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Architecture rurale de la commune de Vaudoncourt

Dossier IA88031261 réalisé en 2017

Fiche

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Aires d'études Bulgnéville
Dénominations ferme, maison
Adresse Commune : Vaudoncourt

Le toponyme en -court indique que Vaudoncourt est certainement apparu lors de la vague de peuplement entre le 7e et le 9e siècle ap. J.-C. Toutefois la carte archéologique signale qu'un tumulus se trouverait à l'ouest de la commune et une voie romaine au nord-ouest. Sous l'ancien régime, Vaudoncourt dépendait de la prévôté de Bourmont, bailliage du Bassigny et au spirituel du diocèse de Toul, Doyenné de Vittel. Une chapelle dite Barbazan a été élevée à Vaudoncourt, en 1434 par le duc René en la mémoire de la Bataille de Bulgnéville qui s'y déroula en 1431 (ruinée au 17e siècle) (Lepage et Charton - 1845).

Appartenant à la baronnie de Bulgnéville, la communauté est achetée par la famille des Salles en 1692, puis appartient au comte de Labarthe à partir de 1787. Il semble que le village subit un incendie en 1781 et qu'« on a retrouvé un grand nombre de fondation dans le parc de M. Tulpain, Conseiller à la cour d'Appel de Nancy ». Au 18e et 19e siècle, les principales cultures était le blé, l'avoine (puis la pomme de terre) et le chanvre. Le pâturage pour l'élevage des bêtes de travail et de boucherie se faisait dans la prairie située entre Saulxures et Vaudoncourt. Chaque habitant était obligé de faire à la municipalité une « Déclaration de pâturage » dans laquelle il stipulait l'endroit et déclarait « se conformer aux lois rurales en vigueur. ». Dès la rentrée du regain, tous les bestiaux paissaient dans tous le champs. Il y avait des traces d'un four à chaux dans le village à la fin du 19e siècle, mais pas d'industrie. A cette date, on a exploité des gisements de phosphate de chaux, élément qui est pulvérisé et soumis à l'action de l'acide sulfurique pour être répandu sur les sols dont on veut améliorer la culture (AD88 - 11T31/353).

L'observation du dénombrement de population de 1886, confirme la vocation agricole de Vaudoncourt, complétée par quelques artisans (cordonnier, maçons, bûcherons, sculpteur) et commerçants (cafetier, aubergiste, marchand de mouton, marchand de fromage, chocolatier-pâtissier). On peut relevé 5 couturières et 2 brodeuses en 1886, 7 brodeuses (dont une à son compte et 5 travaillant pour Mme Thomas, brodeuse rue de l'Agréant) et 5 couturières en 1906.

En plus de l'actuel château dit Tulpain (2e moitié du 19e siècle), il existe une demeure bâtie au début du 18e siècle par la famille de Labarthe (rue de la Louvière). Un descendant de cette famille, Arsène Frédéric Joseph Vincent de Chalendar (1792,1863) a également marqué le village. Il commence sa carrière dans l'armée napoléonienne et la finit en tant que Général de division. Il a fait construire la maison de maître au nord-ouest de Vaudoncourt, dite le « château d'Anna ». On peut également citer le professeur Constant Verlot (1876, 1933) qui a été élu député et maire (cf. D. Florentin, Histoire succincte de Vaudoncourt. 2006).

L'adduction d'eau courant n'est installée dans le village qu'en 1970, les habitants s’approvisionnant aux fontaines communales ou aux puits privés. Notamment au puits artésien qui procure une eau savonno-ferrugineuse au centre du village. L’Église construite en 1855 et 1891 est à noter en raison de vitraux de Gabriel Loire datant de 1947.

Période(s) Principale : 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle, 20e siècle , porte la date, daté par travaux historiques

Vaudoncourt comprend 70 bâtiments (source INSEE), dont 19 repérés et 2 étudiés. Les fermes sont construites en moellons de grès, avec quelques reprises récentes en ciment. Elles sont le plus souvent couvertes d'une charpente à longs pans sur laquelle reposent des tuiles mécaniques. Les encadrements sont majoritairement en grès, rarement en bois, briques de laitier, IPN ou ciment. Dans cette commune, le patrimoine bâti est composé pour un gros tiers de fermes à trois travées de plan, les deux autres tiers étant des constructions à 2 ou 4 travées. Cinq bâtiments sont à double logis, deux ont un plan en L et deux fermes sont à pavillon. Aucune maison de manouvrier n'a été repérée.

Toutes les fermes sont parallèles à la voie et 68% sont mitoyennes. Dans le village, on pénètre dans le logis par une porte piétonne dans toutes les fermes sauf une où on entre dans l'habitation en passant par la porte charretière. Une bonne moitié des logis ont deux pièces en façade antérieure et sont plus larges que profonds. Pour les autres habitations en longueur, leur cuisine s'ouvre sur la rue et le poêle sur le jardin à l'arrière. Un petit oculus est parfois placé au-dessus de la pierre à eau pour l'éclairer (10%).

Le bâti conserve quelques éléments de décors (niches, statues, ferronnerie, marquise,…), dont quelques baies anciennes au centre du village : 3 baies à chanfrein, 2 encadrements moulurés, et un linteau à arc infléchi. Quelques portes piétonnes avec imposte vitrée et menuiserie intéressantes ont été conservées. Une ferme présente aussi des chaînes d'angle, en pierre de taille ou peintes, indiquant un effort d'ornementation des habitations.

Typologies Ferme à double logis, Ferme à plan en L, Ferme à pavillon
Toits tuile mécanique, ciment amiante en couverture, tôle ondulée
Murs grès moellon enduit
acier pan de métal essentage de tôle
béton parpaing de béton
Décompte des œuvres nombre d'oeuvres reperées 19
nombre d'oeuvres étudiées 2
nombre des immeubles au dernier recensement de l'INSEE 70

Annexes

  • Inventaire des biens d'une ferme à Vaudoncourt (fait le 22 mai 1762)

    Extrait du registre du greffe de haute justice et Seigneurie de M. des Salles, correspondant à un inventaire fait le 22 mai 1762 :

    « un cramail, un chenet, une paile à feu, un tir braise estimé le tout 2 livres 10 sous.

    Un lit garni de son plumon, traversin, matelas garni detoupe, le bois de lit, un mauvais rideau de laine estimé 12l.10s

    Une armoire neuve de bois de chaine estimé 31l

    une autre armoire de bois de chaine 25l

    un coffre bois de chaine fermant à clef estimé 4

    un petit coffre estimé 5s

    un lit garni de son plumon deux traversins pesan 31 livres estimé 27l.

    Bois de lit et rideau estimé 3 l.

    une petite couchette et le matelats détoupe estimé 1l.

    5 chaudrons de vin estimé à 25l.

    Un poulain, poil brun agé de 22 ans estimé 24l.

    Une génisse de 2 ans estimé 24l.

    Une truie estimé 24l.

    34 oyes à 15 sous pièce soit 25l.10s

    16 poules et le coq estimé 8l. »

    Sources : Thierry, P. Vaudoncourt. Histoire de la commune avant 1789. (30 décembre 1888). Conservé au Archives départementales du Département des Vosges : série 11T31/353).

Références documentaires

Documents d'archives
  • Extrait du cadastre napoléonien de Vaudoncourt en 1840, conservé aux Archives départementales des Vosges, Épinal - série 3P5436.

    Archives départementales des Vosges, Épinal : 3P5436
  • D. Florentin, Histoire succincte de Vaudoncourt. 2006

    collection particulière
  • Thierry, P. Vaudoncourt. Histoire de la commune avant 1789. (30 décembre 1888). Archives départementales des Vosges, Épinal : série 11T31/353.

    Archives départementales des Vosges, Épinal : 11T31/353
Bibliographie
  • Lepage, Henri et Charton, Charles. Le département des Vosges : statistique historique et administrative. Nancy : Berger-Levrault 1978, réimpression de l'ouvrage paru en 1845.

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
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