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Architecture rurale de la commune de Saint-Vallier

Dossier IA88031742 réalisé en 2018

Fiche

Aires d'études Dompaire
Dénominations ferme, maison
Adresse Commune : Saint-Vallier

La carte archéologique signale que la commune se trouve sur le tracé de la voie romaine d’Autreville à Thaon. La présence d’une villa gallo-romaine semble identifiée près de la source d’eau minérale de la « Fontaine Valère », reconnue pour ses propriétés purgatives et dissolvantes.

Le nom du village « Saint-Valley » est attesté dès 1421. Il est aussi évoqué dans les Lettres de Félix de Werdemberger, seigneur de Châtel, en 1523, mentionnant la supplique des habitants de Saint-Valey, à propos de leurs droits d’affouages du bois mort et de vaine pâture aux bois La Voivre. Le village dépendait en 1594 du bailliage des Vosges, prévôté de Dompaire et de Valfroicourt, et à partir de 1751 du bailliage de Darney, coutume de Lorraine. Au spirituel, la commune fait partie du doyenné de Jorxey, du diocèse de Toul et de l’évêché de Saint-Dié (Lepage et Charton. 1845).

Il existait autrefois une habitation féodale au lieu-dit « Enorailles », et un monastère à 1,5 km du village. Vers 1880, les terrassiers construisant la R.D 36, découvrirent des squelettes humains rangés coté à côté, à 2,50 m plus bas que le cimetière actuel. Ils mirent à jour également (en dehors du village) une cave voutée, « très ancienne et très solide, cimentée à coté de monceaux considérables de pierres provenant de démolition d’habitations » (sources : Mamelle. Saint-Vallier. Situation de la commune à la veille de la Révolution. (4 avril 1889) AD88 - 11T29/318).

Ces ruines sont parfois attribuées à une ancienne maison de templiers (Gley, Gérard. Géographie, physique, industrielle, administrative et historique des Vosges. Epinal 1870).

Le village a beaucoup souffert lors de la guerre de Trente ans et de l’épidémie de peste, ne comptant plus qu’un seul habitant en 1649 (Idoux. Les ravages de la guerre de Trente ans dans les Vosges.1912). Aussi, très peu de fermes présentent aujourd’hui des éléments architecturaux anciens. Les bâtiments datés par une pierre gravée ont été construits ou rénovés en 1722, 1723, 1729, 1842 et 1893. Ces dates évoquent d’une part la période de reconstruction après la guerre de Trente ans soutenue par la politique du Duc Léopold ; et d’autre part le développement démographique du 19e siècle. De 15 personnes en 1710, la population du village atteint un maximum d’environ 210 habitants entre 1831 et 1856. Puis, cette population chute progressivement pendant le siècle et demi suivant en raison de l’exode rural (62 habitants en 1999). La plupart des fermes relevées datent ainsi de la première moitié du 19e siècle, quelques-unes remontent au 18e siècle, voire au 17e siècle (critères morphologiques et architecturaux, cadastre ancien). Selon une carte topographique de la commune réalisée par le régent Piertot, en 1752 compte 11 maisons. 46 bâtiments sont relevés en 1889 (sources : AD88 - 11T29/318).

L’observation du recensement de la population en 1886 (AD88-6M1012) confirme la vocation agricole et viticole du village, par la déclaration d’une dizaine de propriétaires-exploitants, 13 manouvriers et 17 vignerons-polyculteurs. Certaines femmes sont couturières, des brodeuses et dentellières sont mentionnées pour les autres années. On relève aussi quelques artisans et commerçants (débitant, maçon, menuisier). Un berger communal est signalé jusqu’en 1896, habitant dans une petite maison avec jardin et chènevière, au lieu-dit Harmand Maies, à l’extrémité sud-est du village (parcelle cadastrale 1842 B 885). Détruite au cours de la première moitié du 20e siècle, cette maison avait été acquise en 1891 à Charles Guillerez, charpentier et Geneviève Cunin son épouse demeurant à Mirecourt. Auparavant, les deux pâtres employés par la commune étaient logés dans une maison mitoyenne située au centre du village (rue de l’Église, entre Joseph Optel et Victor Pilon), et qui avait été reconstruite à neuf en 1822 selon les plans de Sartori (architecte à Mirecourt), par Étienne Pierre (charpentier à Saint-Vallier) pour 1390 francs (sources : AD88-2O460/9).

Les pratiques de la vaine pâture et de l’assolement triennal sont encore en vigueur dans la commune au début du 20e siècle (sources : AD88 - 2O460/10). On y cultive du blé, de l’avoine, des pommes de terre, du lin et du chanvre. Le commerce de vin et de grains est également à relever (Lepage et Charton. 1845).

Avant la mise en place de l’adduction d’eau potable au cours de l’hiver 1962-1963, le village était approvisionné en eau par quelques puits privés, ainsi que trois accès publics : la fontaine-lavoir-guéoir (construite en 1822 et 1832 selon les plans de Sartori, architecte à Mirecourt), le puits de l’intérieur du village près de l’Eglise, et le Grand Puits isolé au sud-Est du village.

Période(s) Principale : 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle, 20e siècle , porte la date, daté par travaux historiques

Saint-Vallier comprend 44 résidences (source INSEE - 2015), dont 15 bâtiments repérés et 3 étudiés.

Le patrimoine bâti y est majoritairement composé d’anciennes fermes à trois travées de plan, avec la grange séparant le logis de l’étable (47% du corpus) et de fermes de plus grandes dimensions (41%). Deux autres fermes plus modestes présentent une grange et un logis avec l'étable à l’arrière. Quatre fermes à pavillon et 4 avec un plan en L ont aussi été repérées. La part des fermes à double logis est importante, et représente près de la moitié des bâtiments de la commune (47%). Deux fermes à charri (avant-grange) ont aussi été identifiées, toutefois, il en existe probablement six autres (non vues). Tous les bâtiments relevés sont parallèles à la voie, et seulement 59% sont mitoyens. Ce village-rue est en effet, composé d’un centre dense qui s’aère en périphérie.

On ne pénètre dans le logis par une porte piétonne que dans 53% de ces fermes. En l'absence de ce passage, on entre dans l'habitation par la porte charretière. Tous les logis sont en profondeur, avec une chambre (le poêle) s’ouvrant sur la rue et une cuisine derrière éclairée par le mur pignon. Aucune pièce borgne n’a été localisée, toutefois il en existe peut-être quelques-unes. L’étable bénéficie d’une à deux travées traversantes. Des chambres à grains sont installées au-dessus des pièces de vie, et des greniers sur le tout. Le jardin potager s’étend à l’arrière. Un pigeonnier a été identifié dans des combles (cf IA88031840).

Les fermes de Saint-Vallier sont construites en moellons de grès, avec quelques reprises récentes en ciment. Elles sont couvertes d'une charpente à longs pans sur laquelle reposent des tuiles mécaniques. Il est à noter que la ferme n°14 conserve quelques bardeaux sous la couverture de tuiles. Les encadrements des ouvertures sont majoritairement en grès, avec un linteau droit (1/2) ou segmentaire délardé (1/4) ; quelques-uns en bois, briques de laitier ou ciment. Une ouverture est également à linteau droit délardé. Deux petits jours sont également utilisés pour éclairer un charri et un grenier, prenant la forme d’un rectangle, d’un oculus ou d’une croix de Lorraine. Les portes charretières sont en plein cintre (80%) ou en anse de panier (10%), hormis celles rehaussées par un linteau IPN (10%).

Le bâti conserve quelques éléments de décor (niches, statues, agrafes, corniche…) et ouvertures anciennes : 4 portes charretières et 3 baies à chanfrein, une porte en plein cintre et deux moulurées. L’encadrement de six portes charretières, dont deux sont munis de moulures à la hauteur des chapiteaux, est orné d’une agrafe. Certaines portes piétonnes ont également conservé une imposte vitrée et des menuiseries intéressantes (chevrons, panneaux chantournés…). Deux fermes présentent aussi des chaînes d'angle, ce qui indique un effort d'ornementation des habitations.

Typologies ferme à double logis, ferme à plan en L, ferme à pavillon, ferme à charri, ferme à hallier
Toits tuile mécanique, tuile creuse, tôle nervurée, bardeau
Murs grès moellon enduit
béton parpaing de béton
Décompte des œuvres nombre d'oeuvres reperées 15
nombre d'oeuvres étudiées 3
nombre des immeubles au dernier recensement de l'INSEE 44

Références documentaires

Documents d'archives
  • Mamelle. Saint-Vallier. Situation de la commune à la veille de la Révolution. (4 avril 1889)

    Archives départementales des Vosges, Épinal : 11T29/318
Documents figurés
  • Saint-Vallier, Extrait du plan cadastral napoléonien de 1842.

    Archives départementales des Vosges, Épinal : AD88 - 3P5377/3
Bibliographie
  • Lepage, Henri et Charton, Charles. Le département des Vosges : statistique historique et administrative. Nancy : Berger-Levrault 1978, réimpression de l'ouvrage paru en 1845.

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Gley, Gérard. Géographie, physique, industrielle, administrative et historique des Vosges. Epinal 1870

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Idoux, M.-C. Les ravages de la guerre de Trente Ans dans les Vosges : 2e fascicule. Annales de la société d'émulation du département des Vosges, 1912, p. 1-234

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Michler, Mathieu. Les Vosges 88 . Paris : Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2004. - 426 p. : ill., croquis, plans, cartes ; 30 cm. (Carte archéologique de la Gaule)

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • MEDY, Dominique. Une ferme du début du XVIIIe siècle à Saint-Vallier. In : Journées d'études vosgiennes (14-16 octobre 2011 ; Dompaire). Le pays de Dompaire. Epinal : Fédération des sociétés savantes des Vosges, 2012. p. 435-442 : ill.

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
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