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Architecture rurale de la commune de Madegney

Dossier IA88031740 réalisé en 2018
Aires d'études Dompaire
Dénominations ferme, maison
Adresse Commune : Madegney

D’après la carte archéologique, une présence antique est attestée par plusieurs vestiges découverts au 19e siècle : des ossements et une statuette en bronze de Mercure (entre Madegney et Vaubexy), un ou plusieurs sites à tegulae (lieu-dit « La Menaurie » et « Devant les Poirières »), des restes de construction et des tuiles à rebords (entre la forêt communale et les pâtis). Une nécropole mérovingienne est également signalée au lieu-dit « Les Poirières ».

Le village dépend en 1594 au bailliage des Vosges, prévôté de Dompaire et de Valfroicourt, puis à partir de 1751 du bailliage de Darney, coutume de Lorraine. Au spirituel, la commune était une annexe de Gugney-aux-Aulx, faisant partie du doyenné de Jorxey, du diocèse de Toul et de l’évêché de Saint-Dié. L’église, portant la date « 1729 », est commune à Madegney et Regney, construite isolée à mi-chemin (Lepage et Charton. 1845).

Le village a beaucoup souffert lors de la guerre de Trente ans et de l’épidémie de peste, ne comptant plus que 6 habitants en 1659 (Idoux. Les ravages de la guerre de Trente ans dans les Vosges.1912). Aussi, aucune ferme ne présente aujourd’hui d’éléments architecturaux visibles anciens. La plupart des fermes relevées datent du milieu du 19e siècle (critères morphologiques et architecturaux, cadastre ancien), et un seul bâtiment est daté par une pierre gravée de 1838. Cette période correspond au moment où le village est le plus peuplé (198 habitants en 1846). Puis la population chute progressivement pendant le siècle et demi suivant en raison de l’exode rural (53 habitants en 1982).

L’observation du recensement de la population en 1906 (AD88-6M839) évoque la vocation viticole et agricole du village, par la déclaration de 7 cultivateurs, 13 manouvriers, 18 vignerons et deux distillateurs. La plupart des femmes sont dentellières (22) ou brodeuses sur tulle (13). Il y a aussi un facteur de broderie et trois couturières. On relève quelques artisans et commerçants (cabaretier, maçon, terrassier, charpentier). Un berger communal est signalé jusque vers 1906. Une grande habitation sur un grand terrain de jardin potager et verger (5,25 ares) mise à disposition du pâtre communal, située au centre de la Grande Rue (actuelle mairie), est mentionnée en 1826, lors du remplacement des bardeaux de bois par des tuiles (selon les plans de Grandidier, architecte à Mirecourt, réalisé à Thomas Sartory, entrepreneur à Mirecourt). Celle-ci est décrite comme "vieille", "en mauvais état" et "onéreuse" en 1860. Le berger est alors déménagé dans une maison appartenant à Joseph L’huillier, plus commode, moins dispendieuse et écartée du centre du village ; le conseil municipal craignant « l’incendie par la négligence ou le peu de précaution que prend un berger pour éviter un tel incendie » (sources : AD88 : 2O292/10). Ce bâtiment est probablement celui ayant servi de congélateur public au milieu du 20e siècle pour les habitants de Madegney et de Regney (parcelle cadastrale 2018 ZA 2, dénaturé).

En plus de l’exploitation de la vigne et de l’élevage, les habitants produisaient du blé, du seigle, de l’avoine et des pommes de terre (Lepage et Charton. 1845). Après la première guerre mondiale les habitants du village sont devenus des ouvriers-paysans : les femmes s’occupant de la culture et les hommes étant employés dans les usines à Vincey : Compagnie Lorraine d’électricité, et Usine de Tubes principalement (AD88-6M839).

Période(s) Principale : 19e siècle, 20e siècle , porte la date, daté par travaux historiques

Madegney comprend 39 résidences (source INSEE - 2015), dont 6 bâtiments repérés et 1 étudiés.

Le patrimoine bâti y est majoritairement composé d’anciennes fermes à trois travées de plan, avec la grange séparant le logis de l’étable (71% du corpus). Les autres fermes sont de plus petites dimensions, à une ou deux travées (29%). Une ferme à un plan en L, une maison de manouvriers et une ferme à pavillon ont été repérées, mais pas de ferme à charri. La part des fermes à double logis est importante, et représente près de la moitié des bâtiments de la commune (43%). Tous les bâtiments relevés sont parallèles, et seulement 43% sont mitoyens. Prenant initialement la forme d’un village-rue, la localité est en effet plus dense au centre qu’aux périphéries, et a été remodelée suite aux disparitions ou reconstruction d’habitations dans la seconde moitié du 20e siècle.

On pénètre dans le logis par une porte piétonne dans 71% de ces fermes. En l'absence de ce passage, on entre dans l'habitation par la porte charretière. Les logis sont plutôt en profondeur, avec une chambre (le poêle) s’ouvrant sur la rue et une cuisine derrière éclairée par le mur pignon. Il est possible qu’il y ait des pièces borgnes, lorsque les fermes sont mitoyennes des deux côtés. Les autres logis sont plus larges et possèdent deux pièces en façade antérieure. L’étable, à l’arrière du logis ou bénéficiant de sa propre travée, prend le jour sur le jardin en façade postérieure. Des chambres à grains sont installées au-dessus des pièces de vie, et des greniers sur le tout.

Les fermes de Madegney sont construites en moellons de grès et couvertes d'une charpente à longs pans sur laquelle reposent des tuiles mécaniques. Les encadrements des ouvertures sont majoritairement en grès, avec un linteau droit, hormis une maison avec des baies à linteau segmentaire en briques. Les reprises en ciment sont fréquentes. Les portes charretières sont en plein cintre, sauf celles rehaussées en ciment (2/5). Le bâti conserve quelques éléments de décor (niches, statues, corniches, ferronneries…), mais pas d’éléments anciens.

Typologies ferme à double logis, ferme à plan en L, ferme à pavillon, maison de manouvriers
Toits tuile mécanique, tôle ondulée
Murs grès moellon enduit
bois essentage de planches
Décompte des œuvres nombre d'oeuvres reperées 6
nombre d'oeuvres étudiées 1
nombre des immeubles au dernier recensement de l'INSEE 39

Références documentaires

Bibliographie
  • Michler, Mathieu. Les Vosges 88 . Paris : Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2004. - 426 p. : ill., croquis, plans, cartes ; 30 cm. (Carte archéologique de la Gaule)

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Lepage, Henri et Charton, Charles. Le département des Vosges : statistique historique et administrative. Nancy : Berger-Levrault 1978, réimpression de l'ouvrage paru en 1845.

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Idoux, M.-C. Les ravages de la guerre de Trente Ans dans les Vosges : 2e fascicule. Annales de la société d'émulation du département des Vosges, 1912, p. 1-234

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
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