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Architecture rurale de la commune de Norroy

Dossier IA88031258 réalisé en 2017

Fiche

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Aires d'études Bulgnéville
Dénominations ferme, maison
Adresse Commune : Norroy

La carte archéologique signale qu'une enceinte de 7 hectares a été repérée aux lieux-dits « La Croisette » et « Grans Hachus ». Au « Bois du Rond Buisson », un tumulus datant peut-être du Hallstatt ancien-moyen a été fouillé, et deux autres tumuli sont notés au lieu-dit « La Poche ».

Un établissement à vocation agricole est construit au XIIe siècle par les templiers qui exploitent des terres avoisinantes (Harréville...). Le Temple de Norroy est fondé en 1219 par Henri, comte de Vaudémont et d'Ariano, fils de Hugues III, comte de Vaudémont. Suite à la dissolution de l'ordre, les biens furent attribués aux frères de l'Hôpital de Robécourt. Toute la partie nord-est du village dépendait de la commanderie. Plus tard, les bâtiments sont vendus comme bien national, et une partie est démontée et transportée au Musée de Saint-Louis (Missouri - États-Unis) notamment le portail principal et des colonnes. Le maître-autel est acheté par le Musée de Philadelphia (Pennsylvanie – États-Unis) en 1937. La chapelle est détruite en 1986, après avoir servie de bâtiment agricole. Les derniers vestiges se trouvent dans la cour de l'école (cf. Rento. Jean-Jacques. La croix, le glaive et la charrue – sur les pas des templiers vosgiens en Lorraine. EdiGérard Louis 1996).

Sous l'ancien régime, Norroy dépendait de la prévôté de Châtenois et Neufchâteau, bailliage des Vosges, et au spirituel du diocèse de Toul, Doyenné de Vittel. Outrancourt et Norroy ne formait qu'une seule paroisse, avant 1808. A cette date, Norroy devient une annexe de Mandres-sur-Vair. Agricole, le village cultive du blé, de l'orge, de l'avoine et du seigle, qui alimentent les habitants et les animaux, dont l'élevage permet la présence de plusieurs marchands de bestiaux dans la commune. A la fin du 18e siècle, il existait une laiterie, une marcairerie et un colombier chez le berger (propriété communale). Le pressoir qui se trouvait chez le cantonnier, était utilisé par les nombreux vignerons (AD88-11T25/245).

Lors du dénombrement de population de 1886 (AD88 – 6M895), 27 vignerons dont 2 distillateurs sont relevés, habitants au bout de la grand Rue, rue Basse (Faubourg) et rue Haute, sans pour autant que l'on puisse observer une architecture particulièrement adaptée, hormis des caves avec accès direct à la rue. Toutefois, la crise du phylloxéra a raison de cette culture importante : il n'y a plus que 5 vignerons recensés en 1906.

Le village peut toutefois compter sur la culture et la transformation de chanvre et de lin. La production textile occupe une vingtaine de dentellières et brodeuses dans la rue haute et à la Commanderie, en 1886. En 1906, la moitié des femmes du villages se déclarent brodeuses (42 personnes) et 5 couturières.

Le village dispose aussi d'artisans et de commerçants variés : meunier, cordonnier, tisserand, maréchal-ferrant, boulanger, menuisier, épicier, aubergiste, marchand de bestiaux... On peut aussi noter un moulin à grain construit en 1843 avec un nouveau système à deux tournants, un foulon alimenté par le ruisseau de la Breme sortant des moulins (cf. Lepage et Charton). Une verrerie a été construite en 1830 par M. Monnier, puis rapidement abandonnée faute de résultat satisfaisant (AD88 - 5 M 341).

Les métiers d'artisans sont progressivement délaissés au début du 20e siècle, au profit de l'industrie minière et des emplois à Vittel, chez les comptables, notaires, ou en tant que commis. La Sociétés des Eaux de Vittel emploie aussi 15 personnes, dont 1 charpentier, 1 paveur et 13 manœuvres.

Une part importante des Nogaretiens travaillent pour les Mines de Suriauville (4p. en 1901) et la Société des Mines, à Norroy (18p. dont 4 mineurs, 5 mouleurs, 5 manœuvres, 1 piqueur de houille, 1 chef mineur, 1 aide comptable et 1 chauffeur en 1906). Ce sont surtout des immigrés italiens avec leur épouse qui s'emploie comme brodeuse. En effet, le curé de Norroy-que-Vair découvre vers 1820 des affleurements de lignite, qui sont exploités entre 1828 et 1909. Un transporteur aérien de 300 metres est construit en 1904 pour relier à l'usine (la platrière) de Vittel au site de production (cf. SALVINI, Gilou. Les gueules noires des Vosges. La revue lorraine populaire, août 2007, n°197). A la fermeture de la Sociétés des Mines, la démographie communale chute brusquement suite au départ des italiens.

Les quelques pierres datées en façade des anciennes fermes mentionnent les années 1686, 1843, 1872 et 1875. Les autres fermes ont aussi été établies entre le 17e et le 19e siècle.

Période(s) Principale : 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle, 20e siècle , porte la date, daté par travaux historiques

Norroy comprend 128 bâtiments (source INSEE), dont 28 repérés et 4 étudiés.

Les fermes sont construites en moellons de grès, avec quelques reprises récentes en béton ou bois. Elles sont le plus souvent couvertes d'une charpente à longs pans sur laquelle reposent des tuiles mécaniques. Les encadrements sont en grès, parfois en bois, IPN ou ciment. Dans cette commune, le patrimoine bâti est majoritairement composé d'anciennes fermes à deux ou trois travées de plan (89%). Les autres sont de grandes constructions qui ont plus de quatre travées (11%).

Neuf fermes à double logis, deux bâtiments à plan en forme de L, deux maisons de manouvriers et une ferme à pavillon ont aussi été repérés. 85% des fermes sont mitoyennes, toutes sont parallèles à la voie, hormis une exploitation encore en activité à l'entrée du village et le Moulin de Norroy. Situé en dehors du village, celui-ci a été agrandi au fil du temps par l'ajout de plusieurs habitations, bâtiments agricoles, rucher… formant un hameau. (cf. IA88031589)

Dans le village, on pénètre dans le logis par une porte piétonne que dans la moitié des maisons. En l'absence de cette porte, on entre dans l'habitation par la porte charretière. 82% des logis étudiés ont deux pièces en façade antérieure et sont plus larges que profonds. Les autres possèdent une cuisine qui s'ouvre alors sur la rue, et le poêle sur le jardin à l'arrière.

Le bâti conserve quelques éléments de décors (niches, statues, agrafes, pots à oiseaux…). Seuls deux maisons ont conservés des baies anciennes : 4 baies à chanfrein, un encadrement mouluré et un linteau orné d'un arc infléchi. Quelques portes piétonnes à une imposte vitrée surmontée d'une corniche moulurée ont été conservées. Un peu plus d'un tiers des fermes présentent aussi des moulures sous la toiture, des bandeaux séparant les niveaux et des chaînes d'angles, en pierre de taille ou peints sur l'enduit, ce qui indique un effort d'ornementation des habitations des cultivateurs. L'enseigne peinte de l'ancien café Saint-Georges est encore visible. Certains volets et portes sont aussi ornés par de petits jours décoratifs en forme de cœurs et balustres.

Typologies Ferme à plan en L, Ferme à double logis, Ferme à plusieurs corps de batiment, Ferme à pavillon, maison de manouvriers
Toits tuile mécanique, ciment amiante en couverture
Murs grès moellon enduit
bois essentage de planches
béton parpaing de béton
Décompte des œuvres nombre d'oeuvres reperées 28
nombre d'oeuvres étudiées 4
nombre des immeubles au dernier recensement de l'INSEE 128

Références documentaires

Documents d'archives
  • Cadastre napoléonien de Norroy, conservé aux Archives départementales des Vosges, Épinal - 3P5272/3

    Archives départementales des Vosges, Épinal : 3P5272/3
  • Meline. Nossoncourt, Norroy-sur-Vair. Le Ban de Nossoncourt, état d’une communauté rurale à la veille de la Révolution de 1789. (24 février 1889) sources : Archives départementales des Vosges, Épinal : 11T25/245.

    Archives départementales des Vosges, Épinal : AD88-11T25/245
Bibliographie
  • Rento. Jean-Jacques. La croix, le glaive et la charrue – sur les pas des templiers vosgiens en Lorraine. Edition Gérard Louis 1996.

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Henry, Michel. Itinéraires templiers en Lorraine. Édition Serpenoise. Metz. 1998

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
Périodiques
  • SALVINI, Gilou. Les gueules noires des Vosges. In La revue lorraine populaire, août 2007, n°197

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Doyen, Jean-Pierre. Le charbon dans les Vosges (1776-1948). In Annales de la société d'émulation du département des Vosges, 1984, p. 83-100).

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
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