Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Architecture rurale de la commune de Regney

Dossier IA88031754 réalisé en 2018

Fiche

Voir

Aires d'études Dompaire
Dénominations ferme, maison
Adresse Commune : Regney

La carte archéologique signale des monnaies Leuques retrouvées sur le territoire communal en 1851. La toponymie de Regney (-acum) évoque également une occupation dès la période gallo-romaine.

Le village dépend en 1594 au bailliage des Vosges, prévôté de Dompaire, puis à partir de 1751 du bailliage de Darney, coutume de Lorraine. Au spirituel, la commune était une annexe de Gugney-aux-Aulx, faisant partie du doyenné de Jorxey, du diocèse de Toul et de l’évêché de Saint-Dié. L’église, portant la date « 1729 », est commune à Madegney et Regney, construite isolée à mi-chemin (Lepage et Charton. 1845).

Le village a beaucoup souffert lors de la guerre de Trente ans et de l’épidémie de peste, ne comptant plus que 6 habitants en 1659 (Idoux. Les ravages de la guerre de Trente ans dans les Vosges.1912). Aussi, très peu de fermes présentent aujourd’hui des éléments architecturaux anciens. Peu de bâtiment sont datés par une pierre gravée de 1783, 1935 et 1950. La plupart des fermes relevées date de la première moitié du 19e siècle (critères morphologiques et architecturaux, cadastre ancien). Cette période correspond au moment où le village est le plus peuplé (223 habitants en 1846). Puis la population chute irrégulièrement pendant le siècle et demi suivant en raison de l’exode rural (71 habitants en 1999).

Les habitants produisaient du blé, de l’avoine et un peu d’orge, de pommes de terre et de chanvre. Les productions de grains, de vin et de dentelles sont assez importantes pour en faire commerce (Lepage et Charton. 1845).

L’observation du recensement de la population en 1906 (AD88-6M844) confirme la vocation agricole et viticole du village, par la déclaration de 14 propriétaires-exploitants, 2 manœuvres et 20 vignerons-polyculteurs. La plupart des femmes sont perleuses (8), brodeuses (5) ou dentellières (4). On relève aussi quelques artisans et commerçants (boulanger, charron, maréchal-ferrant, maçon, charpentier, négociant, jardinier). Un berger communal est signalé uniquement en 1901 et 1906, habitant Grande Rue. Toutefois un plan de 1832 témoigne de la présence de deux logements avec bergeries pour des pâtres, dans la maison commune accueillant aussi l’école, le logement de l’instituteur et une chambre à four. Ce grand bâtiment au centre du village est modifié à plusieurs reprises : il est surélevé en 1840 pour y adjoindre la mairie ; puis une remise pour les pompes à incendie est installée dans l’un des logements de berger ; en 1878, l’autre logis est modernisé (agrandissement de la baie avec ajout d’une pierre à eau, installation d’un escalier pour créer une chambre et un grenier à fourrage au-dessus de la cuisine, selon les plans de Mangin, architecte à Mirecourt, réalisés par à Lucien Chambry, entrepreneur à Vaubexy (AD88 - Edpt385/1M1).

Période(s) Principale : 18e siècle, 19e siècle, 20e siècle , porte la date, daté par travaux historiques

Regney comprend 45 résidences (source INSEE - 2015), dont 16 bâtiments repérés et 4 étudiés.

Le patrimoine bâti y est majoritairement composé d’anciennes fermes à deux travées de plan : la grange et logis avec étable à l’arrière (45% du corpus), dont une maison de manouvriers. Les autres fermes sont de grandes dimensions, la grange séparant le logis de l’étable, comptant trois travées (25%), quatre travées ou plus (30%). Toutefois, pas une ferme à pavillon n’a été repérée. La part des fermes à double logis de la commune est assez important par rapport aux autres territoires des Vosges (35%). Trois fermes à charri (avant-grange) ont aussi été identifiées, toutefois, il en existe peut-être cinq autres (non vues). Tous les bâtiments relevés de ce village-rue sont parallèles à la voie, et 85% sont mitoyens.

On ne pénètre dans le logis par une porte piétonne que dans 30% de ces fermes. En l'absence de ce passage, on entre dans l'habitation par la porte charretière. Quasiment tous les logis sont en profondeur, avec une chambre (le poêle) s’ouvrant sur la rue et une cuisine derrière éclairée par le mur pignon. Deux pièces borgnes ont toutefois été localisées, et quelques autres existent aussi peut-être. L’étable, à l’arrière du logis ou bénéficiant de sa propre travée, prend le jour sur le jardin en façade postérieure. Des chambres à grains sont installées au-dessus des pièces de vie, et des greniers sur le tout.

Les fermes de Regney sont construites en moellons de grès, avec quelques reprises récentes en ciment, en briques ou en bois. Elles sont couvertes d'une charpente à longs pans sur laquelle reposent des tuiles mécaniques, parfois remplacées par des tôles (10%). Quelques tuiles creuses sont encore visibles. Les encadrements des ouvertures sont majoritairement en grès, avec un linteau droit (2/3), voire segmentaire délardé (14%), droit délardé (10%), segmentaire en brique (7%). Quelques-uns en bois ou briques de laitier. Les portes charretières sont en plein cintre (43%) ou en anse de panier (29%). Un linteau de bois est segmentaire, et les autres portes charretières ont été rehaussées avec un linteau IPN (24%). Le bâti conserve peu d’éléments de décor (niches, statues, ferronneries, fausses chaines d’angle peintes…), et pas d’ouvertures anciennes, hormis l’encadrement chanfreiné d’une porte charretière, et celui mouluré d’une entrée piétonne (IA88031833), tout comme celui d’une baie déplacée.

D’anciennes stèles funéraires en pierres sont remployées comme bancs publics, en bordure de la rue principale.

La présence d’une charrue sur l’un des usoirs est également à noter. Signée sur le moyeu, elle provient de l’usine de taillanderie et matériels agricoles « Breton », puis « Breton et Joly » en Meurthe-et-Moselle (1ere moitié du 20e siècle). (Cf. IM88030462).

Typologies ferme à double logis, ferme à charri
Toits tuile mécanique, tuile creuse, tôle nervurée
Murs grès moellon enduit
béton parpaing de béton essentage de tôle
bois essentage de planches
résidu industriel en gros oeuvre
Décompte des œuvres nombre d'oeuvres reperées 16
nombre d'oeuvres étudiées 4
nombre des immeubles au dernier recensement de l'INSEE 45

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives communales de Regney.

    Archives départementales des Vosges, Épinal : Edpt385/1M1
Bibliographie
  • Michler, Mathieu. Les Vosges 88 . Paris : Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2004. - 426 p. : ill., croquis, plans, cartes ; 30 cm. (Carte archéologique de la Gaule)

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Lepage, Henri et Charton, Charles. Le département des Vosges : statistique historique et administrative. Nancy : Berger-Levrault 1978, réimpression de l'ouvrage paru en 1845.

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Idoux, M.-C. Les ravages de la guerre de Trente Ans dans les Vosges : 2e fascicule. Annales de la société d'émulation du département des Vosges, 1912, p. 1-234

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
(c) Région Lorraine - Inventaire général ; (c) Conseil départemental des Vosges - Varvenne Vanessa