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Architecture rurale de la commune de Belmont-sur-Vair

Dossier IA88031253 réalisé en 2017

Fiche

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Aires d'études Bulgnéville
Dénominations ferme, maison
Adresse Commune : Belmont-sur-Vair

La plus ancienne mention de Belmont-sur-Vair remonte à l'an 880, celle-ci confirmant que les églises de Saint-Remimont et de Belmont appartenaient à l'abbaye d'Etival. Sous l'ancien régime, Aulnois dépendait du bailliage de Vosges, prévôté de Darney, et au spirituel du diocèse de Toul, Doyenné de Vittel, en tant qu'annexe de Saint-Remimont. La maison forte de Belmont-sur-Vair, dont il subsiste quelques vestiges, pourrait remonter au début du 11e siècle selon les notes anonymes intitulées Belmont-sur-Vair, état de la commune à la veille de la Révolution de 1789 (sources : AD88-11T15/38). Ce rapport de la fin du 19e siècle mentionne aussi les éléments suivants :

Possédée par la famille de Belmont jusqu'à son extinction à la fin du 14e siècle, la maison forte de Belmont-sur-Vair passe ensuite à différentes familles avant d’être rachetée en partie en 1436 à Jean de Bielles par Jean de Sérocourt, capitaine du château de René d'Anjou de Tarascon. Ce château féodal est rebâti et agrandi en 1508 suite à un incendie, par Jean III de Serocourt, en même temps que la construction de la chapelle voisine (église paroissiale). La famille de Sérocourt conserve la seigneurie jusque vers 1620-1625. Le Chevalier Gabriel Nicolas de Burtel (1751-1826) fut le dernier seigneur du château. Les habitants gardent un bon souvenir des seigneurs de Burtel, dont la « générosité contrastait avec l'inhumanité de beaucoup de nobles de cette époque ».

A la fin du 18e siècle, la vaine pâture était permise dans les forêts communales. Les bovins étaient confiés à un pâtre communal qui recevait 0,20 f. par vaches et par mois. Toutes les terres étaient louées en nature. La pratique de l'assolement triennal permettait de cultiver principalement du blé et de l'avoine, ainsi que de l'orge et du seigle. Il n'y avait pas de prairies artificielles et le manque de fourrage était récurant. Les pommes de terre étaient cultivées en petite quantité et exclusivement réservées pour la nourriture des habitants. L'excédent des récoltes se vendait difficilement. Il fallait le conduire au marché de Mirecourt. Le village était essentiellement agricole. La culture du chanvre, qui se vendait bien, rapportait un peu d'argent dans le village. Il y avait quelques activités artisanales et commerciales dont le moulin à grain et un débit de boisson qui ne vendait que du vin et un peu d'eau-de-vie.

A la fin du 19e siècle, le village s'est diversifié selon les mentions du recensement de population de 1886 (AD88-6M595). Belmont-sur-Vair compte alors 247 habitants, dont 38% sont des cultivateurs et 32% des journaliers, manouvriers et domestiques. Il existe encore 4 vignerons. De plus, le commerce s'est développé, comptant 8 marchands de bestiaux et de chanvre, 1 coquetier, 4 voyageurs et représentant de commerce, auxquels on peut ajouter 2 cafetiers. L'activité de tissage est devenue importante avec 8 tisserands, 1 tailleur d'habit, 7 brodeuses complétant les revenus familiaux, et 1 perruquière. Enfin, une dizaine d'autres artisans sont présents sur la commune : maréchal-ferrant, cordonnier, maçon, charron, mécanicien, charpentier. La vaine pâture est toujours pratiquée, mais Belmont-sur-Vair ne dispose pas de berger communal avant 1861, date à laquelle, elle acquière une petite ferme pour le loger, rue de l'Etroit (AD88-2O52/9). La pratique s’efface au début du 20e siècle, chaque propriétaire préférant gérer ses bêtes et ses parcelles directement, plutôt que communautairement.

Les quelques pierres datées en façade des anciennes fermes mentionnent les années 1799, 1812, 1847 et 1849. L'ensemble des fermes a été établi entre le 17e siècle et la fin du 19e siècle. A partir du début du 20e siècle, la part des cultivateurs baisse encore dans la population de Belmont-sur-Vair (30%), de même que celle des manouvriers (23%), au profit des activités artisanales et commerciales (marchands de porcs et de bois). Les brodeuses représentent 15% des actifs, complétées par 4 tisserands. Le développement d'usines à proximité incite aussi quelques habitants à devenir ouvriers (embouteillage de Vittel, verrerie de Gironcourt).

Il est également à noter que la houille est exploitée sur la commune à partir de 1829, jusqu'au début du 20e siècle (cf. Doyen, Jean-Pierre. Le charbon dans les Vosges (1776-1948). Annales de la société d'émulation du département des Vosges, 1984, p. 83-100).

Période(s) Principale : 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle, 20e siècle , porte la date, daté par travaux historiques

Belmont-sur-Vair comprend 57 bâtiments (source INSEE), dont 29 repérés et 3 étudiés. Les fermes sont construites en moellons de grès, avec quelques reprises récentes en briques de laitiers, ciment ou bois. Elles sont le plus souvent couvertes d'une charpente à longs pans sur laquelle reposent des tuiles mécaniques. Les encadrements sont majoritairement en grès, rarement en bois, IPN ou ciment. Dans cette commune, le patrimoine bâti est majoritairement composé de fermes à trois travées de plan (59%) : étable, grange, logis. Les autres en possèdent seulement deux (27%) : Grange et logis, l'étable se situant à l'arrière du logis. Quelques grandes fermes ont plus de quatre travées (14%).

Onze fermes sont à double logis, ce qui représente une part importante des habitations (38%). Quatre fermes sont à pavillon, trois ont un plan en forme de L et une en U. Une maison de manouvrier a aussi été repérée. Toutes les fermes sont parallèles à la voie sauf une à l'entrée du village, et 72% sont mitoyennes. L'ancienne maison forte de la Famille de Sérocourt constitue un ensemble particulier qui organise plusieurs corps de bâtiment dont les fonctions ont évolués au fil du temps, autour d'une cour (cf. IA88031366).

Dans le village, on pénètre dans le logis par une porte piétonne que dans 65% des maisons. En l'absence de cette porte, on entre dans l'habitation par la porte charretière. Un peu plus de la moitié des logis ont deux pièces en façade antérieure et sont plus larges que profonds. Pour les autres habitations, la cuisine s'ouvre sur la rue et le poêle sur le jardin à l'arrière. Un petit jour (rectangulaire ou oculus) est parfois placé au-dessus de la pierre à eau (7%), et fréquemment au-dessus de la porte charretière pour éclairer les greniers (21%). Le bâti conserve quelques éléments de décors (niches, statues, marquises, lambrequins…), dont de nombreuses baies anciennes : 5 encadrements moulurés, 4 avec une agrafe, 3 baies à chanfrein, 2 ouvertures en plein cintre, un linteau à arc infléchi. Si les menuiseries anciennes n'ont peu été conservées, des volets avec des petits jours décoratifs en forme de trèfles, piques, carreaux et balustres. 6 portes piétonnes sont encore surmontées d'une corniche moulurée, et deux d'entre elles sont munies de linteaux sculptés de rosaces, étoiles et swastikas. 20% des fermes présentent aussi des chaînes d'angles en pierre de taille, ou peintes sur l'enduit, ce qui indique un effort d'ornementation des habitations.

Typologies Ferme à plan en L, Ferme à plan en U, Ferme à plusieurs corps de batiment, Ferme à pavillon, Ferme à double logis, maison de manouvriers
Toits tuile mécanique, tuile creuse
Murs grès moellon enduit
béton parpaing de béton
bois essentage de planches
résidu industriel en gros oeuvre enduit
Décompte des œuvres nombre d'oeuvres reperées 29
nombre d'oeuvres étudiées 3
nombre des immeubles au dernier recensement de l'INSEE 57

Références documentaires

Documents d'archives
  • Belmont-sur-Vair, état de la commune à la veille de la Révolution de 1789. Anonyme. sans date (sources : AD88-11T15/38).

    Archives départementales des Vosges, Épinal : 11T15/38
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