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Architecture rurale de la commune de Auzainvilliers

Dossier IA88031252 réalisé en 2017

Fiche

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Aires d'études Bulgnéville
Dénominations ferme, maison
Adresse Commune : Auzainvilliers

La carte archéologique signale que la commune serait traversée par l'embranchement Houécourt-Lamarche de la voie romaine allant de Damblain vers la Haute-Marne. Le Musée Lorrain (Nancy) conserve aussi un fragment de faux gallo-romaine (n°95.492). Par ailleurs, quatre tumuli ont été identifiés au lieu-dit « Le Prieur », probablement antérieurs au Hallstatt ancien.

D'après la tradition, les premiers habitants du village étaient des charbonniers et des sabotiers qui exploitaient la forêt. Sous l'ancien régime, Aulnois dépendait de la cour souveraine de Lorraine, bailliage de Neufchâteau, et au spirituel du diocèse de Toul, Doyenné de Vittel.

A partir du 12e siècle, l'abbaye de Flabémont y possède nombre de terres et de droits, dont la grange d'Orville, Aviller et Surcelle. (cf Idoux, Anne. La présence prémontrée dans les environs de Vittel et de Contrexeville au 12e et 13e siècles. In : Journées d'études vosgiennes. 2001). Auzainvilliers a probablement beaucoup souffert lors de la guerre de Trente ans et de la Peste. La grange d'Aviller (Auvillier, Ovillet) et le hameau de Surcelle, où se trouvait la chapelle de saint-Pierre autrefois mère-église d'Auzainvilliers, ont disparu à cette époque. Ils dépendaient des Templiers de Norroy et des Prémontrés de Flabémont. L'église et son cimetière ont continué à être utilisés : un ermite s'y installa, puis elle devient un rendez-vous de chasse ou d'affaires, le cœur étant transformé en écurie au 19e siècle. Il semble aussi que des traces de combats (poignées de sabre, nœuds de brides et nombreux ossements) et de la route dite de la Mothe aient été relevées dans les débris d'un ancien château appelé le château d'Orgéville (cf. Lepage et Charton. Le département des Vosges : statistique historique et administrative. 1845). Le cadastre napoléonien figure notamment le long de la R.D.18 (près de la fontaine des Auges – ancienne fontaine saint-Pierre) un arbre isolé appelé « Chêne Saint-Nicolas ».

Quelques constructions conservent des structures et des éléments de décor antérieurs au 17e siècles. Les neuf bâtiments datés par une pierre gravée ont été construits ou rénovés en 1672, 1681, 1687, 1761, 1834, 1844, 1853, 1856 et 1912. Les autres fermes sont datables des 17e, 18e et 19e siècles (critères morphologiques et architecturaux, cadastre ancien). Les plus anciennes se regroupent dans le quartier Sainte- Anne (au sud-est du village) sous une forme assez désordonnée en comparaison de la rue du Bois Prieur, construite plutôt à la fin du 18e siècle et au début du 19e siècle selon le modèle du village-rue.

L’observation du recensement de la population en 1886 (AD88-6M566) montre une proportion de domestiques et d'ouvriers agricoles équivalente à celle des cultivateurs. Les manœuvres et journaliers se regroupent surtout dans la rue du Bois Prieur. On relève aussi la présence de 6 brodeuses et couturières, d’une modiste et de quelques artisans (maçon, charpentier, sculpteur, maréchal-ferrant). Le toponyme de « La Tuilerie » visible sur le cadastre napoléonien à la sortie nord du village laisse à penser à une fabrique présente au début du 19e siècle. Une autre tuilerie figure sur la carte des Naudin (1728-1739) à l'emplacement de la Ferme de la Dreuve, qui est isolée à la limite du finage ouest d'Auzainvilliers. La pratique de la vaine pâture est abandonnée dans les prairies de la commune à partir de 1907. (AD88-2O22/10).

Période(s) Principale : 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle, 20e siècle , porte la date, daté par travaux historiques

Auzainvilliers comprend 97 bâtiments (source INSEE), dont 39 repérés et 4 étudiés. Les fermes sont construites en moellons de grès, avec quelques reprises récentes en briques de laitiers, ciment ou bois. Elles sont le plus souvent couvertes d'une charpente à longs pans sur laquelle reposent des tuiles mécaniques. Les encadrements sont majoritairement en grès, rarement en bois, IPN ou ciment. Dans cette commune, le patrimoine bâti est majoritairement composé de fermes à trois travées de plan (67%). Des fermes de grandes dimensions ont plus de quatre travées (20%). Les autres en possèdent seulement deux (13%). Trois fermes ont un plan en L, et aucune maison de manouvrier n'a été repérée. La part des fermes à double logis (41%) est la plus forte de l'ancien canton de Bulgnéville (16 fermes). On peut également voir une ferme à charri, une des deux seules identifiées dans le canton dont le modèle est plus courant dans les Vosges méridionales. Toutes les fermes sont parallèles à la voie et 80% sont mitoyennes, mis à part les deux exploitations isolées : la Ferme d'Ovillers et la ferme de la Dreuve. Si l'architecture de la première s'apparente à celle du bourg, la seconde se compose de plusieurs corps de bâtiment s'articulant autour d'une cour fermée, entourés de pâturages, près d'un ruisseau.

Dans le village, on pénètre dans le logis par une porte piétonne que dans 54% des maisons. En l'absence de cette porte, on entre dans l'habitation par la porte charretière. Les 3/5 des logis ont deux pièces en façade antérieure et sont plus larges que profonds. Pour les autres habitations en longueur, leur cuisine s'ouvre sur la rue et le poêle sur le jardin à l'arrière. Un petit jour (rectangulaire ou oculus) est parfois placé au-dessus de la pierre à eau (5%), et fréquemment au-dessus de la porte charretière pour éclairer les greniers (36%). Le bâti conserve quelques éléments de décor (niches, statues…), dont de nombreuses baies anciennes : 11 encadrements moulurés, 10 baies à chanfrein, 3 avec une agrafe, 2 ouvertures en plein cintre, une fenêtre à meneau ornée de deux arcs infléchis et un autre linteau avec une accolade. Quelques portes piétonnes avec imposte vitrée et menuiserie intéressantes ont été conservées. Une ferme présente aussi des chaînes d'angle et une autre des bandeaux en pierre de taille séparant les niveaux, ce qui indique un effort d'ornementation des habitations, complété par les 6 bâtiments portant de fausses chaînes d'angle peintes sur l'enduit.

Typologies Ferme à plan en L, Ferme à plusieurs corps de batiment, Ferme à double logis, Ferme à charri
Toits tuile mécanique, tuile creuse, ciment amiante en couverture, tôle ondulée
Murs grès moellon enduit
béton parpaing de béton
bois essentage de planches
résidu industriel en gros oeuvre
brique creuse
Décompte des œuvres nombre d'oeuvres reperées 39
nombre d'oeuvres étudiées 4
nombre des immeubles au dernier recensement de l'INSEE 97

Références documentaires

Bibliographie
  • Idoux, Anne. La présence prémontrée dans les environs de Vittel et de Contrexeville au 12e et 13e siècles. In : Journées d'études vosgiennes (27-28 octobre 2001 ; Contrexéville, Vittel). Des sources au thermalisme, Contrexéville-Vittel. Contrexéville : Centre d'Etudes locales ; Vittel : Cercle d'Etudes, 2002. p. 109-126

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
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