes hormis la présence de croix de Lorraine en façade de 6 fermes, mises en œuvre à la fin du 19e siècle ou au début du 20e siècle dans le contexte de l’annexion de l’Alsace et de la Moselle (Ferme n°3 à Aingeville, Ferme n°33 à Bulgnéville, Fermes n°6, 14 et 25 à Crainvilliers, Ferme n°14 à Médonville).

Si aucun symbole révolutionnaire n’est visible, les conséquences de cette époque apparaissent par la présence d’éléments décoratifs récupérés lors des destructions de demeures seigneuriales : A Vrécourt, par exemple, le château de la famille de Lavaulx fut pillé et démoli en 1793, et des bustes, des éléments de clôture et des vases ont été réutilisés pour orner des habitations du bourg. Deux bustes ont probablement voyagé jusqu’à La Rouillie (cf. IM88030190). Un bas-relief est aussi brisé en deux, avec la partie droite à Vrécourt (ferme n°40) et la partie gauche au moulin d’Aingeville.

D’autres fragments sculptés ont une provenance plus incertaine. La tradition orale attribue bien souvent leur origine aux récupérations faites à la suite de la destruction de La Mothe au milieu du 17e siècle, comme le linteau en accolade (ferme n°32 à Aulnois), le relief d’Ecce Homo (ferme n°12 à Aingeville), le linteau orné d'une pointe de flèche et celui à 3 tourteaux, qui pourraient être les armoiries de la famille de Mitry, habitants de La Mothe (Ferme n°17 à Gendreville).

Les décors les plus fréquents sont des symboles apotropaïques tels que des cœurs, carreaux, piques ou trèfles découpés dans les portes ou les volets ; des étoiles, des swastikas ou des rosaces sculptés sur les linteaux ; des fers à chevaux accrochés en façade ou sur une porte pour solliciter la chance.

Il est aussi de noter qu’un linteau (Ferme n°31 à Bugnéville) et une agrafe (Ferme n°22 à Parey-sous-Montfort) sont ornés d’outils de sculpteur de pierre, formant une enseigne indiquant l’activité artisanale du propriétaire de la ferme. La profession ou la fonction du propriétaire peut aussi apparaître sous forme d’enseignes peintes sur la façade : la « Boulangerie » d’Aulnois (ferme n°8), le café « St Georges » à Norroy-sur-Vair (ferme n°2), à Hagnéville-et-Roncourt (ferme n°33), à Mandres-sur-Vair (ferme n°5), à Saint-Ouen-lès-Parey (ferme n°25). Une enseigne peinte sur un panneau de bois est aussi conservée dans la grange de la ferme n° 31 d’Aulnois portant la mention "CHARRONNAGE MENUISERIE / L. ROBIN". Le marchand de bestiaux Henri Royer à lui, fait gravée une pierre nominative placée à côté de la porte piétonne de sa ferme (n°26) à Dombrot-sur-Vair. Un atelier de forgeron/maréchal ferrant situé dans la ferme n°2 à Bulgnéville est aussi indiqué par des outils accrochés sur le linteau (un fer à cheval, une clé à fourche et une petite pioche : "binette pour les vignes").

Enfin, le repérage a également mis en avant la présence en façades jusqu'au début du 20e siècle, d'un pied de vigne ou d'un poirier, parfois les deux (visible notamment sur les cartes postales anciennes). Ils sont généralement plantés au pied du mur devant le logis, et se développe sur la façade, soutenue par des espaliers de bois. Outre la production de fruits pour le foyer, ils ont surtout la mission de pomper l'eau du sol pour assécher les fondations. En effet les toitures ne possédant pas de gouttières, l'eau s'infiltre dans le sol des usoir non pavés et rend le logement humide. Ils sont aujourd'hui rares, car environ 31 pieds ont été dénombrés aujourd'hui sur le canton de Bulgnéville (3% des édifices repérés).

4.6. Les dates portées

La façade antérieure de la ferme est le lieu privilégié pour le placement de la pierre de fondation. Lorsqu'il ne s'agit que d'une date, elle est généralement inscrite sur le linteau de la porte piétonne ou l'agrafe de la porte charretière, parfois sur le linteau de la baie de cuisine au 18e siècle.

143 fermes portent ainsi une date, soit environ 15 % du corpus. Parmi elles, une soixantaine possèdent des initiales ou un texte rédigé formant une pierre de fondation. Elles sont généralement incluses dans la maçonnerie de la façade du logis ou près de la porte charretière, entre un et trois mètres du sol pour être lisibles. Plus rarement, la pierre de fondation peut être placée dans la chaîne d'angle, sous la niche ou sur le manteau de la cheminée. La pierre de fondation de la ferme n°50 du sieur Jannin, chirurgien ordinaire à Bulgnéville a même été placée au début du 18e siècle dans la cave.

Leur lecture permet d'apprendre que 56 % de ces pierres ont été posées par le couple qui va habiter la maison, et 15% par les enfants des propriétaires, généralement très jeunes. 7 pierres de fondation portent une dédicace à caractère religieux (15% sont peu compréhensibles ou illisibles).

Ces pierres de fondation sont souvent agrémentées d'un élément sculpté, de motifs religieux (croix ou monogramme IHS). Des cœurs et des fleurs peuvent aussi être apposés, et ponctuellement des étoiles, des rosaces et des volutes. Les symboles politiques sont rares : une croix de Lorraine est gravée sur une pierre de fondation de 1764, deux mentions du calendrier révolutionnaire (an 6 et an 9), et une fleur de lys en 1823.

Si la plupart de ces pierres mentionne la date de construction de la ferme, un certain nombre corresponde à une reconstruction ou une réfection, voire un ravalement de la façade. La répartition des dates mentionnées sur les fermes traduit l’évolution démographique des 18e et 19e siècles, et le formidable développement du 2e quart du 19e siècle.

Graphique représentant la part des fermes portant une date dans le canton de BulgnévilleGraphique représentant la part des fermes portant une date dans le canton de Bulgnéville Graphique représentant la répartition des dates portées sur les fermes du canton de BulgnévilleGraphique représentant la répartition des dates portées sur les fermes du canton de Bulgnéville

5. Les matériaux de construction

Les fermes du canton de Bulgnéville sont des structures massives qui privilégient la pierre et le bois, et les toitures sont couvertes de tuiles. Peu d'autres matériaux sont utilisés. L'ensemble des matériaux de construction a traditionnellement été prélevé au plus près pour limiter les coûts de transports.

5.1. La pierre et les matériaux des murs

Hormis quelques exceptions, les fermes du canton de Bulgnéville sont construites en moellons de grès de couleur beige à gris clair, issus des carrières locales. La carte géologique mentionne des terrains de l’Hettangien, premier étage stratigraphique du Jurassique inférieur (Lias). Les bancs de pierres de moyennes qualités fournissaient les moellons, tandis que les meilleures veines permettaient de réaliser des blocs plus massifs. La plupart des carrières identifiées se situent dans les affleurements : Liste des carrières de pierre relevés. : 2 carrières à Auzainvilliers, 2 à Bulgnéville, 3 à Dombrot-sur-Vair (moellons de construction) ; Malaincourt (pierre brute) ; 3 à Mandres-sur-Vair (pierre de taille, sable, moellons d'empierrement), Médonville, Norroy (pierres), 3 à Saint-Ouen-lès-Parey, Sauville (pierre de sable), Suriauville et Vaudoncourt.

Les moellons sont couverts, au moins sur la façade antérieure, d'un enduit composé de sable mêlé à de la chaux. En utilisant les matériaux présents à proximité, façades prennent des teintes homogènes.

Les pierres de taille sont réservées aux encadrements des ouvertures et aux quelques chaînes d'angles et soubassements soignés. Elles sont laissées apparentes, parfois badigeonnées de blanc ou de rose. Elles peuvent aussi être utilisées pour réaliser des bancs, les escaliers, les entrées de caves, rigoles d’évacuation d’eau, etc. donnant alors un aspect plus majestueux à la ferme. Seules sept fermes modestes possèdent une porte charretière dont l'encadrement est composé de moellons équarris.

Les rares bâtiments en calcaire, sont des demeures qui montrent leur aisance par l’importation de pierres renommées de Meuse (Euville par exemple). Quatre fermes possèdent aussi des encadrements en grès rouge (Fermes n°20 à Bulgnéville, n°2 et n°10 à Norroy et n°14 à Vaudoncourt) qui viennent probablement de la Vôge, plus au sud.

De manière assez rare, on peut apercevoir des encadrements de baies en briques. Ces fenêtres ouvertes ou agrandies à l'extrême fin du 19e siècle et au début du 20e siècle peuvent être en briques rouges classiques, mais plus généralement, en "briques de laitier". Elles sont issues du recyclage des sous-produits métallurgiques surtout composés de silicates et formés en cours de fusion pour rassembler les impuretés. De couleur grise, ces briques de laitiers proviennent principalement de hauts-fourneaux ou de la verrerie de Gironcourt-sur-Vraine.

5.2. Le bois de charpente et de menuiserie

Le bois est abondant dans le canton de Bulgnéville et provient des forêts environnantes. Les principales ressources se situent dans les Bois du Rondey, de la Bouloie, du Seigneur et de la Voivre, Les Noves, et de multiples petits bois répartis sur l'ensemble du canton. La quasi-totalité des fermes du canton ont une charpente dite à poteaux appelée localement « homme debout ». Elle se caractérise par une absence de pièce porteuse horizontale, des poteaux montant du sol à la toiture, des arbalétriers s’appuyant sur le poteau central, sur le mur gouttereau et un poteau intermédiaire, des aisseliers et des contrefiches soulageant parfois respectivement les arbalétriers et les pannes. Les "hommes-debout" sont disposés de manière à former un alignement de 3 à 5 piliers poteaux, délimitant entre eux deux ou trois travées perpendiculairement à la façade principale située en mur gouttereau.

Ces charpentes exigent des bois de grande longueur, afin de permettre une hauteur suffisante à l'aménagement d'un rez-de-chaussée maçonné et de greniers aptes à accueillir le grand volume nécessaire aux récoltes. Pour obtenir de grandes hauteurs sous le faîtage, il arrive régulièrement que les poteaux prennent appui, non sur pas sur un dé de pierre au sol, mais sur une sablière posée sur l’épaisseur d’un mur de refend séparant deux travées au premier niveau. Ce type de charpente offre l’avantage d’être relativement simple à exécuter, tout en réduisant la charge reportée sur les murs extérieurs. En outre, il facilite la pose de planchers intermédiaires. Seuls les chevrons reposent sur les murs gouttereaux, les murs pignons soutenant peu la charpente. Mais, ces toitures à long pans comportent parfois une demi-croupe du côté des vents dominants (environ 28% du corpus). Ce pan de toit est rarement abaissé jusqu'à former une croupe. Celle-ci est réservée aux fermes à pavillon, de conception plus savante. Une ferme relevée a aussi ajouté une sous-faîtière reliée à la faîtière par des jambes de force en croix de saint André (Ferme n°15 à Bulgnéville).

Les charpentes à poteaux exigent une grande quantité de bois, chaque "homme-debout"nécessitant l’abattage d’un arbre. Ils sont en chêne, tandis que les pannes et autres pièces horizontales sont plutôt en sapin, en accord avec l'expression "chêne debout, sapin couché". Les charpentes à poteaux permettent la structuration de toitures à deux pans avec de faibles pentes, mais de très grandes longueurs adaptées au principe de la maison en profondeur. De plus une toiture à faible pente est plus adaptée à la couverte de tuiles creuses, qui était la référence sur le canton.

Seules deux fermes possèdent également un auvent de bois soutenu par des consoles d'avant-toit, probablement antérieures à la Guerre de Trente ans. Elle permet de rejeter l'eau du toit loin de la façade sur l'usoir (Fermes n°16 à Crainvilliers, n°35 à Gendreville). Quelques autres auvents sur consoles ont plutôt été établis aux 19e et 20e siècles, pour abriter la charrette au moment d'engranger le foin par la gerbière (Fermes n°39 à Dombrot-sur-Vair, n°27 à Gendreville, n° 21 à Vrécourt).

Si le bois est abondant dans la région, aucune construction en pan de bois, ni aucun essentage en bardeaux n'a été observé sur le canton. Le bois est toutefois utilisé pour la confection de remises ou hangars sur poteaux de bois, qui sont souvent accolés à la ferme et fermés par un essentage de planches ou de tôle.

Enfin, le bois est largement utilisé à l'intérieur des fermes. Les balanciers et les sols des greniers sont constitués de poutres sur lesquels sont fixées des planches. Les sols du logis peuvent être garnis de planchers en chêne au rez-de-chaussée et en sapin à l'étage. L'ensemble des huisseries, des portes, des volets et du mobilier est traditionnellement conçu en bois. On peut d'ailleurs rappeler l'importance des Établissement Edmond Bailly à Saint-Ouen-lès-Parey, fondée en 1852, qui est une des plus anciennes usines de production de meubles de Lorraine, et probablement la plus importante. Elle emploie 70 personnes en 1870, habitant à Saint-Ouen, Saulxures-lès-Bulgnéville, Urville et La Vacheresse-et-la-Rouillie, en tant que sculpteurs, ébénistes, monteurs, mais aussi canneuses. A Bulgnéville, la fabrique de chaise fondée en 1879 par Charles Thierry et reprise par Émile Cornet notamment, fonctionne jusqu'en 1901.

5.3. Les matériaux de couverture

Les fermes du canton de Bulgnéville sont couvertes à 80% de tuiles mécaniques et à 12% de matériaux récents (tôles ondulées ou nervurées, ciment amiante…). Ces éléments de couverture sont venus remplacer à partir du milieu du 19e siècle, les tuiles creuses préexistantes, dont les derniers témoignages sont repoussés sur les côtés des toitures (7% du corpus). Une seule maison de manouvriers (n°11 à Sauville) a conservé une toiture intégralement recouverte de tuiles creuses, et deux fermes (n°28 et n°29 à La Vacheresse-et-la-Rouillie) ont fait l’objet d’une restauration soignée. On notera également la présence de tuiles plates et en écaille sur les toitures des logis ou tours des fermes à caractère ostentatoire.

Répartition des différents matériaux de couverture des fermes du canton de BulgnévilleRépartition des différents matériaux de couverture des fermes du canton de Bulgnéville

Il est également à noter que des conduits de cheminée sont couverts d'un pare-pluie en tuiles posées en chevrons, pratique qui est employée dans le sud du département et en Haute-Saône notamment.

Ferme n°14 à Belmont-sur-Vair, vue en toiture du conduit de cheminée du logis de gauche avec pare-pluie en tuilesFerme n°14 à Belmont-sur-Vair, vue en toiture du conduit de cheminée du logis de gauche avec pare-pluie en tuiles

Les tuiles creuses et mécaniques les plus anciennes présentes sur le canton de Bulgnéville sont de fabrication locale. La tuilerie de Morville est mentionnée dès la fin du 17e siècle comme dépendant du Baron Dessalles, de Rorthey. Celle-ci occupe 6 ouvriers à la fin du 19e siècle et est aujourd'hui complètement détruite. En observant la carte des Naudin (1728-1739), on peut aussi voir l’ancienne présence d’une tuilerie à la ferme de la Dreuve à Auzainvilliers. Trois autres sont signalées en bordure du canton actuel (à Contrexeville, Vittel et Martigny-les-bains). La carte de Cassini (1758-1761) confirme la présence de la tuilerie de Morville, mais pas celle de la Dreuve. Elle figure de plus, celle de Vrécourt. Le toponyme de « La Tuilerie » visible sur le cadastre napoléonien à la sortie nord d'Auzainvilliers laisse à penser à une fabrique présente au début du 19e siècle. Vers 1845, les tuileries suivantes sont en activités : une au sud de Sauville (Rondey), deux à Vrécourt (Lapévotte et Jacquot), et deux autres à Saulxures-les-Bulgnéville (Rouge et Vuillaume) (cf. Lepage et Charton).

carte de l'exploitation des sols dans le canton de Bulgnévillecarte de l'exploitation des sols dans le canton de Bulgnéville

Aires d'études Bulgnéville
Dénominations ferme, maison, étable, remise agricole

Si les premiers hommes parcourent l'ouest vosgien dès le Paléolithique inférieur, toutefois les sites d'occupation les plus anciens de l'ex-canton de Bulgnéville remontent plutôt à la période du Bronze final, et de Hallstatt (de nombreux tumuli sont attestés). La carte archéologique mentionne aussi plusieurs voies romaines, des villae, des vestiges et du mobilier gallo-romains qui laissent à penser à un peuplement assez important sur ce territoire (voie allant de Langres vers La Moselle avec embranchement La-Neuveville/Nijon, et voie allant de Damblain vers la Haute-Marne avec embranchement Houécourt/Lamarche).

Les toponymes (notamment en -villa, -court) indiquent une structuration des villages entre les 7e et 9e siècles ap. J.-C. L'organisation médiévale met en avant les places fortes de Belmont-sur-Vair, Bulgnéville, Dombrot-sur-Vair, Mandres-sur-Vair, Roncourt, Saint-Ouen, Parey-sous-Montfort et Vrécourt, sièges de la noblesse locale. Le territoire dépendait au spirituel du diocèse de Toul. Les abbayes vosgiennes et les ordres monastiques y ont des possessions (Prémontrés de Flabémont, Templiers, Hospitaliers de Robécourt).

Le territoire a fortement souffert de la période de la guerre de Trente Ans et des épidémies au 17e siècle. Dans le cadre des sièges de la Mothe, les châteaux et nombre de villages avoisinants sont détruits vers 1634. Agéville, Malaincourt, Mandres-sur-Vair, Médonville, Saint-Ouen-lès-Parey, Roncourt, Saulxures, Sauville, Surcelles, Ovillet, Vrécourt... sont incendiés au moins en bonne partie. En effet, la grande Foret de Saint-Ouen à La Vacheresse était le quartier général des partisans lorrains qui harcelaient les armées française et écossaise. Entre les deux sièges, la peste fit de nombreuses victimes en 1636 et 1639, surtout à Dombrot et Vrécourt (123 personnes).

Si bien que certains villages sont vides d'habitants dans les années 1640. Les terres sont en friche, et il n'a plus un seul habitant à Roncourt et à Dombrot-sur-Vair (Bouzey) en 1644. Après la destruction de La Mothe, la présence des armées française et suédoise se prolonge au moins jusqu’en 1650.

La reconstruction ne se fait que lentement et s'étale sur les dernières décennies du 17e siècle. Elle n'a pas encore débuté en 1652 à Roncourt par exemple, et certains villages comme Surcelles et Ovillet (Auzainvilliers), Agéville (Suriauville) sont abandonnés définitivement. Il faut refaire les terriers et les arpentages des propriétés dans de nombreux villages (Crainvilliers, La Vacheresse, La Rouillie, Saint-Ouen, Parey).

Au vu des dénombrements de populations de 1710, les communautés se sont reconstituées assez rapidement, surtout par rapport aux villages de la Vôge et du massif Vosgien (cf Idoux - Les ravages de la guerre de Trente Ans dans les Vosges - 1912 - page 280 et suivantes).

À partir du 18e siècle, les villes agricoles, artisanales/industriels et commerçantes se développent rapidement (Bulgnéville, Saint-Ouen-lès-Parey, Saulxures-lès-Bulgnéville, Sauville, Suriauville, Vrécourt). Bulgnéville demeure la localité la plus importante de la plaine thermale (700 habitants en 1700) jusqu'à la veille de Révolution Française. Elle est alors supplantée par Vittel, qui bénéficie du développement du thermalisme.

Ces bourgs maintiennent cette activité économique et démographique au cours du 19e siècle, tandis que les franges sud et ouest subissent plus durement la transition démographique et l'exode rural, perdant plus de la moitié de leur population entre 1793 et 2006 (Aingeville, Crainvilliers, Gendreville, La Vacheresse-et-la-Rouillie, Malaincourt, Médonville, Sauville, Urville, Vrécourt). La région est aussi touchée par le choléra (1854), qui a fait de nombreuses victimes à Gendreville, Malaincourt et Vaudoncourt entre autres.

Les villages de la partie nord-est parviennent à mieux maintenir leur population sur place en bénéficiant des axes de communication entre Neufchâteau, Châtenois et Vittel, et le développement des industries (extraction de la Houille, production textile/broderie/dentelle, menuiserie...).

Tableau de dénombrement de la population des communes de l'ancien canton de Bulgnéville en 1793, 1886, 1896, 1906 et 2006 (sources: EHESS)Tableau de dénombrement de la population des communes de l'ancien canton de Bulgnéville en 1793, 1886, 1896, 1906 et 2006 (sources: EHESS) Graphique montrant l'évolution de la démographie dans les communes du canton de Bulgnéville ayant contenu la baisse de leur population (sources : EHESS)Graphique montrant l'évolution de la démographie dans les communes du canton de Bulgnéville ayant contenu la baisse de leur population (sources : EHESS)

Graphique montrant l'évolution de la démographie dans les communes du canton de Bulgnéville ayant accusé une forte baisse de leur population au cours des 19e et 20e siècles : qui ont perdu plus de la moitié de leur population entre 1793 et 2006 (sources : EHESS)Graphique montrant l'évolution de la démographie dans les communes du canton de Bulgnéville ayant accusé une forte baisse de leur population au cours des 19e et 20e siècles : qui ont perdu plus de la moitié de leur population entre 1793 et 2006 (sources : EHESS) Graphique montrant une évolution de la démographie dans les communes du canton de Bulgnéville ayant subi une hausse de leur population au 19e siècle, puis une baisse au 20e siècle (cas particulier de Bulgnéville). - (sources : sources : ehess)Graphique montrant une évolution de la démographie dans les communes du canton de Bulgnéville ayant subi une hausse de leur population au 19e siècle, puis une baisse au 20e siècle (cas particulier de Bulgnéville). - (sources : sources : ehess) Carte montrant la répartition de l’évolution démographique au 19e siècle et au 20e siècle.Carte montrant la répartition de l’évolution démographique au 19e siècle et au 20e siècle.

Bulgnéville et les communes environnantes sont essentiellement rurales. Jusqu'au début du 20e siècle, les champs y sont cultivés selon le principe de l'assolement triennal, alternant sur trois années la production de blé, d'avoine, puis le repos en jachère. On sème des trèfles et des minettes dans les avoines pour augmenter le fourrage. Dans ces jachères (ou versaines), on cultive plutôt des pommes de terre, betteraves, trèfles, quelques orges, seigle, lin, pois, lentilles, fèves et féveroles. Les chènevières produisent le chanvre d'utilisation locale (habillement, corderie). L'excédent des récoltes se vend sur les marchés de Bulgnéville ou de Mirecourt principalement. Les autres légumes de consommation locale (chou, salade, carotte…) sont cultivés dans les potagers à l’arrière des maisons. L'agriculture se modernise progressivement au cours du 19e siècle. Auparavant, les champs étaient labourés avec des charrues de bois et n'étaient que rarement ou mal fumés (sources : AD88 – 11T26/254). A Aulnois par exemple, on étend le fumier destiné aux ensemencements des céréales d'automne, lors du dernier labour, qui se fait souvent la veille des semailles, idéalement entre le 20 septembre et le 10 octobre. Le principe de vaine pâture ne fait que peu de fumier car le bétail est dans les prés tout le jour la moitié de l’année. Aussi, les engrais chimiques, qui restent faibles, commencent à être mis en œuvre par quelques cultivateurs à partir de 1880 (scories de déphosphoration, sulfate d'ammoniaque, nitrate de soude, sulfate de fer, kaïnite, sulfate de chaux)(sources : AD88 – 11T14/14).

L'emploi de machines agricoles est également limité dans la première moitié du 19e siècle, en raison de la petite taille de parcelles résultant de partages successoraux morcelant les terres. A la fin du 19e siècle, des échanges sont effectués entre les propriétaires pour regrouper les parcelles trop exiguës, limiter les frais de clôtures et d'exploitation. L'utilisation des charrues métalliques, de faucheuses et de moissonneuses se développe alors, ainsi que celle des herses, des râteaux (andaineuses), des rouleaux, des semoirs.... Chaque cultivateur possède une batteuse mécanique à cheval, un tarare, une coupe-racine... Certains installent des systèmes de levage des chariots pour décharger le foin dans les greniers (croix de lorraine, balancier mobile...). Progressivement, les chevaux sont remplacés par des moteurs ou des treuils au cours du 20e siècle. L'emploi de machines permet également de réduire la main-d’œuvre nécessaire pour réaliser les fenaisons et les moissons. En effet, la transition démographique et l'exode rural a créé une pénurie d'ouvriers agricoles et de journaliers, qui se fait fortement sentir dans les années 1870 à 1900.

Parallèlement dans ce dernier quart du 19e siècle, la culture du colza, du lin, et surtout de pomme de terre se développe. Les anciennes friches ou mauvais champs de nature argileuse et humide sont convertis en prés à faucher ou à pâturer. Les prairies artificielles sont aménagées, au détriment de la pratique de la vaine pâture qui est en usage autour de Bulgnéville jusqu'au début du 20e siècle. Le principe était régi par la coutume lorraine. Il permettait aux bêtes (ovins principalement, voire caprins et porcs) d’être regroupées en troupeau sous la conduite du berger employé par la commune au 19e siècle. Il devait mener ce troupeau paître sur les terrains communaux attribués en lots aux chefs de ménages (bordures de chemins, les vergers, les bois, les prairies et les jachères) sans qu'ils y fassent de dégâts. Le conseil municipal pouvait d'ailleurs suspendre la vaine pâture lorsque les fortes pluies ramollissaient le sol et que son piétinement par les animaux compromettait la récolte suivante. La vaine pâture était pratiquée au printemps lorsque les provisions de foin étaient épuisées, et après la récolte du regain qui d’ordinaire se terminait au 1er août, à moins de l’espoir d’une seconde récolte. L'élevage et le commerce de bestiaux était assez important pour l'économie locale (fumier et produit de la vente des bêtes, du lait, de la laine). Face aux difficultés à trouver un bon berger, les communes n'hésitaient pas à acquérir une maison pour l'y loger, et améliorer la stabilité de ces manouvriers.

Au début du 20e siècle, l'élevage des ovins et caprins est progressivement abandonné au profit de celui des vaches laitières, des veaux de boucherie et des porcs. Le nombre de volailles (poules, oies, canards et pigeons) dont on valorisait la viande, les œufs et les plumes, diminuent aussi fortement. La vaine pâture est abandonnée au profit de l'élevage laitier privé dans les fermes qui passent de quelques têtes à une dizaine, puis plusieurs dizaines après la Seconde Guerre Mondiale. Le lait est alors regroupé dans des coopératives (Neufchâteau, Bulgnéville, Sandaucourt, Aingeville, Vrécourt, Gendreville, Parey-sous-Montfort...) puis transformé en fromage. La Coopérative de l’Ermitage (Bulgnéville / Saulxures-lès-Bulgnéville), crée en 1931, regroupe aujourd'hui plus de mille éleveurs pour une dizaine de sites de production de fromages dans les Vosges et en Franche-Comté.

En 1886, quasiment tous les villages du canton dénombrent entre 1 et 5 vignerons. Crainvillers, Suriauville, La Vacheresse-et-la-Rouillie, Norroy et Vrécourt en comptent même entre 10 et 53 par commune (sources : AD88 - 6M). Le vin est exporté les bonnes années, et l'on produit de l'eau-de-vie consommée sur place à partir du marc. Les vignes locales sont délaissées lors de l'arrivée des vins du Midi ou des côtes de Toul par le chemin de fer (à partir de 1878) et surtout suite à la crise du phylloxera (à partir de 1894 dans les Vosges), malgré l'action de Léon Millot (1847-1917), pépiniériste à Mandres-sur-Vair, très investi dans la culture de la vigne et la lutte contre les maladies, fondateur de la Société vosgienne de viticulture et de production fruitière, et surnommé le « père de la vigne vosgienne ».

Le territoire de l'ancien canton de Bulgnéville subit de fortes gelées à l'hiver 1879-1880 qui touchent les vignes, mais détruisent surtout une grande partie des vergers entourant les villages (noyer, pommier, poirier, prunier, mirabellier), qui n'ont généralement pas été replantés.

Les surfaces boisées ont peu évolué depuis plusieurs siècles. Avant l'établissement de la voie ferrée, la production des bois servait plutôt localement (charpentes des maisons, poteaux de clôture, échalas pour les vignes, douves et planches pour tonneaux, et en bois de chauffage). Par la suite, une grande partie des gros chênes est achetée par des marchands de bois et expédiée par la voie ferrée (pour la marine notamment). Les surplus étant utilisés sur place. Cette activité est particulièrement développée à La Vacheresse-et-la-Rouillie où 41 chefs de familles sont bûcherons, scieurs de long ou charbonniers, 5 sont tourneurs sur bois, 5 sabotiers et 14 marchands en 1886 (sources : AD88-6M1066).

En parallèle de leur production agricole, nombre de familles complète leur revenu par des activités artisanales ou commerçantes. Quasiment tous les villages possèdent un maréchal-ferrant, un maçon, un charpentier, un cordonnier, un cafetier, un boulanger, un charron... En plus de la gestion du foyer et du potager, les femmes mettent en œuvre le lin, le chanvre et la laine. Elles travaillent à domicile en tant que brodeuses, dentellières, couturières, voire gantières ou modistes ; certains hommes sont aussi tisserands.

Parallèlement, la population locale est également employée dans les manufactures qui se développent au milieu du 19e siècle. Parmi les plus importantes du secteur, on peut relever par exemple, la fabrique de meubles d'Edmond Bailly à Saint-Ouen-lès-Parey (créée en 1952, probablement la première et la plus importante de la région, employant 70 personnes en 1870, dont 11 canneuses en 1906), la fabrique de souliers (50 ouvriers au milieu du 19e siècle) et la filature de laine de Bulgnéville (40 ouvriers au milieu du 19e siècle), la fabrique de meubles à Saulxures-lès-Bulgnéville (40 ouvriers en 1845 au milieu du 19e siècle), etc.

Dans l'ouest, la mise en œuvre du fer et de la fonte se traduit par l'activité de l'usine métallurgique du Fourneau, de la fonderie de cloches Rosier et de la Fonderie Poulet à Vrécourt, fonderie decloches d'Urville, ateliers de fabrication de charrues, de socs et de petits matériels agricoles (Sauvageot et Mercier à Vrécourt)...,mais aussi la présence de ferblantiers, couteliers, ciseliers à Gendreville, de fondeurs de cuillers et de marchands ambulants spécialisés à Crainvilliers par exemple.

À la fin du 19e siècle, d'importantes usines à proximité incitent aussi quelques habitants à devenir ouvriers (embouteillage de Vittel, verrerie de Gironcourt-sur-Vraine...).

La Houille triasique est également exploitée à proximité de Bulgnéville pour palier le manque de bois pour alimenter les industries locales de métallurgie et de verre (Darney, Attigny, Monthureuex-sur-Saone...). À partir de 1829, l'exploitation de la mine de St Menge s'étend notamment sur le territoire de Parey-sous-Montfort, Belmont-sur-Vair et Dombrot-sur-Vair. Entre 1832 et 1890, la concession les houillères de Bulgnéville s'étend sur les communes de Saulxures, Saint-Ouen-lès-Parey, sud de La-Vacheresse-et-la-Rouillie et Crainvilliers. La concession de Suriauville est établie en 1859 pour les communes Mandres-sur-Vair, Contrexeville, Saint-Ouen-lès-Parey, nord de La-Vacheresse-et-la-Rouillie et Crainvilliers. L'exploitation de ce lignite d'une qualité assez faible est abandonné vers 1902, au profit du charbon du nord de la Lorraine apporté par le chemin de fer. Elle est réactivée exceptionnellement lors des deux guerres mondiales et la reconstruction, pour faire face aux pénuries (cf. DOYEN, Jean-Pierre. Le charbon dans les Vosges (1776-1948). Annales de la société d'émulation du département des Vosges, 1984, p. 83-100).

Le territoire est également semé de nombreuses tuileries et carrières de pierre (moellons, sable et pierres de taille), de gypse plâtre qui répondent à une demande locale.

La modernisation de l'ancien canton de Bulgnéville s’accélère avec la mise en service en 1878 de la ligne de chemin de fer entre Epinal et Neufchâteau et la gare « Aulnois-Bulgnéville ». Partiellement fermée en 1970, la ligne est aujourd’hui utilisée pour le fret.

L'adduction d'eau courant n'est installée dans certains villages (Dombrot-sur-Vair, Vaudoncourt...) que vers 1970, les habitants s’approvisionnant aux fontaines communales ou aux puits privés.

L'autoroute A31 est mise en service en juin 1984 entre Montigny-le-Roi - Toul-Sud (sorties 8 à 12), avec l'aire de repos « Lorraine Sandaucourt La Trelle » et la sortie n°9 à Bulgnéville.

Les dossiers d'archives communales déposées (Archives départementales des Vosges) n'ont pas été consultées (car non communicables). Ils semblent toutefois contenir des informations intéressantes concernant les statistiques agricoles, voire quelques plans.

Période(s) Principale : 16e siècle, 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle, 20e siècle , daté par travaux historiques, porte la date
Typologies Ferme à pavillon, Ferme à double logis, Maison de manouvriers, Ferme à plusieurs corps de batiment, Ferme à plan en L, Ferme à plan en U, Ferme à Charri
Décompte des œuvres nombre d'oeuvres étudiées 158
nombre d'oeuvres reperées 939

Annexes

  • État des sources - Architecture rurale du canton de Bulgnéville

    Archives Départementales des Vosges :

    E dépôt : Archives communales déposées (note : une partie n'a pas pu être consultée car non communicable de 2015 à 2018)

    E dpt 121/1 M 1. Bâtiments communaux. Crainvilliers

    E dpt 121/1 N 1. Biens communaux (plan). Crainvilliers

    E dpt 121/1 O 1.Voirie (plan). Crainvilliers

    E dpt143/1 DD 2. Biens communaux. Dombrot-sur-Vair

    E dpt 143/3 F 1. Agriculture. – Statistiques agricoles. Dombrot-sur-Vair

    E dpt 1 M 1-2. Bâtiments communaux. Dombrot-sur-Vair

    E dpt 198/3 F 1-8. Agriculture. Gendreville

    E dpt198/1 M 1. Bâtiments communaux. Gendreville

    E dpt198/1 N 2. Terrains communaux. Gendreville

    E dpt 288/1 M 1. Bâtiments communaux. Malaincourt

    E dpt 301/3 F 1-9.Agriculture. Médonville

    E dpt 301/2 K 1-2. Personnel communal, pâtre. Médonville

    E dpt 301/1 M 4. Projets. Laiterie. Médonville

    E dpt 337/FF 1. Norroy

    E dpt 455/HH 1. Chevaux et prairies. Sauville

    E dpt 455/3 F 1-7. Agriculture. Sauville

    E dpt 455/2 K 1. Personnel communal et personnel indemnisé par la commune. Sauville

    E dpt 491/3 F 1. Agriculture. Urville

    Série 75 J : Fonds Louis POISSON architecte (1875-1969)

    75 J 88 : Belmont-sur-Vair : M. Gaertner (Marcel). – Maison rurale, construction.1932

    75 J 115 : Bulgnéville : Coopérative laitière et fromagère. Plan d’ensemble. [1930]

    75 J 153 : Crainvilliers : Féculerie coopérative du Durbion.– Insfrastructures, projet. (2 plans) 1925

    75 J 330 : Malaincourt : M. Champagne (Jules). – Bâtiments agricoles, travaux d’amélioration. 1930

    75 J 16 : Médonville : Bâtiments agricoles, transformation et aménagement (1929)

    75 J 379 : Parey-sous-Montfort : M. Libaux (Émile). – Propriété, projet de transformation. (2 plans) 1942

    75 J 477 : Vrécourt : M. Saunier. – Écurie, construction.1929

    Série 147 J : Fond de Georges SAVOURET (1900-1980)

    147 J 1 : Enquêtes bâti rural pour les cantons de : Bains, Brouvelieures, Bruyères, Bulgnéville, Charmes, Châtel. 1942 - 1950

    Série 5 M : Santé publique et hygiène dans les Vosges (1800 - 1940)

    Tueries particulières.

    5 M 293 : M. Thirion à Belmont sur-Vair (2 plans couleur) (1883)

    5 M 300 : M. Lexcellent à Bulgnéville (1 plan) (1881)

    5 M 300 : M. Juvin à Bulgnéville (1 plan) (1881)

    5 M 304 : M. Bellot à Bulgnéville (2 plans dont 1 calque et 2 cartes d’état major)

    5 M 304 : M. Bourguignon à Crainvilliers (1 plan) (1935)

    5 M 304 : M. Amen à Saint-Ouen-les-Parey (2 plans couleur) (1925)

    5 M 304 : M. Rey à Vrécourt (2 plans dont 1 calque) (1928)

    5 M 304 : Mme Thouvenin à Vrécourt (2 plans dont 1 calque) (1928)

    Porcheries

    5 M 295 : M. Bellot et de la Coopérative laitière et fromagère de Sandaucourt et de la vallée de Bulgnéville à Sandaucourt (3 plans calque et 2 cartes d’état-major) (1934)

    5 M 296 : MM. Wagner à Hagnéville (2 plans et 2 cartes d’état-major) (1934-1935)

    5 M 294 : MM. Colin à Urville (5 plans) (1930)

    Fonderie de métaux.

    5 M 306 : MM. Poulet à Vrécourt (dont 1 plan couleur)(1863)

    Tanneries, mégisseries et corroieries.

    5M 344 : M. Jacquemin à Vrécourt (1823)

    5M 344 : M. Agnus à Vrécourt (1 plan couleur) (1871-1872)

    Série 6 M : Dénombrement de la population Listes nominatives et tableaux. (1820-1936)

    6 M 546 Aingeville (1886-1901-1906)

    6 M 561 Aulnois (1886-1896-1901-1906)

    6 M 566 Auzainvilliers (1886-1901-1906)

    6 M 595 Belmont-sur-Vair (1886-1901-1906)

    6 M 624 Bulgnéville (1886-1896-1901-1906)

    6 M 666 Crainvilliers (1886-1901-1906)

    6 M 688 Dombrot-sur-Vair (1886-1896-1901-1906)

    6 M 751 Gendreville (1886-1896-1901-1906)

    6 M 786 Hagnéville (1886-1901-1906)

    6 M 842 Malaincourt (1886-1901-1906)

    6 M 844 Mandres-sur-Vair (1886-1896-1901-1906)

    6 M 855 Médonville (1886-1896-1901-1906)

    6 M 877 Morville ((1886-1906)

    6 M 895 Norroy (1886-1896-1901-1906)

    6 M 906 Parey-sous-Montfort (1886-1896-1901-1906)

    6 M 965 Roncourt (1886-1896-1901-1906)

    6 M 1005 Saint-Ouen-lès-Parey (1886-1896-1901-1906)

    6 M 1009 Saint-Remimont (1886-1901-1906)

    6 M 1024 Saulxures-lès-Bulgnéville (1886-1896-1901-1906)

    6 M 1027 Sauville (1886-1896-1901-1906)

    6 M 1041 Suriauville (1886-1896-1901-1906)

    6 M 1063 Urville (1886-1901-1906)

    6 M 1066 La Vacheresse-et-la-Rouillie (1886-1896-1901-1906)

    6 M 1078 Vaudoncourt (1886-1901-1906)

    6 M 1106 Vrécourt (1886-1896-1901-1906)

    Série 36 M : Agriculture des Vosges (an IX-1941)

    36 M 14 enquêtes agricoles (1866-1880)

    36 M 15 bêtes à laine (1811-1813)

    36 M 20 chevaux

    36 M 250 culture du lin

    36 M 274 pommes de terre

    36 M 380 vaine pâture, troupeaux communaux et patres (1861-1940)

    Série 2 O : Administration communale (an X-1940).

    2 O 52/9 Bâtiments communaux. Belmont-sur-Vair

    2 O 83/1 Agriculture et statistiques. Bulgnéville

    2 O 83/9-10 Bâtiments communaux. Bulgnéville

    2 O 124/10 Biens communaux. Crainvilliers

    2 O 146/9 Bâtiments communaux. Dombrot-sur-Vair

    2 O 201/10 Bâtiments communaux. Gendreville

    2 O 237/9 Bâtiments communaux. Hagnéville

    2 O 414/13 Château de Roncourt. Roncourt

    2 O 295/10 Bâtiments communaux. Malaincourt

    2 O 297/9 Bâtiments communaux. Mandres-sur-Vair

    2 O 308/2 Agriculture. Médonville

    2 O 308/10 Bâtiments et monuments communaux. Médonville

    2 O 346/9 Bâtiments communaux. Norroy

    2 O 358/10 Bâtiments communaux. Parey-sous-Montfort

    2 O 453/9 Bâtiments communaux. Saint-Ouen-lès-Parey

    2 O 457/10-11 Bâtiments communaux Saint-Remimont

    2 O 470/10 Bâtiments communaux. Saulxures-lès-Bulgnéville

    2 O 472/8 Bâtiments communaux. Sauville

    2 O 487/2 Agriculture. Suriauville

    2 O 487/10 Bâtiments communaux. Suriauville

    2 O 510/9 Bâtiments communaux. Urville

    2 O 515/10 Bâtiments et monuments communaux. La Vacheresse-et-la-Rouillie

    2 O 526/10 Bâtiments communaux. Vaudoncourt

    2 O 555/9 Bâtiments et monuments communaux. Vrécourt

    Série 3 P : Cadastre et remembrement dans les Vosges (an VIII- 1930).

    3 P 4477 Aingeville : Atlas Portatif

    3 P 4490 Aulnois : Atlas Portatif

    3 P 4495 Auzainvilliers : Atlas Portatif

    3 P 4516 Belmont-sur-Vair : Atlas Portatif

    3 P 4543 Bulgnéville : Atlas Portatif

    3 P 4575 Crainvilliers : Atlas Portatif

    3 P 4595 Dombrot-sur-Vair : Atlas Portatif

    3 P 4645 Gendreville : Atlas Portatif

    3 P 4672 Hagnéville-et-Roncourt : Atlas Portatif

    3 P 5223/1-4 Malaincourt

    3 P 4724 Mandres-sur-Vair : Atlas Portatif

    3 P 4735 Médonville : Atlas Portatif

    3 p 5256/1-2 Morville

    3 P 4768 Norroy : Atlas Portatif

    3 P 4779 Parey-sous-Montfort : Atlas Portatif

    3 P 4859 Saint-Ouen-lès-Parey : Atlas Portatif

    3 P 4863 Saint-Remimont : Atlas Portatif

    3 P 5386/1-3 Saulxures-lès-Bulgnéville

    3 P 5388/1-5 Sauville

    3 P 4889 Suriauville : Atlas Portatif

    3 P 4903 Urville : Atlas Portatif

    3 P 5426/1-3 La Vacheresse-et-la-Rouillie

    3 P 4913 Vaudoncourt : Atlas Portatif

    3 P 4934 Vrécourt : Atlas Portatif

    Série 11 T : Monographies communales des Vosges (1881-1904).

    11 T 14/2 HOCQUARD, État de la commune d’Aingeville à la veille de la Révolution (état des personnes terrains communaux, administration, agriculture, industrie, commerce).1889.

    11 T 14/14 HENRY (J.-J.), Aulnois. Monographie rurale, précis historique et géographique, histoire communale (1900) Suivie d’un plan de la commune au 1/1000

    11 T 15/38 ANONYME, Belmont-sur-Vair, état de la commune à la veille de la Révolution.

    11 T 18/87 DROUOT, Statistique rétrospective sur la commune de Crainvilliers présentant la situation à tous les points de vue à la veille de la Révolution.1888

    11 T 19/105 LEFEVRE, Dombrot-sur-Vair. Notice sur la commune avant 1789.1889

    11 T 20/142 COLAS, Gendreville. État d’une communauté rurale à la veille de la Révolution de 1789.1889

    11 T 21/167 MAREL, Hagnéville. Etat de la communauté à la veille de la Révolution.

    11 T 23/208 FRANOUX, Malaincourt. Notice historique sur la commune avant 1789.1889

    11 T 23/209 ANONYME, Mandres-sur-Vair. Historique de la commune avant 1789

    11 T 23/218 HOCQUARD, Médonville. État d’une communauté rurale à la veille de la Révolution de 1789.1889

    11 T 25/245 DROUOT, DURAND, MARCHAL (A.), SIMONIN, THIRIET, Nossoncourt-Norroy-sur-Vair. Le Ban de Nossoncourt57, état d’une communauté rurale à la veille de la Révolution de 1789. 1889

    11 T 26/254 BERNARD, Parey-sous-Montfort. Statistique rétrospective présentant la situation à plusieurs points de vue dans l’une des années précédent la Révolution.1888

    11 T 28/292 CROUVISIER, Monographie de Roncourt. suivie d’une carte de la commune de Roncourt au 1/10000ème 1888

    11 T 29/312 COLLOT, La commune de Saint-Ouen-lès-Parey avant la Révolution (1889). CHEVALIER (C.), Essai historique sur Saint-Ouen aux environs de la Révolution (1891). 1889-1891 Avec une coupe du territoire (Sud-Ouest/Nord-Est), un croquis figurant divers fossiles (ammonite, bélemnite, gryphée arquée), un dessin de la tombe de Sainte Ode, les armoiries de la famille HARAUDEL, un dessin du monument à l’intérieur de l’église

    11 T 29/316 RIPART, Saint-Remimont. État de la communauté à la veille de la Révolution de 1789. 1889

    11 T 29/322 HORIOT, Saulxures-lès-Bulgnéville. Situation de la commune à la veille de la Révolution (1889) Avec copie d’un procès qui eut lieu à Bourmont en 1732 entre le curé de Saulxures de Prantois et l’abbé de Luxeuil au sujet de la dîme et d’une carte de la commune au 1/26800ème

    11 T 31/347 PERRON, La Vacheresse-et-la-Rouillie. Situation à la veille de la Révolution de 1789. 1889

    11 T 31/353 THIERY, Vaudoncourt. Histoire de la commune avant 178979. 1888 Suivie d’un plan parcellaire du domaine seigneurial et d’un plan du cimetière

    11 T 32/372 MICHEL, État de la communauté de Vrécourt à la veille de la Révolution de 1789(1889) ; Monographie de la commune de Vrécourt(1900). 1889-1900

    Sous-série 4 Fi : Cartes postales. (XIXe-XXe s.)

    4 Fi 22/2, 1187 - Auzainvilliers. Route de Bulgnéville. (Sans date)

    4 Fi 22/3, 1188 - Auzainvilliers. Rue du Breuil. (13 février 1914)

    4 Fi 79/1, 1625 - Bulgnéville. - Maison Silvestre. Téléphone 8. (26 décembre 1912)

    4 Fi 79/6, 3127 - Bulgnéville. - La place. (Sans date)

    4 Fi 79/7, 3128 - Bulgnéville. - Rue de l'église. (Sans date)

    4 Fi 79/8, 3129 - Bulgnéville. - Rue Sainte-Anne. (Sans date)

    4 Fi 79/9, 3130 - Bulgnéville. - Rue des potiers. (Sans date)

    4 Fi 79/12, 12499 - Bulgnéville. - Avenue de Neufchâteau.(Sans date)

    4 Fi 79/13, 12500 - Bulgnéville. - La place (vue de face). (Sans date)

    4 Fi 79/15, 21324 - Bulgnéville. - Sortie de l'église. (Sans date)

    4 Fi 79/16, 21325 - Bulgnéville. - Vue générale. (Sans date)

    4 Fi 79/17, 33688 - Bulgnéville. - Rue de Sainte-Anne. (Sans date)

    4 Fi 119/1, 2420 - Crainvilliers. - Vue générale. (Sans date)

    4 Fi 141/1, 52890 - Dombrot-sur-Vair. - Vue de l'église et de la rue des Saints. (ss date)

    4 Fi 141/2, 52891 - Dombrot-sur- Vair. - Vue d'ensemble du château que fit construire, pour l'habiter, le seigneur de Bouzey après la démolition de son château-fort en 1640. Propriété du Café-Restaurant Pierrot avec un bel étang poissonneux dans la cour. (1907)

    4 Fi 195/1, 14035 - Gendreville. - [Maison]. (13 juin 1907)

    4 Fi 285/1, 8261 - Mandres-sur-Vair. - Vue générale (côté ouest). (1919)

    4 Fi 285/2, 8262 - Mandres-sur-Vair. - Le village de la colonie scolaire. (Sans date)

    4 Fi 285/3, 8263 - Mandres-sur-Vair. - Entrée de la colonie scolaire. (Sans date)

    4 Fi 285/5, 8265 - Mandres-sur-Vair. - La colonie scolaire partant en promenade.

    4 Fi 285/12, 22736 - Mandres-sur-Vair. - Départ d'une caravane de la colonie scolaire. (15 juillet 1917)

    4 Fi 296/4, 3368 - Médonville. - La place Jeanne d'Arc. (Sans date)

    4 Fi 296/5, 3369 - Médonville. - Villa Sainte-Thérèse de l'Enfant Jésus. (Sans date)

    4 Fi 332/1, 8444 - Norroy-sur-Vair. (1931)

    4 Fi 430/3, 8398 - Saint-Ouen-lès-Parey. Le château. (13 avril 1910)

    4 Fi 430/12, 53002 - Saint-Ouen-lès-Parey. - Vue du château. (9 avril 1953)

    4 Fi 430/16, 53006 - Saint-Ouen-lès-Parey. - Vue générale de la commune. (Sans date)

    4 Fi 430/17, 53007 - Saint-Ouen-lès-Parey. - Vue de la place de l'hôtel de ville. ([1905])

    4 Fi 430/18, 53008 - Saint-Ouen-lès-Parey. - Vue générale, prise du haut de Brulé. ([1905]-[1908])

    4 Fi 430/19, 53009 - Saint-Ouen-lès-Parey. - Vue de la commune depuis la route de La Rouillie. (17 août 1964)

    4 Fi 430/21, 53011 - Saint-Ouen-lès-Parey. - Vue générale de la commune prise depuis le clocher de l'église. (Sans date)

    4 Fi 430/25, 53016 - Saint-Ouen-Lès-Parey. - Vue du barrage sur l'Angers. (2011)

    4 Fi 448/1, 13331 - [Sauville]. - Rue de l'église. (Sans date)

    4 Fi 461/1, 13342 - [Suriauville]. - Maison C. Raclot d'après une aquarelle de J. Salducci. (Sans date)

    4 Fi 524/17, 21036 - Vrécourt. - Place des Trois Bourdons. (Sans date)

    4 Fi 524/19, 21038 - Vrécourt. - Grande rue. (Sans date)

    4 Fi 524/20, 21431 - Vrécourt. - Un coin de la place et groupe scolaire. (Sans date)

    4 Fi 524/21, 21432 - Vrécourt. - Rue du Champ Saint-Martin.(Sans date)

  • Mécanisation de l'agriculture à Aulnois, extrait de "Monographie rurale, précis historique et géographique, histoire communale"

    J.J. Henri, instituteur d'Aulnois en 1900, relate dans sa "Monographie rurale, précis historique et géographique, histoire communale" (sources : AD88 : 11T14/14) les changements qu'il observe dans la seconde moitié du 19e siècle. Il constate notamment que les terres issus de la vente des biens nationaux acquis par des bourgeois des villes voisines, font l'objet de convoitise à partir de 1825 par les cultivateurs et les manœuvres des villages.

    Dans la première moitié du 19e siècle, « le cultivateur n'a pour machines agricoles qu'une lourde charrue en bois, sauf coutre, soc, semelle qui sont en fer forgé avec pointe en acier, le tout faconné au marteau par le ou les forgerons du village. Les herses sont de massifs chassis en bois avec pointes ou dents ou en bois ou en fer forgé. Il en est de même pour les outils à mains des ses charrettes et voitures, lourdes, peu roulantes.[...] Il bat ses grains en grange, au fléau, tout l'hiver et les nettoie au van ou au tamis d'osier. Pour ce, il est debout dès deux heures du matin et ne se repose qu'un peu le soir, à la veillée. Les outils de culture et les autres à mains, sont aussi imparfaits que ceux d’aujourd’hui sont légers commodes et faciles à manœuvrer.

    Vers 1850, apparaissent au pays les charrues Dombasles, tout en acier et fer, sauf l'âge et les mancherons. Les avant-trains sont munies d'un régulateur léger et facile à manier. L'avant-train est lui-même tout fer et acier aussi léger que solide. [...] Avec un attelage de deux à quatre chevaux, on laboure mieux et plus vite qu'avec six jadis.

    C'est surtout à partir de 1870 que les progrès de la machinerie agricole s'accentuent. La charrue et la herse perfectionnées ne suffisent plus pour le travail de la terre, on y joint les scarificateurs, les extirpateurs, les houes à cheval, les rouleaux en fonte ou fer à disques mobiles, ondulées, etc. qui parachèvent et complètent le travail des premiers. [...] [Les charrues]sortent des usines de Darney-aux-chênes ou de Vaudoncourt, ou de Vrécourt. [...] Il y a une houe à cheval chez chaque cultivateur, qui à l'aide de pièces accessoires de rechanges se transforment au besoin en scarificateurs, extirpateurs et buttoirs. […] La faucille fut délaissées pour la faux armée d'un rateau pour faire la moisson et maintenant, celle-ci tant de plus en plus à disparaître pour faire place aux moissonneuses. [...] La faucheuse tant de plus en plus à suppléer avantageusement la faux. [celle-ci peut se transformé en moissonneuse][...]. Aujourd'hui tout le monde a des machines à battre avec manège à chevaux. Quelques uns ne vannent pas, mais chez tous il a un tarare ou grand van qui marche à bras ; plusieurs ont même un trieur pour compléter le travail du précédent. Point de semoir encore. Toutes les semailles des céréales ses font à la volée. Chaque maison de culture a son coupe-racines et quelques-unes, un concasseur."

Références documentaires

Documents d'archives
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    Archives départementales des Vosges, Épinal : 11T14/14
  • Général R. TRUTTMANN, Description du Château de Saulxures-lès-Bulgnéville, décembre 1970/janvier 1971. (note conservée dans le pré-inventaire de la commune)

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy : préinventaire
Bibliographie
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Périodiques
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  • François, Michel. A propos du cinquième centenaire de la bataille de Bulgnéville. Le pays lorrain, janvier 1933, n°1.

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  • Doyen, Jean-Pierre. Le charbon dans les Vosges (1776-1948). In Annales de la société d'émulation du département des Vosges, 1984, p. 83-100).

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