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Ancienne synagogue de Frauenberg (détruite)

Dossier IA57030131 réalisé en 2018

Fiche

Dossiers de synthèse

Dénominations synagogue
Aire d'étude et canton Région Grand Est
Adresse Commune : Frauenberg
Adresse : route R. D. 82
Précisions précision sur la géolocalisation emplacement supposé

Un premier juif originaire de Marmoutier (Bas-Rhin) est autorisé à se fixer à Frauenberg, vers 1689 par le seigneur du lieu. En 1709, à la suite d’une agression perpétrée par une bande de détrousseurs juifs, originaire du Souabe, tous les juifs de la vallée de la Blies sont arrêtés. Après sa libération, il préfère quitter la région mais est rapidement remplacé : trois nouvelles familles en 1720, neuf avant 1753, onze en 1756, treize en 1768, vingt-trois en 1770, toutes originaires d’Alsace, du Souabe ou du Palatinat, région alors touchée par une forte vague d’émigration. Les juifs de Frauenberg sont menacés une première fois d'expulsion en 176,3 puis à nouveau entre 1779 et 1782, après que le bailliage d’Allemagne soit devenu français en 1766, comme toutes les terres dépendant du duché de Lorraine, car ne figurant pas dans l’édit de 1753 fixant le nombre de juifs autorisés à résider dans le duché (180 familles), confirmé par l’annexion française. Après l’Émancipation, la communauté connaît, comme toutes les communautés rurales de Moselle, son apogée dans la première moitié du 19e siècle avant de décroître dès la seconde : 150 juifs en 1808, 181 (sur 587 habitants) en 1831, 201 en 1840, 137 en 1866, 108 en 1880, 67 en 1890... et 4 familles en 1939.

La construction d'une première synagogue est attestée en 1763, lorsque la communauté supplie le seigneur local, M d'Aubery, de revenir sur son interdiction alors qu'elle a déjà engagé des dépenses, puis en 1782 lorsqu'elle lui redemande l’autorisation de finir les travaux. En 1815, ce bâtiment apparaît sur le cadastre napoléonien. Il s'agit d'une petite maison appartenant à la communauté, la dernière de la rue, à la sortie du village, en allant vers le cimetière (parcelle. 94). Le tableau de 1838 signale simplement un "temple en réparation".

Un peu plus tard, mais à une date indéterminée, la synagogue est déplacée à l'étage d'une maison avec écurie appartenant à un particulier dans la même rue (parcelle 67-70). En 1861, la communauté décide d'y faire des travaux et sollicite le secours de l’État qui lui accorde 2000 f, puis les ajourne faute de moyens. Elle finit par effectuer pour 3 446 f de travaux sous la direction de l'architecte Shatz de Sarreguemines mais se voit contrainte d'acheter la maison pour éviter un procès avec le propriétaire. Un décret impérial du 22 janvier 1869 accorde au consistoire l'autorisation d'acheter la synagogue (1300 f) et d'aliéner l'ancienne pour financer une partie des travaux. L’acte de vente, signé le 21 janvier 1869 entre la communauté et les époux Abraham et Rose Levy, chez le notaire Veil de Sarreguemines, mentionne « une maison sise à Frauenberg, avec jardin derrière, aisance et dépendances, au premier de laquelle se trouve installée la synagogue du dit lieu, le tout donnant par derrière sur le vieux château et par devant sur la voie publique, entre Samson Cahen et la commune ».

Détruite par les nazis en 1940, comme la majorité des édifices juifs du département, elle n'est pas reconstruite.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Dates 1867, daté par source
Auteur(s) Auteur : Shatz,
Shatz

Architecte de Sarreguemines, actif dans le 3e quart du 19e siècle.


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architecte, attribution par source

Cette synagogue, qui servait initialement aussi d'école, est documentée par un « croquis de la synagogue actuelle » annexé à la demande de secours, puis un plan et une coupe aquarelles datés du 25 février 1869 permettent de restituer ses dispositions. Située dans l’alignement des maisons, en léger retrait de la rue, elle est accessible par le mur pignon à partir d’un escalier desservant aussi une annexe, abritant sans doute le bain rituel.

A l'intérieur, l'entrée débouche sur un petit vestibule, sous la tribune des femmes. Sur le mur opposé, l’arche sainte est placée perpendiculairement à la rue. La tribune de lecture, probablement en position centrale au départ, a été accolée à l’arche comme il est d’usage à cette date. On notera dans l’angle sud-est ce qui semble être une petite chaire à prêcher, dispositif également recommandé par le consistoire.

Murs pierre moellon sans chaîne en pierre de taille
Couvertures toit à longs pans
États conservations détruit
Représentations symbole religieux

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives nationales de France, Pierrefitte-sur-Seine : F19/11024
  • Archives nationales de France, Pierrefitte-sur-Seine : F19/11101
  • Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy : 3F502
  • Archives départementales de Moselle, Saint-Julien-lès-Metz : 35P235, 30P235/1-2-3
  • Archives départementales de Moselle, Saint-Julien-lès-Metz : 1V156
  • Archives départementales de Moselle, Saint-Julien-lès-Metz : 28E27
  • Archives départementales de Moselle, Saint-Julien-lès-Metz : 7AL131
Bibliographie
  • GINSBURGER, Ernest. « Les Juifs de Frauenberg ». Revue des Études juives. 1903, , n° 47, p. 87-122.

  • DECOMPS, Claire. "Le cimetière juif de Frauenberg". Liaisons. 2017, n° 35, p. 38-46.

    p. 39-40
(c) Région Lorraine - Inventaire général - Decomps Claire
Claire Decomps

conservateur en chef du patrimoine, chercheur en Lorraine de 1994 à 2018 puis responsable de la conservation du musée d’art et d’histoire du Judaïsme à Paris.


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