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Architecture rurale de la commune de Circourt

Dossier IA88031736 réalisé en 2018

Fiche

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Aires d'études Dompaire
Dénominations ferme, maison
Adresse Commune : Circourt

La carte archéologique signale que la commune se trouve sur le tracé de la voie romaine Toul-Langres. La découverte au 19e siècle d’un scramasaxe, d’une boucle de ceinturon avec plaque et contre-plaque laisse à penser à une occupation au Haut Moyen-Age ; ce qui correspond avec le toponyme en -court indiquant que Circourt est certainement apparu lors de la vague de peuplement entre le 7e et le 9e siècle ap. J.-C.

La première mention de toponyme de Circourt (Ceveroncourt) pourrait dater de 1332. Le village dépendait en 1594 du bailliage des Vosges, prévôté de Dompaire et de Valfroicourt, et à partir de 1751 du bailliage de Darney, coutume de Lorraine. Au spirituel, la commune est une annexe de Derbamont et de Rabiémont, qui fait partie du doyenné de Jorxey, du diocèse de Toul et de l’évêché de Saint-Dié (Lepage et Charton. 1845).

Le village a probablement souffert des destructions lors de la guerre de Trente ans. Les fermes présentent peu d’éléments architecturaux antérieurs au 17e siècle. Les bâtiments datés par une pierre gravée ont été construits ou rénovés en 1723 (?), 1825, 1839, 1841, 1851 et 1872. Ces dates évoquent d’une part la période de reconstruction après la guerre de Trente ans soutenue par la politique du Duc Léopold au début du 18e siècle ; et d’autre part la forte croissance démographique du 19e siècle. Le village atteint un maximum de 338 habitants en 1846, puis, la population chute progressivement pendant le siècle et demi suivant en raison de l’exode rural (75 habitants en 1982). La plupart des fermes relevées remontent ainsi de la première moitié du début du 19e siècle. Les autres datent de la seconde moitié du 19e siècle, quelques-unes du 18e siècle (critères morphologiques et architecturaux, cadastre ancien).

La cense située au lieu-dit Le Pâquis a disparu (Lepage et Charton. 1845).

Avant la Révolution Française, les habitants de Circourt cultivent du blé, de l’avoine, des pommes de terre, des pois et lentilles, du chanvre et du lin, des fruits et de la vigne, presque entièrement consommés dans le village. L’excédent des bonnes années est écoulé par Mirecourt et Epinal. Les principales ventes sont celles du vin et du bois, malgré le mauvais état des chemins. Aucune industrie n’est mentionnée. Les femmes sont occupées aux travaux des champs pendant la belle saison, et à filer le chanvre pour les besoins du ménage pendant l’hiver. Pour l’élevage, le curé est chargé conjointement avec le chapitre de Remiremont de fournir les bêtes mâles (le taureau, le bélier et le verrat). (sources : AD 88 - 11T18/96).

Les productions agricoles du village sont quasiment les mêmes en 1882 (sources : AD88 : Edpt105/3 F 1-2 Agriculture) : Blé, avoine et un peu de froment, des légumes et de la vigne, complété par quelques cultures de plantes oléagineuses, pommes et poires. Cependant, le chanvre est abandonné, et surtout l’élevage et les prairies se développement beaucoup. Pour 271 habitants, sont recensés : 60 chevaux, 157 bovins, 165 porcins, 56 ovins (produisant notamment 112 kg de laine par an), 14 caprins, ainsi que 903 poules, 29 oies, 101 canards, 24 pigeons, 75 lapins et 16 ruches. L’observation du recensement de la population en 1906 (AD88-6M649) confirme la vocation agricole du village, par la déclaration de 26 cultivateurs, 13 manouvriers/journaliers, 15 vignerons et 2 distillateurs. Certaines femmes sont brodeuses (5) ou couturières (3). On relève aussi quelques artisans et commerçants (cafetier, hôtelière, coquetier, boulanger, cordonnier, charron, maréchal-ferrant). Un berger communal est signalé jusqu’en 1911, habitant rue de Regaupré (correspondant probablement à la maison en ruine parcelle cadastrale n°2018 ZE 971 portant la date 1841, gravée sur la clef de la porte charretière). Il a la charge de mener les ovins et caprins appartenant aux villageois dans les pâquis communaux. Les archives (sources : AD88 - Edpt105/1N6) conservent la mémoire de l’emploi exceptionnel d’un second pâtre à la fin de l’été 1870, afin d’emmener le troupeau de 72 vaches et 5 chevaux pâturer dans les bois communaux suite à une grande sècheresse. Les faibles récoltes de fourrages ont aussi contraints les habitants à vendre des bêtes pour y palier.

Les pratiques des affouages, de la vaine pâture et de l’assolement triennal sont encore en vigueur dans la commune au début du 20e siècle.

Quatre fabriques de plâtre sont également signalées en 1845, « employant ensemble six ouvriers et fabriquant annuellement 2256 hectolitres qui sont vendus dans les cantons de Dompaire et d’Epinal » (Lepage et Charton. 1845). Le recensement de la population en 1906 (AD88-6M649) mentionne 9 personnes travaillant dans trois fabriques de plâtre différentes, La 1ere par Isidore Midot (51 ans), la 2e par Jean-Baptiste Leroy (63 ans), et la 3e par Benjamin Vançon (44 ans).

Avant l’installation du système d’adduction d’eau vers 1978, le village est alimenté en eau par un ensemble de fontaines et lavoirs, avec un égayoir aménagé sur le Robert devant la mairie-école construite en 1852. Il a été comblé vers 1970 pour créer un pont évitant un passage à gué du ruisseau. Le remembrement a été achevée en 2014, et quatre agriculteurs sont encore présents dans le village en 2018 (source orale).

Période(s) Principale : 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle, 20e siècle , porte la date, daté par travaux historiques

Circourt comprend 58 résidences (source INSEE - 2015), dont 26 bâtiments repérés et 5 étudiés.

Le patrimoine bâti y est majoritairement composé d’anciennes fermes à trois travées de plan, avec la grange séparant le logis de l’étable (58% du corpus). Les autres fermes sont soit plus modestes avec deux travées : grange et logis avec étable à l’arrière (36%) ; soit de grandes dimensions, avec quatre travées ou plus (6%). Trois fermes à pavillon et deux maisons de manouvriers ont été repérées. La part des fermes à double logis de la commune est relativement faible pour le canton de Dompaire (26%). Six fermes à charri (avant-grange) ont aussi été identifiées, toutefois, il en existe peut-être d’autres. Tous les bâtiments relevés dans ce village-tas peu dense, sont parallèles à la voie sauf un, et seulement 51% sont mitoyens.

On ne pénètre dans le logis par une porte piétonne que dans 35% de ces fermes. En l'absence de ce passage, on entre dans l'habitation par la porte charretière. La plupart des logis sont en profondeur (73%), avec une chambre (le poêle) s’ouvrant sur la rue et une cuisine derrière éclairée par le mur pignon. Aucune pièce borgne n'a été localisée. Les autres logis sont plus larges et possèdent deux pièces en façade antérieure (27%). L’étable, à l’arrière du logis ou bénéficiant de sa propre travée, prend le jour sur le jardin en façade postérieure. Des chambres à grains sont installées au-dessus des pièces de vie, et des greniers sur le tout. Une ferme a été surélevée au milieu du 20e siècle pour agrandir l’engrangement et ouvrir une gerbière dans la façade antérieure à faux-pan de bois.

Les fermes de Circourt sont construites en moellons de grès, avec quelques reprises récentes en ciment. Elles sont couvertes d'une charpente à longs pans sur laquelle reposent des tuiles mécaniques, parfois remplacées par des plaques de ciment-amiante ou des tôles. Quelques tuiles creuses sont encore visibles. Les encadrements des ouvertures sont en grès avec un linteau droit (3/4), plus rarement segmentaire délardé (12%) ou segmentaire (5%). Des petits jours (oculus) sont aussi utilisés pour éclairer le charri ou les greniers (16%). Les portes charretières sont en plein cintre, hormis trois en anse de panier et une à linteau segmentaire. Un peu moins d’un quart d’entre elles ont été rehaussées (linteau IPN, ciment ou bois).

Le bâti conserve quelques éléments de décor (niches, statues, ferronneries, girouettes…) et ouvertures anciennes : 3 portes charretières et deux baies à chanfrein, deux autres à meneau, et deux fragments moulurés (en remploi). Une dizaine de portes charretières sont aussi munies un encadrement avec des moulures à la hauteur des chapiteaux et une agrafe. Une ferme possède notamment des baies surmontées d’agrafes qui ont été gravées de symboles apotropaïques. Deux portes piétonnes sont surmontées d’une corniche moulurée. Trois fermes présentent également des chaînes d'angle, ce qui indique un effort d'ornementation des habitations, complétées par les neuf autres portant de fausses chaînes d'angle peintes sur l'enduit. Quelques pots à moineaux (nichoirs) en terre cuite sont accrochés en façade antérieure.

Typologies ferme à double logis, ferme à pavillon, ferme à charri, maison de manouvriers
Toits tuile mécanique, tuile creuse, tôle ondulée, ciment amiante en couverture
Murs grès moellon enduit
béton parpaing de béton
Décompte des œuvres nombre d'oeuvres reperées 26
nombre d'oeuvres étudiées 5
nombre des immeubles au dernier recensement de l'INSEE 58

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives communales de Circourt.

    Archives départementales des Vosges, Épinal : 2 O 107/9
  • Thiebault, Fray. Statistique rétrospective sur la communauté de Derbamont-Circourt. 1889.

    Archives départementales des Vosges, Épinal : 11T18/96
Bibliographie
  • Lepage, Henri et Charton, Charles. Le département des Vosges : statistique historique et administrative. Nancy : Berger-Levrault 1978, réimpression de l'ouvrage paru en 1845.

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Michler, Mathieu. Les Vosges 88 . Paris : Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2004. - 426 p. : ill., croquis, plans, cartes ; 30 cm. (Carte archéologique de la Gaule)

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
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