Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Architecture rurale de la commune de Dombrot-sur-Vair

Dossier IA88031255 réalisé en 2017

Fiche

Voir

Aires d'études Bulgnéville
Dénominations ferme, maison
Adresse Commune : Dombrot-sur-Vair

La carte archéologique signale que la commune est traversée par l'embranchement Houécourt-Lamarche de la voie romaine allant de Damblain vers la Haute-Marne, et des fragments de tegulae et de poteries ont été trouvés au lieu-dit « Tiosselot ».

Sous l'ancien régime, Dombrot-sur-Vair dépendait de la prévôté de Châtenois et de Neufchâteau, bailliage des Vosges, et au spirituel du diocèse de Toul, Doyenné de Vittel. En 1470, Nicolas, Vautrin II, Jean III et Guillaume de Bouzey sont propriétaires chacun pour un quart de la seigneurie, dont le village de Dombrot-sur-Vair est le siège (alors appelé Bouzey). Elle est érigée en comté par le duc de Lorraine Léopold en 1715 en faveur de Nicolas Joseph de Bouzey. Toutefois, pour éviter les confusions d’appellation avec le village de Bouzey à proximité, il rétablit aussi le nom de Dombrot (cf. Lepage et Charton. Le département des Vosges : statistique historique et administrative. 1845).

Le château féodal des seigneurs de Bouzey à Dombrot était situé dans un méandre du Vair, près de l’Église, et a été complètement détruit à l'issu de la guerre de Trente ans (vers 1634). Seule la base d'une tour a été conservée, des fragments de tuiles et de poteries. Des armes et des ossements ont aussi été retrouvés témoignant de combats importants (lieu-dit « Le Cougnot »). Le village a été fortement détruit. Il n'y reste plus un seul habitant en 1644 et les terres sont en friches (cf Idoux. Les ravages de la guerre de Trente Ans dans les Vosges.1912).

Une seconde demeure seigneuriale située dans la rue de Vaux, est appelée « Le Château ». Encore visible aujourd’hui, elle a certainement été édifiée dans la seconde moitié du 17e siècle, lors de la reconstruction progressive du village. Les quelques pierres datées en façade des anciennes fermes mentionnent les années 1729, 1759, 1830, 1832, 1839, 1841, 1842, 1844, 1845, 1846, 1848, 1850, 1854, 1849 et 1864. L'ensemble des fermes du village a été établi entre le 17e siècle et la fin du 19e siècle (critères morphologiques et architecturaux, cadastre ancien), avec un fort développement au milieu du 19e siècle, notamment dans la rue de la Perrière.

Au 18e siècle, si l'agriculture occupe la plupart des habitants de Dombrot, un bon nombre exerçaient aussi la profession de filassier ou chanvrier, activité particulière au village. Il y avait peu d’autres commerces, seulement celui du bétail. Selon le recensement de 1886 (cf. AD88-6M688), le village semble alors avoir gagné en aisance, avec beaucoup de cultivateurs, propriétaires et rentiers (30% de la population active), par rapport aux manœuvres, domestiques et journaliers (seulement 15%). Toutefois les activités artisanales complètent les revenus des plus modestes. L'exploitation des ressources naturelles du ban communal occupe une part importante des habitants de Dombrot. On relève une dizaine de charpentiers et bûcherons. Une quinzaine de maçons, tailleurs de pierre et carriers sont en lien avec les trois carrières de moellons de construction. La culture et la transformation du chanvre sont perpétuées par un chanvrier en 1886, un vanneur en 1906. La production existe encore aujourd'hui. La plupart des femmes occupent une activité dans le textile. Il y a de nombreuses brodeuses (24), quelques dentellières, fileuses, lingères, repasseuses, couturières et des tisserands.

Le village bénéficie de la pratique des affouages et des pâtis communaux, mais a des difficultés à trouver un bon berger pour le troupeau ovin. L’élevage de moutons est pourtant une source de richesse importante pour le village (produit de la vente des bêtes et engrais de bergerie). Aussi, le conseil municipal décide en 1876 d'acquérir une maison (rue de la Bravière, au lieu-dit la Thisse, la corvée) pour loger le pâtre du troupeau communal, et remédier à l’instabilité des bergers qui se sont succédés. Celle-ci est modeste : « composée d’une cuisine, petit cabinet au bout, poêle, grenier au-dessus du tout, cave sous la cuisine, petit jardin potager et verger à côté, aisances derrière » (AD88-2 O 146/9). L'adduction d'eau courant n'est installée dans le village que vers 1970, les habitants s’approvisionnant aux fontaines communales ou aux puits privés.

Il est également à noter que le peintre-graveur André Jacquemin (1904-1992) a notamment vécu à Dombrot dans son enfance (cf. JACQUEMIN, André. Souvenir de l'ancien village de Bouzey, débaptisé après la Révolution et devenu Dombrot-sur-Vair. In "Nos Vosges à la Belle Époque". Ouvrage collectif. 1983.).

Période(s) Principale : 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle, 20e siècle , porte la date, daté par travaux historiques

Dombrot-sur-Vair comprend 131 bâtiments (source INSEE), dont 44 repérés et 5 étudiés. Les fermes sont construites en moellons de grès, avec quelques reprises récentes en béton ou bois. Elles sont le plus souvent couvertes d'une charpente à longs pans sur laquelle reposent des tuiles mécaniques. Les encadrements sont majoritairement en grès, parfois en bois, IPN ou ciment. Dans cette commune, le patrimoine bâti est majoritairement composé de fermes à trois travées de plan (65%). Les autres ont deux travées (21%) ou sont de grandes constructions qui ont plus de quatre travées (14%). Douze fermes sont à double logis, cinq bâtiments à plan en forme de L et un en U, trois fermes à pavillon et une maison de manouvriers ont aussi été repérés.

Hormis deux situées en bordure du village, les fermes sont parallèles à la voie et mitoyennes (65%). Il est à noter qu'une grande ferme encore en exploitation aujourd'hui (cf.IA88031480) a été construite à l'emplacement du château féodal des Seigneurs de Bouzey, détruit à l'issu de la guerre de Trente ans. Deux autres fermes à pavillon se situent à côté de l'ancien Château de la rue de Vaux (cf. IA88031463 et IA88031464).

Dans le village, on pénètre dans le logis par une porte piétonne que dans 56% des maisons. En l'absence de cette porte, on entre dans l'habitation par la porte charretière. 65% des logis étudiés ont une seule pièce en façade et sont plus profonds que larges. Leur cuisine s'ouvre alors sur la rue, et le poêle sur le jardin à l'arrière. Les autres présentent des habitations en largeur avec les deux pièces à vivre (cuisine et poêle) prenant la lumière sur l'usoir. Un petit jour (rectangulaire ou oculus) au-dessus de la pierre à eau est observable dans 14% des cuisines. La plupart possède un puits (25 puits sont recensés en 1931 dans le village).

Le bâti conserve de nombreux éléments de décors (niches, statues, agrafes, pots à oiseaux, lambrequins…), dont quelques baies anciennes : 3 baies à chanfrein, 2 ouvertures en plein cintre, et une pierre sculptée en remploi figurant une tête de Christ à la couronne d'épine. Quelques portes piétonnes à une imposte vitrée surmontée d'une corniche moulurée et avec des menuiseries intéressantes ont été conservées. Une forte proportion des portes charretières est ornée d'une agrafe (37%), dont certaines présentent un motif sculpté ou une date portée. Celles situées dans la rue de la Perrière réalisées dans les années 1830 sont similaires aux ornements visibles à Sandaucourt (village voisin). 14% des fermes présentent aussi des bandeaux et des chaînes d'angles en pierre de taille ou peints sur l'enduit. Quelques volets sont aussi ornés par de petits jours décoratifs en forme de losanges, cœurs et balustres.

Typologies Ferme à plan en L, Ferme à plan en U, Ferme à pavillon, Ferme à double logis, maison de manouvriers
Toits tuile mécanique, tuile creuse, ciment amiante en couverture
Murs grès moellon enduit
béton parpaing de béton essentage de tôle
bois
Décompte des œuvres nombre d'oeuvres reperées 43
nombre d'oeuvres étudiées 5
nombre des immeubles au dernier recensement de l'INSEE 131

Références documentaires

Documents d'archives
  • Plan cadastral napoléonien de 1840 conservé aux Archives départementales des Vosges, Épina - série 3 P 5081.

    Archives départementales des Vosges, Épinal : 3P5081
  • Lefevre - Dombrot-sur-Vair. Notice sur la commune avant 1789. (1 mars 1889). sources : AD88- 11T19/105

    Archives départementales des Vosges, Épinal : 11T19/105
Bibliographie
  • JACQUEMIN, André. Souvenir de l'ancien village de Bouzey, débaptisé après la Révolution et devenu Dombrot-sur-Vair. In "Nos Vosges à la Belle Époque". Ouvrage collectif. 1983.

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Idoux, M.-C. Les ravages de la guerre de Trente Ans dans les Vosges : 2e fascicule. Annales de la société d'émulation du département des Vosges, 1912, p. 1-234

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
Périodiques
  • DEMANGE, Michel. A Dombrot sur Vair. Le charri, 2004, n°35

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
(c) Région Lorraine - Inventaire général ; (c) Conseil départemental des Vosges - Varvenne Vanessa