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Architecture rurale de la commune de Saint-Remimont

Dossier IA88031260 réalisé en 2017

Fiche

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Aires d'études Bulgnéville
Dénominations ferme, maison
Adresse Commune : Saint-Remimont

La carte archéologique ne signale rien, mais la plus ancienne mention remonte à 880 après J.C. Elle confirme que les églises de Saint-Remimont et de Belmont dépendaient de l'abbaye d'Etival. Sous l'ancien régime, Saint-Remimont appartenait à la prévôté de Châtenois, bailliage de Neufchâteau et au spirituel du diocèse de Toul, Doyenné de Vittel (cf. Lepage et Charton. Le département des Vosges : statistique historique et administrative. 1845). Les traces d'une ancienne exploitation d'une mine de cuivre sont aussi relevées par Lepage et Charton en 1845.

A la fin du 18e siècle, le village pratiquait la vaine pâture dans les bois et sur les terrains communaux. Une des fermes était la propriété des Dames de Bouxières et une seconde de Thomas de Pompierre. Les autres appartenaient aux habitants de Saint-Remimont, qui cultivaient principalement du blé, de l'orge, de l'avoine et du chanvre. Il y avait un moulin qui n'est plus en fonctionnement au 19e siècle. Le commerce de chevaux et de bœufs était assez important, et les habitants faisaient de la dentelle et des fuseaux « qui se payaient assez bien » (sources : 11T29/316).

Les quelques pierres datées en façade des anciennes fermes mentionnent les années 1799, 1812, 1847 et 1849. L'ensemble des fermes a été établi régulièrement entre le 17e siècle et la fin du 19e siècle. La démographie de Saint-Remimont est en effet assez stable au cours des derniers siècles (247 hab. en 1793, 201 hab. en 1896 et 210 hab. en 2006), malgré qu'un sixième de la population ait péri suite à l'épidémie de choléra en 1854 (Lepage et charton - 1878).

L'observation du dénombrement de population de 1886 révèle un village assez contrasté avec une forte proportion de rentiers (9% des actifs du village, surtout dans la rue de Belmont), par rapport aux cultivateurs/propriétaires-exploitants (16%). Les manœuvres et domestiques sont également nombreux (30%). Essentiellement agricole, Saint-Remimont dispose aussi d'un notaire et de quelques d'artisans (meunier, équarrisseurs, cordonnier, maréchal-ferrant, maçons, charpentiers, menuisiers, mécaniciens) et commerçants (cafetier, aubergiste). En plus d'un fabricant de bas et d'un entrepreneur de broderie, de nombreuses femmes sont brodeuses, lingères ou couturières (27% des actifs du village en 1886). En 1906, elles sont deux fois plus nombreuses (47 femmes), accompagnées par 2 entrepreneurs de broderie. De plus en plus de Serpettieux (habitants de Saint-Remimont) vont aussi travailler dans les localités voisines : Établissement des eaux de Vittel, laiterie de Sandaucourt, atelier mécanique à Vittel...

Période(s) Principale : 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle, 20e siècle , porte la date, daté par travaux historiques

Saint-Remimont comprend 94 bâtiments (source INSEE), dont 27 repérés et 3 étudiés. Les fermes sont construites en moellons de grès, avec quelques reprises récentes en béton. Elles sont le plus souvent couvertes d'une charpente à longs pans sur laquelle reposent des tuiles mécaniques. Les encadrements sont majoritairement en grès, parfois en bois, briques de laitier, IPN ou ciment. Dans cette commune, le patrimoine bâti est majoritairement composé de fermes à deux ou trois travées de plan (85%). Les autres sont de grandes constructions qui ont plus de quatre travées (11%) et une petite maison à logis simple. Il est à noter le cas de deux anciennes fermes qui ont été construites selon un agencement différent : le logis a été installée au sud-est sur la rue de la 2e D.B., bénéficiant de bonnes conditions climatiques, tandis que la partie agricole (grange et étable) est rejetée au nord-ouest, accessible par un usoir perpendiculaire à la rue Saint-Jean (cf. IA88031615, IA88031640).

Huit fermes à double logis, six bâtiments à plan en forme de L, et quatre maisons de manouvriers ont été repérés. Toutes les fermes sont parallèles à la voie sauf une et 66% sont mitoyennes. Dans le village, on pénètre dans le logis par une porte piétonne que dans 44% des maisons. En l'absence de cette porte, on entre dans l'habitation par la porte charretière. Les deux tiers des logis étudiés ont deux pièces en façade antérieure et sont plus larges que profonds. Les autres possèdent une cuisine qui s'ouvre alors sur la rue, et le poêle sur le jardin à l'arrière.

Le bâti conserve quelques éléments de décors (niches, statues, ferronneries, agrafe, pigeonnier…), dont peu de baies anciennes : 4 baies à chanfrein, une ouverture en plein cintre, et 2 encadrements moulurés et 2 linteaux à arc infléchis. Le relief de saint Hubert qui est insérée au-dessus d'une porte piétonne est également remarquable (cf. IA88031631). Quelques portes piétonnes à une imposte vitrée surmontée d'une corniche moulurée ont été conservées. Certains volets et portes sont ornés par de petits jours décoratifs en forme de cœurs, losanges et balustres. 29% des fermes présentent aussi bandeaux et des chaînes d'angles, en pierre de taille ou peints sur l'enduit.

Typologies Ferme à plan en L, Ferme à double logis, maison de manouvriers
Toits tuile mécanique, tuile creuse, ciment amiante en couverture
Murs grès moellon enduit
béton parpaing de béton
Décompte des œuvres nombre d'oeuvres reperées 27
nombre d'oeuvres étudiées 3
nombre des immeubles au dernier recensement de l'INSEE 94

Références documentaires

Documents d'archives
  • Ripart. Saint-Remimont. État de la communauté à la veille de la Révolution de 1789. (11 fevrier 1889). Archives départementales des Vosges, Épinal : série 11T29/316

    Archives départementales des Vosges, Épinal : 11T29/316
Documents figurés
  • plan de Saint-Remimont, dressé en 1849 par Blanchard (architecte ?)(sources : Archives départementales des Vosges, Épinal - Edpt441 1O1/1)

    Archives départementales des Vosges, Épinal : Edpt441 1O1/1
  • plan de Saint-Remimont, dressé en 1865 par Sartori (?) (architecte). (sources : Archives départementales des Vosges, Épinal - Edpt441 1O1/2)

    Archives départementales des Vosges, Épinal : Edpt441 1O1/2
Bibliographie
  • Lepage, Henri et Charton, Charles. Le département des Vosges : statistique historique et administrative. Nancy : Berger-Levrault 1978, réimpression de l'ouvrage paru en 1845.

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
(c) Région Lorraine - Inventaire général ; (c) Conseil départemental des Vosges - Varvenne Vanessa