Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Architecture rurale de la commune de Hagnéville-et-Roncourt

Dossier IA88031256 réalisé en 2017

Fiche

Voir

Aires d'études Bulgnéville
Dénominations ferme, maison
Adresse Commune : Hagnéville-et-Roncourt

Les toponymes en -villa et -court indiquent que les deux hameaux de Hagnéville et de Roncourt sont certainement apparus lors de la vague de peuplement entre le 7e et le 9e siècle ap. J.-C. Toutefois, la carte archéologique signale un tombeau mérovingien en pierre du 5e siècle. D'après la légende, il appartiendrait à sainte Gondrude, patronne de la paroisse, et sœur de saint Elophe, de sainte Libaire, de sainte Ode et de sainte Menne (martyrs persécutés par l'empereur Julien l'Apostat et décapités vers 361-362).

Sous l'ancien régime, Hagnéville et Roncourt dépendait de la prévôté de Châtenois, bailliage des Vosges, et au spirituel du diocèse de Toul, Doyenné de Châtenois. Hagnéville dépendait du marquisat de Bulgnéville. C'est un fief de la famille de Pleisse, puis de celle de Greische à partir de 1666. La maison seigneuriale située à côté de l’Église présente un décor et une organisation atypique.

La seigneurie de Roncourt est donnée, en 1583, par René d'Anglure, seigneur de Lignéville, de Bourlémont et gouverneur de La Mothe à la famille à la famille Menu qui vient d'être anoblie par le duc Charles III de Lorraine (sources : Pelletier, Ambroise. Nobiliaire ou armorial général de la Lorraine et du Barrois. Chez Thomas père et fils Imprimeurs-libraires, 1758). La seigneurie est ensuite transférée à Nicolas Hennequin, comte de Fresnel (vers 1760), puis au sieur de Stack (originaire d'Irlande) en 1784. Le château de Roncourt est semble-t-il à l'abandon au 18e siècle, le comte de Fresnel ne s'en servant que rarement comme un "pied-à-terre de chasse". Il est alors reconstruit par M. de Stack, selon la configuration actuellement visible. (cf. Monographie de Roncourt - 1888 - AD88-11T28/292).

Les quelques pierres datées en façade des anciennes fermes de Hagnéville mentionnent les années 1616, 1737, 1788, 1807, 1840, 1866 et 1892. A Roncourt, seule la ferme du château porte les dates 1794 et 1859. L'ensemble des fermes des deux hameaux a été établi entre le 17e siècle et la fin du 19e siècle, avec un développement plus important au 18e siècle et dans la première partie du 19e siècle.

A vocation rurale, les habitants des deux hameaux dépendent quasiment tous de l'agriculture. Seuls quelques-uns sont artisans. En 1708 par exemple, Roncourt regroupe 107 personnes dont : sept laboureurs, trois manœuvres, un vigneron, un pâtre, un meunier, un tixier/manœuvre (cf. Jacquet, Alain, La terre, la Charrue, les écus : la société villageoise de la plaine thermale des Vosges de 1697 à 1789. Nancy 1998.) Selon les recensement de la population de 1886 (AD88 – 6M786 et 6M965), les activités artisanales se sont légèrement développées. Hagnéville alors compte à peu près autant de cultivateur-propriétaire que de manouvriers, un berger communal, mais aussi trois charpentiers,trois couturières, deux cordiers, deux maréchaux-ferrant et deux aubergistes. Hagnéville est en effet situé à proximité de la route reliant Neufchâteau à Bulgnéville, puis Vittel, accueillant notamment les curistes.

A la même date, Roncourt a perdu de l'importance (57 habitants) et possède trois fileuses et brodeuses, un tisserand et un sabotier, en plus des cinq cultivateurs et trois manœuvres. Les monographies présentant l'état des communautés à la veille de la Révolution, rédigés à la fin du 19e siècle (AD88 – 11T21/167 ; AD88 – 11T28/292) mentionnent les éléments suivants pour Hagnéville et Roncourt : Les deux villages produisaient du blé, du seigle, de l'orge, de l'avoine, des pommes de terre et du chanvre. Le vignoble d'Hagnéville donnait un vin de bonne réputation dans les années favorables. En l'absence de foire ou de marchés locaux, les surplus (grains et bêtes) étaient vendus à Mirecourt, Bulgnéville, Châtenois et Vrécourt. L'élevage ovin était assez conséquent bénéficiant de la pratique de la vaine pâture. Les revenus agricoles étaient souvent complétés par la production de toile de chanvre pendant l'hiver ; les femmes filant et les hommes tissant. Les ballots étaient apportés au sieur Mathieu de Gendreville, le seul commerçant des environs. Celui-ci voyageait notamment dans le sud de la France. A la fin du 19e siècle, l'approvisionnement complémentaire est assuré par des bouchers, des boulangers et des épiciers passant à Roncourt deux fois par semaines. Les étoffes, la bonneterie et la mercerie sont achetées à Bulgnéville ou Neufchâteau.

En quasi absence d'activités secondaires ou tertiaires, les deux villages subissent une baisse démographique continue depuis le milieu du 19e siècle : En 1836, Hagnéville compte 179 habitants et Roncourt 73, tandis que 88 habitants au total y vivent en 2015. En conséquence, les deux villages fusionnent administrativement en 1978.

Période(s) Principale : 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle, 20e siècle , porte la date, daté par travaux historiques

Hagnéville-et-Roncourt comprend 46 bâtiments selon l'INSEE, suite à des regroupements. 47 anciennes fermes ont été repérées et 6 étudiées. Celles-ci sont construites en moellons de grès, avec quelques reprises récentes en béton ou bois. Elles sont le plus souvent couvertes d'une charpente à longs pans sur laquelle reposent des tuiles mécaniques. Les encadrements sont majoritairement en grès, régulièrement en bois, briques de laitier, IPN ou ciment. Dans cette commune, le patrimoine bâti est majoritairement composé de fermes à deux ou trois travées de plan (77%). Les autres sont de grandes constructions qui ont plus de quatre travées (21%) et une petite maison de manouvriers. Neuf fermes sont à double logis. Cinq fermes à pavillon, cinq bâtiments à plan en forme de L et un en U ont aussi été repérés.

Les fermes sont généralement parallèles à la voie (87%) et mitoyennes (79%). Celles qui ne le sont pas, se situent en bordure ou hors du village. C'est le cas notamment pour l'ensemble particulier du Château de Roncourt, qui est constitué de plusieurs corps de bâtiment répartis autour d'une cour (cf. IA88031527).

Pour entrer dans le logis, il faut utiliser une porte piétonne dans 75% des maisons. En l'absence de cette porte, on passe par la porte charretière. Les 3/4 des logis étudiés ont une seule pièce en façade et sont plus profonds que larges. Leur cuisine s'ouvre alors sur la rue, et le poêle sur le jardin à l'arrière. Les autres présentent des habitations en largeur avec les deux pièces à vivre (cuisine et poêle) prenant la lumière sur l'usoir. Il est à noter le cas particulier de plusieurs maisons du centre de la rue Saint-Pierre à Hagnéville et de la rue de la Fontaine à Roncourt, qui ont été construites en bordure Sud ou Est de la voie publique, la façade antérieure se trouvant donc au Nord ou à l'Ouest. Afin de bénéficier de meilleures conditions climatiques, le logis de ces fermes a été placé à l'arrière de la grange et de l'étable, en façade sud-est, vers le jardin (cf. IA88031493, IA88031494, IA88031495, IA88031524, IA88031526). Indépendamment, un petit jour (rectangulaire ou oculus) au-dessus de la pierre à eau est observable dans 9% des cuisines.

Le bâti conserve des éléments de décor variés (niches, statues, agrafes, pots à oiseaux, ferronnerie…), dont de très nombreuses baies anciennes : 17 baies à chanfrein, 4 encadrements moulurés, 3 ouvertures en plein cintre, une niche en accolade et des pierres gravées ou sculptées en remploi. Quelques portes piétonnes à une imposte vitrée surmontée d'une corniche moulurée et avec des menuiseries intéressantes ont été conservées. 40% des fermes présentent également des chaînes d'angles en pierre de taille ou peintes sur l'enduit, ce qui indique un effort d'ornementation des habitations. Quelques volets sont aussi ornés par de petits jours décoratifs en forme de losange et de balustre.

Typologies Ferme à plan en L, Ferme à plan en U, Ferme à plusieurs corps de batiment, Ferme à pavillon, Ferme à double logis, maison de manouvriers
Toits tuile mécanique, tuile creuse, ciment amiante en couverture, métal en couverture
Murs grès moellon enduit
béton parpaing de béton essentage de tôle
bois essentage de planches
Décompte des œuvres nombre d'oeuvres reperées 46
nombre d'oeuvres étudiées 47
nombre des immeubles au dernier recensement de l'INSEE 6

Références documentaires

Documents d'archives
  • Crouvisier. Monographie de Roncourt, 1888. Conservé aux Archives départementales des Vosges, Épinal, série 11T28/292.

    Archives départementales des Vosges, Épinal : 11T28/292
  • Marel. Hagnéville. État de la communauté à la veille de la Révolution. (s.d.) - Archives départementales des Vosges, Épinal 11T21/167

    Archives départementales des Vosges, Épinal : 11T21/167
Bibliographie
  • JACQUET, Alain. La terre, la charrue, les écus, la société villageoise de la plaine thermale des Vosges de 1697 à 1789. Presse universitaire de Nancy. 1998

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Pelletier, Ambroise. Nobiliaire ou armorial général de la Lorraine et du Barrois. Chez Thomas père et fils Imprimeurs-libraires, 1758.

    Conservé à la Bibliothèque municipale de Lyon. Numérisé le 3 févr. 2012 et consulté le 29 nov. 2017 : https://books.google.fr/books?id=lVdr2U-XtN0C&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false.

    Bibliothèque municipale, Lyon
(c) Région Lorraine - Inventaire général ; (c) Conseil départemental des Vosges - Varvenne Vanessa