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Architecture rurale de la commune de Parey-sous-Montfort

Dossier IA88031259 réalisé en 2017

Fiche

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Aires d'études Bulgnéville
Dénominations ferme, maison
Adresse Commune : Parey-sous-Montfort

La carte archéologique mentionne la découverte de traces gallo-romaines au sud de Parey-sous-Montfort (pavés, tuiles, poteries, coq en bronze, monnaies...), à proximité d'une voie pavée identifiée au 19e siècle près de la Ferme de la Malmaison (territoire communal de Vittel).

Sous l'ancien régime, Parey-sous-Montfort dépendait de la prévôté de Mirecourt et Remoncourt, bailliage des Vosges (1594), puis de la Cour souveraine de Nancy, bailliage de Bourmont (1751), et au spirituel du diocèse de Toul, Doyenné de Porsas (Poussay), puis diocèse de Saint-Dié, Doyenné de Bulgnéville, à la fin 19e siècle. Le village était partagé entre les possessions de la famille d'Ourches de Vidampierre pour moitié, de Vaucouleur pour un quart et les Prémontrés de Parey pour le dernier quart. Le commandeur de Robécourt y possédait aussi des biens et des sujets (Lepage et charton -1845).

Il y avait en effet un prieuré de l'ordre des Prémontrés qui a été fondé en 1662 par Joachim Valtin (ou Vaultrin), et qui dépendait de l'abbaye de Flabémont. Reconstruit au milieu du 18e siècle, il est vendu en tant que bien national en 1793. Certaines parties ont disparu au fil des siècles, la mairie, l'école et le logement de instituteur sont installés au 19e siècle dans le bâtiment qui était habité par les religieux. La partie sud de l'aile droite servait d'écuries et les autres parties ont été transformées en habitations particulières. Dans l'angle nord-est de l'emprise, une pierre en remploi gravée « 1617 » a été repérée. C'est l'une des plus anciennes dates portées relevées dans le canton de Bulgnéville.

Les fermes de Parey-sous-Montfort ont été établies entre le 17e et le 19e siècle. Les quelques pierres datées en façade des anciennes fermes mentionnent les années 1777, 1781 et 1786. Elles évoquent une période de fort développement du village. Au cours du 18e siècle la population de la commune a en effet triplé (+196%) (cf. Jacquet, Alain. La terre, la Charrue, les écus : la société villageoise de la plaine thermale des Vosges de 1697 à 1789. Nancy 1998.)

Une autre pierre de fondation datée de 1786 se trouve en façade de la maison seigneuriale du Houx, dite « Le Château », s'ouvrant sur une cour fermée par une ferme et un pigeonnier.

Les habitants de Parey cultivaient principalement du blé et de l'avoine, un peu d'orge et de seigle, ainsi que des pommes de terre à partir du 19e siècle. L’excédent des céréales s'écoulait sur le marché de Mirecourt. On y pratiquait aussi le commerce de bœufs, de porcs et de moutons (Lepage et Charton - 1845). La production de chanvre était utilisée directement par les habitants. Ils cultivaient aussi quelques arbres fruités : des pruniers, des poiriers, des pommiers et des noyers (AD88 – 11T26/254). La production de vin qui emploie 5 vignerons en 1886 est arrêté en conséquence de la crise du phylloxera.

Majoritairement agricole, le village comporte une part assez importante d'artisans et marchands selon les dénombrements de population de la fin du 19e siècle. (AD88 – 6M906). On relève notamment en 1886, une dizaine de bûcherons, charpentiers et scieurs de long (surtout dans la rue de Rancourt) et 5 maçons, en plus d'un sellier, du maréchal-ferrant, d'un charron, deux épiciers, deux aubergistes, un marchand de bestiaux et un sabotier. En 1906, quasiment toutes les femmes sont désignées comme brodeuses ou dentellières, ce qui indique une activité structurante pour le village. Il est également à noté que 4 hommes sont employés à la Mines de Gemmelaincourt,qui est à son apogée pendant ces années 1900 grâce à un accord de fourniture de la Verrerie de Gironcourt (cf: Doyen, Jean-Pierre. Le charbon dans les Vosges (1776-1948), Annales de la société d'émulation des Vosges.1984).

Enfin, une fromagerie a été en fonctionnement jusque vers 1970, dans une ferme à l'extrémité de la rue du Petit Gras (parcelle cadastrale : 2017 B 353).

Période(s) Principale : 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle, 20e siècle , porte la date, daté par travaux historiques

Parey-sous-Montfort comprend 72 bâtiments (source INSEE), dont 23 repérés et 4 étudiés. Les fermes sont construites en moellons de grès, avec quelques reprises récentes en béton ou bois. Elles sont le plus souvent couvertes d'une charpente à longs pans sur laquelle reposent des tuiles mécaniques. Les encadrements sont majoritairement en grès, parfois en bois, briques de laitier, IPN ou ciment. Dans cette commune, le patrimoine bâti est majoritairement composé d'anciennes grandes fermes à quatre travées ou plus (52%). Les autres ont deux ou trois travées de plan (48%), dont deux maisons de manouvriers.

Sept fermes à double logis, un bâtiment à plan en forme de L, et une ferme à pavillon ont aussi été repérés. Hormis deux situées en bordure du village, les bâtiments sont parallèles à la voie et mitoyens (65%). Deux ensembles particuliers au centre du village sont à distinguer :

- L'ancienne maison seigneuriale Du Houx qui est composée d'un logis, de communs et d'un pigeonnier, construits à la fin du 18e siècle autour d'une cour (cf. IA88031604).

- L'ancien prieuré des Prémontrés, qui a été fondé en 1662 et reconstruit au milieu du 18e siècle, et dont deux des dépendances agricoles ont été en partie conservées (cf. IA88031600, IA88031602, IA88031603).

Dans le reste du village, on pénètre dans le logis par une porte piétonne dans les trois quarts des maisons. En l'absence de cette porte, on entre dans l'habitation par la porte charretière. 72% des logis étudiés ont deux pièces en façade antérieure et sont plus larges que profonds. Les autres possèdent une cuisine qui s'ouvre alors sur la rue, et le poêle sur le jardin à l'arrière. Un seul oculus éclairant la pierre à eau a été identifié.

Le bâti conserve quelques éléments de décors (niches, statues, ferronneries, girouettes…), dont des baies anciennes : 6 baies à chanfrein, 2 ouvertures en plein cintre et 2 encadrements moulurés. Une agrafe est remarquable par son travail de sculpture figurant des outils de tailleur de pierre, une croix de Malte, les initiales "HG" et "CA" et la date 1777. Quelques portes piétonnes à une imposte vitrée surmontée d'une corniche moulurée et avec des menuiseries intéressantes ont été conservées. Certains volets et portes sont ornés par de petits jours décoratifs en forme de cœurs et balustres. Un quart des fermes présentent aussi des corniches soulignant la toiture, des bandeaux et des chaînes d'angles, en pierre de taille ou peints sur l'enduit.

Typologies Ferme à plan en L, Ferme à double logis, Ferme à plusieurs corps de batiment, Ferme à pavillon, maison de manouvriers
Toits tuile mécanique, tuile en écaille, tôle ondulée
Murs grès moellon enduit
béton parpaing de béton
bois essentage de planches
résidu industriel en gros oeuvre
Décompte des œuvres nombre d'oeuvres reperées 23
nombre d'oeuvres étudiées 4
nombre des immeubles au dernier recensement de l'INSEE 72

Références documentaires

Documents d'archives
  • Cadastre napoléonien de Parey-sous-Montfort (1840), Archives départementales des Vosges, Épinal - série 3P5283

    Archives départementales des Vosges, Épinal : 3P5283
  • Bernard. Parey-sous-Montfort. Statistique rétrospective présentant la situation à plusieurs points de vue dans l’une des années précédant la Révolution. (1888), conservé aux Archives départementales des Vosges, Épinal (série 11T26/254)

    Archives départementales des Vosges, Épinal : 11T26/254)
Bibliographie
  • Lepage, Henri et Charton, Charles. Le département des Vosges : statistique historique et administrative. Nancy : Berger-Levrault 1978, réimpression de l'ouvrage paru en 1845.

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Steger, Michelle. Le Prieuré de Notre-Dame de Bethléem à Parey-sous-Montfort – Étude architecturale - CERP 1984-10 : L'architecture des Prémontrés : Amiens. p.36.

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy : C PAR
  • JACQUET, Alain. La terre, la charrue, les écus, la société villageoise de la plaine thermale des Vosges de 1697 à 1789. Presse universitaire de Nancy. 1998

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
Périodiques
  • Doyen, Jean-Pierre. Le charbon dans les Vosges (1776-1948). In Annales de la société d'émulation du département des Vosges, 1984, p. 83-100).

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
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