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Architecture rurale de la commune de Vaubexy

Dossier IA88031743 réalisé en 2018

Fiche

Aires d'études Dompaire
Dénominations ferme, maison
Adresse Commune : Vaubexy

La carte archéologique signale que la commune se trouve sur le tracé des voies romaines Corre à Charmes, d’Escles à Vaubexy et de Bâle à Metz. Une statuette en bonze de Mercure a aussi été découverte au 19e siècle, ainsi que des ornements en bronze de l’époque franque provenant de plusieurs tombes.

Le nom de « Waubrissey » est attesté depuis 1306. Vaubexy dépendait en 1594 du bailliage des Vosges, prévôté de Dompaire et de Valfroicourt, et à partir de 1751 du bailliage de Darney, coutume de Lorraine. Au spirituel, la commune est séparée de la paroisse de Jorxey et érigée en cure en 1715. Elle fait partie du doyenné de Jorxey, du diocèse de Toul et de l’évêché de Saint-Dié (Lepage et Charton. 1845).

Il semble qu’il y ait eu une maison templière dans le Bois de la Caille, détruite (AD88 – 11T31/351).

Le village a beaucoup souffert lors de l’épidémie de peste et de la guerre de Trente ans. En 1635, suite à une altercation entre les troupes Françaises et Lorraines, le château de Vaubexy appartenant aux seigneurs d'Ubexy est brulé pour ne pas servir de base aux Français, et s’en suit la destruction du village. En 1655, il n’y reste qu’un seul conduit (Idoux. Les ravages de la guerre de Trente ans dans les Vosges. 1912). Aussi, très peu de fermes présentent aujourd’hui d’éléments architecturaux visibles antérieurs au 17e siècle. Une ferme a été reconstruite au cours de la seconde moitié du 18e siècle à l’emplacement de l’ancien château (cf. : IA88031841). Les bâtiments datés par une pierre gravée ont été construits ou rénovés en 1713, 1811, 1822, 1828, 1829, 1836, 1838 et 1881. Les autres fermes sont datables principalement de la première moitié du 19e siècle, quelques-unes du 18e siècle et de la seconde moitié du 19e siècle (critères morphologiques et architecturaux, cadastre ancien). Ces dates évoquent d’une part la période de reconstruction après la guerre de Trente ans au début du 18e siècle ; et d’autre part la forte croissance démographique du 19e siècle. La population du village de 28 habitants en 1710, passe à 235 personnes en 1793, pour atteindre un maximum de 570 habitants en 1846. Puis cette population chute progressivement pendant le siècle et demi suivant en raison de l’exode rural (114 habitants en 2005).

Les pratiques des affouages, de la vaine pâture et de l’assolement triennal sont encore en vigueur dans la commune à la fin du 19e siècle. Selon les statistiques agricoles communales de 1857 à 1899 (sources : AD88 – Edpt504/3F1 - Agriculture), Vaubexy est essentiellement agricole, produisant principalement jusqu’à la fin du 19e siècle, du blé et de l’avoine, ainsi que des pommes de terre, du seigle, de l’orge, des légumes (pois, fèves, lentilles, carottes et autres racines), des betteraves à sucre, du chanvre et de la vigne. A partir de 1882, la culture du tabac est introduite, ainsi que celle du houblon pour alimenter les brasseries de Charmes et Ville-sur-Illon. Mais surtout, le développement de l’élevage bovin nécessite une importante production de betteraves fourragères, de navettes, de trèfle, de luzerne et de sainfoin (prairies artificielles). Par exemple, sont décomptés en 1882 : 146 bovins, 125 porcins, 69 moutons, 43 caprins, 58 chevaux, ainsi que 748 poules, 189 canards, 116 pigeons, 85 lapins, et 28 oies. Les productions ne sont pas encore mécanisées car uniquement 21 charrues et 12 machines à battre y sont alors signalés. L’exploitation de la vigne augmente également jusqu’aux crises du mildiou et du phylloxera vers 1900 qui provoquent un quasi-abandon de la production, au profit des vergers.

Le commerce de vin et de grains apportait des revenus complémentaires au villageois (Lepage et Charton. 1845).

L’observation du recensement de la population en 1886 (AD88-6M1076) confirme la vocation agricole du village, par la déclaration de 46 propriétaires-exploitants, 52 manouvriers/journaliers et une dizaine de vignerons. Un berger communal est signalé jusqu’en 1906, dont l’habitation est située dans la Grande Rue (non localisée), mais ne semble pas appartenir à la collectivité. La quasi-totalité des femmes sont dentellières (121) ou perleuses (33). Il y a également deux couturières, une blanchisseuse, un filassier, un perleur et un tailleur d’habits. On relève aussi de nombreux artisans et commerçants (aubergiste, buraliste, négociant, marchand de chevaux, épicier, charron, boucher, boulanger, maréchal-ferrant, étameur, maçon, savetier, sabotier, cordonnier). L’exploitation de la forêt fournit du travail à 14 bucherons, 3 menuisiers, 2 charpentiers et un marchand de bois. Le nombre important de maçons (14) est probablement en lien avec la carrière de sable située dans le quart en réserve de la forêt communale, agrandie en 1882. Lorsque l’exploitation est arrêtée, la commune autorise l’utilisation par les habitants du village sous la direction d’un maitre carrier à partir de 1909, afin de leur éviter d’aller acheter du sable à Charmes (AD88 - Edpt504/1N2). Plusieurs carrières de grès sont aussi mentionnées sur le ban communal (Lepage et Charton. 1845).

D’autres établissements sont à signaler notamment un moulin à grain, visible sur la carte de Cassini (milieu 18e siècle) et détruit dans la première moitié du 20e siècle. La tuilerie, isolée au sud-Est du château de Vaubexy et au nord du Bois d’Hennemont, forme un hameau signalé sur la carte de Cassini (milieu 18e siècle) et habité jusque vers 1930, puis détruit. Le Faubourg de l’Etang (lieu-dit Les Pouchés), isolé à l’ouest du village est composé de quelques maisons de manouvriers qui sont abandonnées vers 1890, puis ruinées.

Avant la mise en place de l’adduction d’eau en eau potable vers 1956, le village était approvisionné en eau par un ensemble de quatre fontaines-lavoirs publics et des puits privés.

Période(s) Principale : 18e siècle, 19e siècle, 20e siècle , porte la date, daté par travaux historiques

Vaubexy comprend 76 résidences (source INSEE - 2015), dont 29 bâtiments repérés et 5 étudiés.

Le patrimoine bâti y est majoritairement composé d’anciennes fermes à trois travées de plan, avec la grange séparant le logis de l’étable (53% du corpus). Les autres fermes sont soit plus modestes avec deux travées : grange et logis avec étable à l’arrière (30%) ; soit de grandes dimensions, avec quatre travées ou plus (15%). Une maison sans espace agricole a été relevée, ainsi que trois maisons de manouvriers et une ferme à pavillon. Une ferme à plusieurs corps de bâtiment dessinant un plan en U a été établie à l’emplacement de l’ancien château. La part des fermes à double logis de la commune est assez faible pour le canton de Dompaire (21%). Deux fermes à charri (avant-grange) ont aussi été identifiées, et il en existe peut-être deux autres (non vues). Tous les bâtiments relevés sont parallèles à la voie, et 65% sont mitoyens. Ce village-rue est en effet peu dense, et des fermes ont disparues laissant des dents creuses.

On ne pénètre dans le logis par une porte piétonne que dans 53% de ces fermes. En l'absence de ce passage, on entre dans l'habitation par la porte charretière. Tous les logis relevés sont en profondeur, avec une chambre (le poêle) s’ouvrant sur la rue et une cuisine derrière éclairée par le mur pignon. Aucune pièce borgne n’a été localisée, toutefois une demi-douzaine (non vues) est probable dans des maisons mitoyennes. L’étable, à l’arrière du logis ou bénéficiant de sa propre travée, prend le jour sur le jardin en façade postérieure. Des chambres à grains sont installées au-dessus des pièces de vie, et des greniers sur le tout. En plus d’un pigeonnier (Ferme n°15), on peut relever quelques pots à moineaux (nichoirs) en terre cuite accrochés en façade antérieure.

Les fermes de Vaubexy sont construites en moellons de grès, avec quelques reprises récentes en ciment ou en briques. Elles sont couvertes d'une charpente à longs pans sur laquelle reposent des tuiles mécaniques, parfois remplacées par des plaques de ciment-amiante ou des tôles (11%). Quelques tuiles creuses sont encore visibles, et des ardoises sur la toiture mansardée du « Château ». Les encadrements des ouvertures sont majoritairement en grès, avec un linteau droit (69%) ou segmentaire délardé (23%). Certains sont en bois, IPN ou ciment. Il existe aussi quelques baies à linteau segmentaire en briques de laitier (6%). Des petits jours (oculus) sont parfois utilisés pour éclairer les greniers. Les portes charretières sont en plein cintre (47%), à linteau droit (26%) ou segmentaire (21%), plus rarement en anse de panier (6%).

Le bâti conserve des éléments de décor (niches, statues, grilles de porte piétonne, clôtures de jardin…) mais pas d’ouvertures anciennes, hormis une baie à l’encadrement mouluré. Une huitaine d’encadrements de porte charretière est ornée d’une agrafe, dont la moitié présentent aussi des moulures à la hauteur des chapiteaux. Un quart des portes piétonnes sont surmontées d’une imposte vitrée et d’une corniche moulurée. Certaines ont même conservé des menuiseries intéressantes (chevrons, panneaux chantournés…). Cinq fermes présentent également des chaînes d'angle, ce qui indique un effort d'ornementation des habitations, complétées par une quinzaine d’autres portant de fausses chaînes d'angle et de faux-lambrequins peints sur l'enduit.

Typologies ferme à double logis, ferme à plan en U, Ferme à charri, Ferme à plusieurs corps de batiment, maison de manouvriers, maison de vigneron
Toits tuile mécanique, tuile creuse, tôle ondulée, ciment amiante en couverture, ardoise
Murs grès moellon enduit
béton parpaing de béton
brique brique et pierre
Décompte des œuvres nombre d'oeuvres reperées 29
nombre d'oeuvres étudiées 5
nombre des immeubles au dernier recensement de l'INSEE 76

Références documentaires

Documents d'archives
  • Vitu. Vaubexy. État social de la communauté à la fin du siècle dernier (1789). (14 février 1889)

    Archives départementales des Vosges, Épinal : 11T31/351
Documents figurés
  • Extrait du cadastre napoléonien de Vaubexy, en 1841.

    Archives départementales des Vosges, Épinal : 3P5434/3
Bibliographie
  • Michler, Mathieu. Les Vosges 88 . Paris : Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2004. - 426 p. : ill., croquis, plans, cartes ; 30 cm. (Carte archéologique de la Gaule)

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Lepage, Henri et Charton, Charles. Le département des Vosges : statistique historique et administrative. Nancy : Berger-Levrault 1978, réimpression de l'ouvrage paru en 1845.

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Gley, Gérard. Géographie, physique, industrielle, administrative et historique des Vosges. Epinal 1870

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Idoux, M.-C. Les ravages de la guerre de Trente Ans dans les Vosges : 2e fascicule. Annales de la société d'émulation du département des Vosges, 1912, p. 1-234

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
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